« L’évangile selon Méranville »

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L’archevêque Mgr Michel Meranville a décidé de suspendre les 5 prêtres à l’origine de la dénonciation de leur confrère le vicaire général Jean-Max Renard à la suite du scandale qui a éclaté la semaine dernière. En effet, ce dernier était accusé d’avoir des comportements douteux envers les jeunes garçons du séminaire. Les prêtres Jean De Coulange, Hugues Lafine, Jean-Michel Monconthour, Gaby Valard et Alain Ransay n’ont désormais plus l’autorisation de faire la messe.

Dans une lettre adressée aux catholiques de Martinique, Mgr Michel Meranville, explique les raisons qui l’ont poussé à « sanctionner » ces prêtres qui selon lui auraient « calomnié » le vicaire Jean-Max Renard.

Quant aux fidèles ils encouragent et soutiennent pour la plupart, l’éclosion de la vérité et donc la divulgation des faits reprochés au vicaire général, à l’ensemble de l’église. Ils témoignent également d’une incompréhension totale face au silence imposé aux prêtres dénonciateurs. En effet, ces derniers n’ont pas le droit de s’exprimer sur l’affaire.

Lettre de Mgr Michel Meranville :

Chers sœurs et frères, Salut et Bénédiction !

Notre Eglise en Martinique a vécu récemment des moments difficiles. Mais, dans les épreuves comme dans la joie, le Seigneur reste avec nous.

De nombreuses personnes ont été amèrement déçues d’apprendre que des prêtres qui les instruisent, les forment et les encouragent à demander pardon à Dieu et à se relever pour continuer la route, aient donné le mauvais exemple.

Elles savent cependant que tout homme est capable de défaillance et que seul Dieu est saint. Si ces personnes ne se sentent pas capables de « lancer la première pierre », elles ne comprendraient cependant pas que les prêtres en question ne manifestent aucun signe de repentir et n’expriment pas leur volonté de réparer le mal qu’ils ont pu commettre.

Déjà gravement blessés par le lynchage médiatique d’un prêtre mis en cause par ses confrères dans le but de lui barrer la route à l’épiscopat, les chrétiens le seraient davantage encore si ces mêmes prêtres continuaient leur ministère sans une demande de pardon à la communauté qu’ils ont scandalisée.

Me rendant à Rome pour le Consistoire au cours duquel seront faits cardinaux Mgr Kelvin FELIX, archevêque émérite de Sainte-Lucie, membre de la Conférence des Antilles à laquelle j’appartiens et son Excellence Monseigneur Francesco Loris CAPOVILLA, ancien secrétaire particulier du Bienheureux Pape Jean XXIII, mon tuteur pendant mes années d’études à Rome, je tiens à vous dire que je resterai cependant uni à vous par la pensée et la prière.

Je tiens aussi à vous signifier l’interdiction que j’intime aux prêtres à l’origine du scandale de prêcher et d’enseigner jusqu’à l’Assemblée générale du Clergé qui aura lieu à mon retour, le 10 mars prochain.

En tant que successeur des Apôtres, mon rôle est d’inviter les prêtres qui sont mes collaborateurs à prendre conscience de la gravité de la situation et de réfléchir avec eux sur la manière d’implorer la miséricorde du Seigneur sur notre Eglise qui est son corps.

Bien plus qu’une sanction, c’est une mesure de décence et de respect envers notre communauté ecclésiale que je prends. Cette communauté ne comprendrait pas que la vie reprenne tranquillement son cours, comme si rien ne s’était passé. Le Seigneur pardonne toujours, mais à condition que nous revenions à lui de tout notre cœur. C’est dans ce sens que je prends cette décision et vous la confie.

Votre serviteur, + Michel Méranville, archevêque

Photo humoristique : Kik’Art