Libertinage ou Fidélité ? Mike Fédée joue Amour dans « Molière Mon Amour »

Vues : 290

« Aimer c’est plus que vivre ! ».

Bouche pulpeuse, loup vénitien, cape rouge. L’image est voluptueusement provocante, les lèvres de la séductrice tutoie l’Amour. Au Théâtre du Petit Gymnase à Paris, le spectateur a rendez-vous avec le mariage de l’Amour, un Amour pur sans état-d’âme.

Ce spectacle inédit qui mûrit sa passion dans l’Amour sous toutes ses formes, a pour ambition, outre de mettre en scène les relations amoureuses « mais de dénoncer les simulacres et les faux semblants », s’insurge, la Vénus, l’hôtesse des lieux, la metteur-en-scène, Anne-Laure Teboul. Elle poursuit : « J’aime qu’on ôte les masques. Dans cette pièce, il y a des masques, des loups vénitiens que l’on ôte quand les vérités éclatent !».

Chaque jeudi et jusqu’au 27 juillet, la compagnie Jayann’Act vous invite à une fête courtisane dans le neuvième arrondissement de Paris. 26 rôles, 11 textes de Molière, et un prologue original sont confiés à quatre comédiens. Marine Cros, Jean-Christophe Legendre, Jayanna Ha et Mike Fédée sont sur scène depuis le jeudi 2 juin pour 8 représentations de « Molière Mon Amour ».

Les premières notes de musique de Tango-électro signée Franco Perry et l’actrice-metteur-en-scène, une flûte de champagne à la main vous accueille et vous présente le plan de la soirée un peu libertine de « Molière Mon Amour », un clin d’œil et quelques répliques plus loin, elle déclare : « Tout le plaisir de l’Amour est dans le changement ». L’ambiance est installée.

20 heures. Le lourd rideau rouge se fend et dévoile une chaude ambiance baroque, gothique. Loups noirs en dentelle, capes noires et rouges vous attendent. Côté jardin (vue du spectateur), une lampe, une petite table avec des verres de champagnes. Les pétillants sont prêts pour la soirée. Côté cour, on entre, on joue dans une relative pénombre.

Marine Cros, Jean-Christophe Legendre, Jayanna Ha et le martiniquais Mike Fédée vont vivre avec passion les amours et tourments de Dom Juan, Célimène, Philinte, Alceste, Armande, Harpagon, Henriette, Clitandre, Vénus et Arsinoé. Le décor de la scène est simple et intimiste. Les corps se mêlent quelques fois dans l’obscurité dans un mélange de couleur rouge et noir. Une ambiance de fête, de désir charnel, de pudibonderie, d’espieglerie où la Reine du Bal « lance » des apartés charmeurs et volages.

Les corps se touchent, s’effleurent, se cachent. Les sentiments se bousculent, pudeur, chasteté, plaisir et innocence s’unissent dans une constante séduction pour toujours sublimer le désir durant une heure de spectacle : « L’amour charme ce qu’il désarme ». Et, la dernière réplique de Dom Juan (femme) est cinglante « Et Peste soit des Hommes », il est 21 heures. Un épilogue surprenant commence.

Les protagonistes de l’Amour se transforment. Les textes écrits au XVIIème siècle se jouent des siècles plus tard dans un contexte social et sociétal qui ferait sans doute pâlir les conservateurs de l’époque.


Nous sommes au 21ème siècle. Dom Juan est devenue une femme sous la plume d’Anne-Laure Teboul. Le mariage pour tous est voté, les codes sont nouveaux, Henriette est un personnage masculin pro-mariage gay. La séductrice, derrière son masque et sa longue cape, a tous les pouvoirs, qu’elle soit déchue ou mystifiée. Dom Juan est une quadra et une cougar qui aime les jeunes amants quand Vénus est une beauté passée qui devient jalouse de sa belle-fille Psyché.

Mike Fédée est Alceste, Amour, Harpagon, Elvire (version masculine) et aussi Mathurin (version masculine). Nous rencontrons Mike Fédée qui a quitté ses costumes baroques et c’est un jeune antillais détendu qui nous parle du casting et de sa chance d’interpréter tant de textes adaptés de l’immense œuvre de Molière.

Cette aventure « sur la dualité, entre la fidélité et le libertinage, entre le bien et le mal », a commencé il y trois mois au sein de la compagnie Jayann’Act. Mike et ses trois autres comédiens complices ont répété chaque semaine durant deux jours pour donner vie aux différents personnages de Molière choisis par Anne-Laure Teboul.

Des extraits des textes de Molière sont empruntés au dramaturge Jean-Baptiste Poquelin (le vrai nom de Molière) comme l’École des Femmes, Le Misanthrope, Psyché, Le Bourgeois Gentilhomme, ou Dom Juan (Le Festin de pierre). Une performance que le jeune martiniquais aborde sur une scène de théâtre pour la première fois.

« Les textes de Molière sont universels, on se rend compte encore combien les sujets sont encore d’actualité », précise Mike Fédée : « Anne-Laure rend les écrits de Molière encore plus actuels en asexuant Dom Juan ». A l’aise dans cette profusion de sentiments, Mike Fédée poursuit : « Je fais partie de ceux qui écrivent l’amour avec un A majuscule. Je me retrouve totalement dans ces différents rôles, parce que je suis un grand amoureux de la vie ».

Et Mike Fédée nous confie son souhait de voir « Molière Mon Amour » en Martinique. Car selon lui « Les textes de Molière sont beaux. Ils nous parlent de la vie.» Une bonne occasion d’inviter les élèves des collèges aux Antilles de découvrir ou redécouvrir Molière.

En attendant, le jeune martiniquais sera au Petit Gymnase, jusqu’au mois de juillet en attendant une reprise de la production théâtrale au mois de septembre.

Son carnet est bien chargé, en ce mois de juin, Mike Fédée a commencé le doublage d’un film de VfProduction « Shade of Blue ».
Il a été retenu pour une websérie « Kissa » réalisée par Julien Lazzaro.
L’enfant du pays, comme il aime le dire, a terminé l’écriture de deux romans, parus en 2002 et 2003 : « Mike MacField 1 & 2 », publié aux Éditions Ibis Rouge.

Le jeune homme lance avec humour, un message en créole pour que ses compatriotes viennent soutenir « Molière Mon Amour » qui se joue jusqu’à la fin du mois de juillet 2017.          Écoutez-le  :

La metteure-en-scène, Anne-Laure Teboul, insiste sur le caractère intemporel des personnages d’Henriette (version masculine) et d’Armande.
Écoutez-la :

« Molière Mon Amour »


Mise en scène et Adaptation : Anne-Laure Teboul
Musique : Franco Perry
Assistant mise en scène : Fausto Algarra
Illustrateur : Guillaume Blanchard
Avec : Marine Cros-Mike Fédée-Jean-Christophe Legendre-Jayanna Ha.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Images C’news Actus Dothy


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *