Lilian Thuram Kidnappé en Guadeloupe

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Une vidéo annonçant l’enlèvement de Lilian Thuram fait le tour du web depuis ce 31 janvier. « Flash info : On nous signale la disparition inquiétante de Lilian Thuram ! Lilian Thuram a été kidnappé ce matin en Guadeloupe. Toute l’île est sous le choc ! » Toutes les polices sont à la recherche de Thuram, arrivé en Guadeloupe pour inaugurer une école qui portera son nom, mais toujours aucune trace du footballeur. Regardez :

Rassurez-vous ! Lilian Thuram n’a pas disparu, il s’agit d’un buzz créé autour de la pièce de théâtre « Le Temps Suspendu de Thuram » de Véronique Kanor, mise en scène par Alain Timar.

Le Temps Suspendu de Thuram, pièce à voir du 7 février au 21 mars 2014 à l’Artchipel scène nationale de Guadeloupe

Note de Mise en Scène

« C’est l’histoire d’un rapt : pas pour l’argent ni par fanatisme… Mais pour essayer de répondre à la question : Qui es-tu Thuram ?

L’argument de la pièce : Lilian Thuram arrive en Guadeloupe, invité à inaugurer une école qui portera son nom. Il est kidnappé. On le retrouve ligoté et bâillonné sur une chaise, prisonnier d’un mystérieux Eugène. Huis clos pour deux personnages enfermés dans un « débarras », vous savez cet endroit où on accumule objets et meubles inutiles mais qu’on ne veut pas jeter. Espace confiné, temps suspendu où deux êtres désormais à égalité vont s’affronter dans un jeu de la vérité : ici tout estpossible !

Qui perd, qui gagne ?

Deux vies, deux destinées : d’un côté Thuram, celui qui a réussi, le joueur adulé devenu le sportif-penseur, défenseur des opprimés,
en lutte contre le racisme, l’exclusion et les discriminations, de l’autre Eugène, un sans-grade, un raté (dit-il) auparcours chaotique.

Un « winner » et un « looser » en quelque sorte. Et pourtant, dans ce duel verbal et physique qui les oppose tout autant qu’il les rassemble, à travers le « Qui suis-je ? » et le «Qui es-tu vraiment ? », Eugène gagne insensiblement du terrain et marque des buts. Il oblige l’autre à se dévoiler.

« Je est un autre » écrivait Arthur Rimbaud. Cette fameuse phrase tombe comme une sentence pour qui souhaite démêler l’écheveau entre
la personne et le personnage : qui parle vrai ? Où se cachent la sincérité et la profondeur d’un être ? Quel costume a-t-il choisi d’endosser ? De la personne au personnage, quelle transformation s’estopérée ?

Dans ce match en une une seule partie, sans prolongation, ni penalty, ni arbitre, ni supporters pour soutenir l’une ou l’autre équipe, Eugène endosse tous les maillots: ilinterroge sa vie et il interroge aussi celles du héros, de l’icône, de l’image qu’on représente pour les autres. Un jeu cruel certes mais où l’humour, l’ironie, le sarcasme et même l’autodérision restent de mise.

Je souhaite diriger la mise en scène comme un « thriller » avec ce qu’il faut de rythme, de suspens, de coups de théâtre, d’émotions aussi et de réalisme dans le jeu. Le spectateur doit vivre l’action et croire aux personnages.

Le climat ? Une lente ascension vers le fantastique afin de l’effleurer sans y pénétrer, arriver juste au bord , à la fin, quand Eugène choisit de partir, laissant la porte ouverte, les clefs jetées au sol et Thuram figé, là, entre intérieur et extérieur, entre deuxmondes, entre deux moi. » Alain Timar.