« Ma vie d’étudiant à Paris » : des jeunes martiniquais témoignent

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Quitter son havre de paix des Antilles pour se plonger dans un monde quasi inconnu, un pas que nombre d’étudiants veulent franchir, mais qui s’avère souvent très difficile à vivre. Témoignages de quelques-uns d’entre eux ci-dessous :

Sandy, 19 ans :

J’ai obtenu mon bac en 2013. Suite à cela, il a fallu faire un choix important. Où ferai-je mes études supérieures ? J’avais la possibilité de faire mes études en Martinique car ma formation y était dispensée. Cependant j’ai tout de même voulu partir en France, en partie pour gagner en maturité et pouvoir « voler de mes propres ailes ».

Arrivée en France, j’ai dû trouver un logement, ce qui n’est pas évident quand on fait ses études à Paris car les loyers sont relativement très élevés. J’ai finalement pu en trouver un en Région Parisienne, mais cela n’a pas été de tout repos. De ma première année, je retiens de bonnes choses car j’ai appris à être plus autonome, j’ai eu la chance de découvrir un nouveau mode de vie mais aussi de nouvelles personnes très intéressantes.

Malgré ces éléments positifs, le manque de ma famille, un environnement au départ quasiment inconnu ainsi qu’un climat totalement différent du nôtre n’ont pas rendu les choses faciles.
En ce qui concerne mes études, je me suis rendue compte que la filière que j’avais choisie ne me plaisait pas, c’est alors pourquoi j’ai changé d’orientation l’année suivante.

Mais ce que je retiens de tout ça, c’est que le départ du cocon familiale est une expérience assez difficile mais dont on ne peut qu’en ressortir grandi. Personnellement, cette expérience m’a fait évoluer et m’a rendu , je crois, plus apte à affronter certaines épreuves de la vie.

 Mickaël, 19 ans :

Je suis étudiant à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en deuxième année de Bilicence Droit-Gestion.

Mon départ à Paris a été mûrement réfléchi malgré tous les enjeux que cela pouvait présenter. En effet, mon entourage m’a beaucoup parlé de certaines spécificités parisiennes, notamment universitaires, climatiques, sociales ou encore financières. Certaines sont vraies, d’autres beaucoup moins.

Le changement climatique est assez brutal et passer de 30 degrés à des températures qui avoisinent 0 ou négatives n’est pas toujours facile à supporter. Concernant les études, c’est un tout autre environnement. Sortir du lycée et arriver à la fac est un changement radical parce que la masse de travail n’est pas la même, les attentes ne sont pas les mêmes et l’organisation n’est pas la même. Il m’a fallu plusieurs mois en L1 pour comprendre comment fonctionnait le système universitaire, et en particulier celui de l’université parisienne qui n’est pas réputé le plus simple.

La vie à Paris est une vie très chère, donc il faut savoir définir ses priorités, ce qui n’empêche pas de se faire plaisir. De plus, je n’ai pas de regret particulier à être parti à Paris parce que c’est une ville cosmopolite, magnifique, vivante et ouverte au monde. On peut vraiment tout y faire, et certaines activités sont facilitées voire gratuites pour les étudiants ! Etudier à Paris est une expérience qu’il faut envisager sans avoir peur car la ville offre tant d’opportunités : on y fait des rencontres formidables, qu’elles soient françaises ou étrangères, que ce soit à la fac ou à l’extérieur, j’ai pu partir à Amsterdam et au ski avec mon université…

Le fait que la ville soit énorme, qu’elle bouge beaucoup peut faire peur mais il faut sauter le pas car on en ressort plus grand. Et le conseil que je donnerais aux lycéens qui souhaiteraient étudier à Paris serait qu’il faut s’y prendre tôt en ce qui concerne le logement étant donné que ce n’est pas du tout facile et que les prix peuvent faire fuir.

Finalement, mon expérience parisienne aura été des plus enrichissantes même si certaines difficultés peuvent se présenter.

Maxime, 19 ans :

Je suis en 3ème année de Licence d’espagnol, parcours FLE à l’université Paris IV – Sorbonne.

Depuis la Terminale, j’envisageais de partir étudier à Paris, mais 2 ans après le bac. En effet, je ne me sentais pas prêt à partir, surtout que je n’étais absolument pas sûr des études que j’allais faire. Finalement, je suis bien parti 2 ans après, avec une idée plus définie du parcours qui m’intéressait.

Pour être honnête, j’étais quelque peu réticent à l’idée de partir et de laisser ma famille, une grande partie de mes amis et mon île. De plus, les différences climatiques, l’éloignement qui est plus ou moins déstabilisant et la taille de la ville sont ce qui m’a le plus frappé pendant les premiers mois suivants mon arrivée. Mais il faut avouer que c’est une expérience enrichissante.

Déjà, on ne peut que gagner en autonomie (on apprend à gérer son argent, à préparer autre chose que des pâtes – du moins dans mon cas). Ensuite, étudier en métropole a permis à plusieurs de mes camarades de se rendre compte de l’endroit où ils préféreraient vivre plus tard : certains pensent sérieusement rester définitivement, alors que d’autres, comme moi, sont désormais sûrs de rentrer après les études.

 


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