Martinique-Guadeloupe : Suzanne Dracius honore Guy Tirolien au Salon du Livre de Paris

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Cette année 2017 est l’année qui célèbre la naissance de Guy Tirolien né à Pointe-à-Pitre le le 13 février 1917. A cette occasion, l’écrivaine martiniquaise Suzanne Dracius, présente à la 37 éme édition du Salon du Livre à Paris, a été invitée à parler de l’auteur guadeloupéen lors d’une grande conférence le samedi 25 mars au Parc des Expositions.

Mais cet intérêt qui a fédéré beaucoup de visiteurs sur le stand et qui « force » l’admiration de la martiniquaise pour Guy Tirolien, est bien plus ancien. La célèbre martiniquaise nous en dit plus.

Depuis deux ans, la romancière Suzanne Dracius sillonne les bibliothèque et va de forums en conférence pour entretenir la mémoire de l’auteur de « La prière du petit enfant nègre ». Guy Tirolien est mort le 3 août 1988 mais son œuvre majeur restera ce poème. Dans cet ouvrage mondialement connu l’auteur raconte « l’histoire d’un enfant noir qui ne veut plus aller à l’école des blancs ».

Le poème sera publié pour la première fois en 1961 dans Balles d’Or, publié pour la première fois en 1961,qui deviendra avec le temps une des œuvres poétiques majeures de la génération de la Négritude.

En 2015, c’est à la Bibliothèque de Marie-Galante (une dépendance de la Guadeloupe) que la romancière rencontre le fils puis la femme de l’auteur disparu. Marie-Galante, la commune de cœur de Guy Tirolien.

Puis en Martinique, il y aura ensuite une nouvelle conférence à la Bibliothèque Schoelcher de Fort-de-France. Suzanne Dracius est donc une ambassadrice de l’écrivain guadeloupéen qui s’est engagé dans le combat de la Négritude, aux côtés de Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas au moment où ils créaient le mouvement de la Négritude.
Quant à Guy Tirolien, sa contribution sera ses travaux littéraires dans la revue Présence africaine, publiée dès 1947 à Paris et à Dakar. le jeune guadeloupéen a une trentaine d’années.

L’antillaise Suzanne Dracius est aussi une écrivaine de renom qui n’hésite pas à promotionner les œuvres littéraires des Antilles et ses propres ouvrages. Professeur de lettres classiques (français, latin, grec), Suzanne Dracius a étudié au lycée Marie-Curie de Sceaux et à la Sorbonne avant d’enseigner à Paris, à l’Université Antilles-Guyane, à l’Université de Géorgie (USA) et à l’Université de l’Ohio en tant que « visiting professor ».

Elle écrit, elle rencontre ses lecteurs, elle signe ses romans, échange avec ses fans. Suzanne Dracius est une femme créole « kalazaza » aux yeux clairs, à la peau très blanche mais profondément femme noire, femme de la Caraïbe, femmes des Antilles. Elle est connue pour ses engagements et ses luttes « contre toute espèce de discrimination raciale, sexuelle ou sociale ». Des préoccupations que l’écrivaine féministe n’hésite pas à faire transpirer dans ses livres.

Suzanne Dracius a une bibliographie fournie. Elle est l’auteur de : « L’Autre qui danse », « Rue Monte au ciel », « Montagne de feu », « La Virago », « De sueur, de sucre et de sang Negzagonal et Moun le Sid »,  « Hurricane, cris d’Insulaires », « Prosopopées urbaines », « Exquise déréliction métisse », « Pour Haïti », « Déictique féminitude insulaire », « Lumina Sophie dite Surprise ».

Aujourd’hui, les livres de Suzanne Dracius sont publiés aux Editions Promo Lecture. Une petite association martiniquaise et caribéenne qui œuvre à la promotion de la lecture et de la littérature.

Soif de découverte et de surprise, l’écrivaine se fait un devoir « d’aller à la rencontre » de son public. Elle l’explique ainsi, en empruntant une expression d’Emile Zola : « J’essaie de transformer ce que je vis dans les actualités en une belle horreur ». Traduction :  Trouver la lumière dans l’écriture et embellir la réalité par les livres .

Suzanne Dracius au micro de Dorothée Audibert-Champenois

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/FacebookC’news Actus Dothy
Photos C’news Actus Dothy