Mort de Gérald Babin dans Koh-Lanta : la production aurait empêché le médecin d’intervenir à temps

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Gérald Babin

[Mise à jour à 12:00]

Nouveau rebondissement pour ALP : une enquête préliminaire a été ouverte pour « homicide involontaire », afin de savoir quelles ont été les circonstances de la mort de Gérald Babin. En effet, la boîte de production vient d’être inquiétée par le parquet de Créteil, et l’enquête sera menée par « l’Office central de recherches des violences faites aux personnes de la police judiciaire ». Une autopsie du corps du jeune homme de 25 ans devrait être réalisée demain, vendredi 29 mars.

[Publié à 06:00]

Vendredi dernier, un candidat de Koh-Lanta est décédé au premier jour de tournage de l’émission. Mais d’après un témoignage anonyme, la production aurait manqué à de nombreuses règles de sécurité.

Cambodge, 22 mars 2013. Premier jour de tournage sur l’île qui doit accueillir les 20 aventuriers de Koh-Lanta. Lors de la première épreuve, celle du tir à la corde, Gérald Babin, 25 ans, décède. Le tournage est immédiatement arrêté, les candidats rentrent à Paris le lundi 26 mars. Selon les explications de la production, Gérald Babin aurait fait un premier arrêt cardiaque et le médecin présent sur l’île serait parvenu à le réanimer. Lors de l’évacuation décidée en hélicoptère, son cœur aurait lâché une deuxième fois. Puis une troisième fois à l’hôpital de Sihanoukville, un arrêt cardiaque fatal. Mais un témoignage anonyme (identifié par le site Arrêt sur images comme un membre d’Adventure Line Production, la société qui produit l’émission) vient mettre à mal toute la version donnée par TF1. Le médecin aurait d’abord été empêché d’intervenir et l’évacuation effectuée par bateau dans un premier temps car moins coûteuse.

« Il est évident pour n’importe quel observateur présent, rien qu’en le regardant, que Gérald va très mal », explique cette personne dans son témoignage, et ce bien avant que l’épreuve du tir à la corde ne commence. Les candidats auraient été laissés de nombreuses heures à patienter sur le sable, en plein soleil par 40°C, avant le début de la compétition. « Très vite, Gérald s’effondre, la tête dans le sable. Il ne bouge plus. Quelques minutes se passent. Le médecin présent sur place s’inquiète et demande l’autorisation à la production d’intervenir. La production refuse : pas avant que le jeu ne soit terminé. D’autres minutes se passent. Le médecin insiste. Même refus de la production. Gérald git toujours par terre, la tête dans le sable, immobile. Certaines personnes me rapportent avoir entendu Gérald appeler “À l’aide !”, explique-t-il. La production refuse toujours l’intervention. Finalement, le jeu se termine. Il s’est écoulé environ 10 minutes, peut-être plus, entre le moment où Gérald s’est effondré et le moment où le médecin intervient finalement. L’intervention du médecin est filmée, et comme la première prise de son intervention n’est pas bonne, on lui fait “rejouer” son entrée. » Les journalistes d’Arrêt sur images ont bien tenté de recueillir la version du médecin ou celle de l’infirmière présente à ses côtés, mais ceux-ci ont refusé de répondre. Ordre de la prod.

La production a ensuite affirmé dans sa version officielle que Gérald avait été évacué vers l’hôpital par hélicoptère. Faux, assure cette source anonyme, du moins dans un premier temps. « Il a d’abord été décidé d’évacuer Gérald à l’hôpital par bateau, alors qu’un hélicoptère est théoriquement disponible, mais cela est jugé inutile et trop coûteux par la production. Gérald est embarqué, le trajet jusqu’à l’hôpital doit durer plusieurs heures. Il reperd connaissance à bord du bateau. Le médecin s’inquiète sérieusement et demande une évacuation en hélicoptère. Malheureusement, on ne retrouve pas le numéro de mobile du pilote de l’hélicoptère : on perd encore beaucoup de temps pour finalement être capable de le joindre. On parvient une nouvelle fois à ranimer Gérald à bord du bateau. Il embarque finalement dans l’hélicoptère, des heures (au moins deux heures) après son malaise initial. On ne le reverra jamais vivant », explique cette source dans son témoignage. Une version qui sera confirmée par la société de location d’hélicoptères : « Lorsque nous avons reçu un premier appel, le patient était sur un bateau », a confirmé Kevin Treolar, le manager de l’entreprise.

Jointe par Arrêt sur images, la production a finalement refusé de commenter : « Comme on ne sait pas d’où proviennent ces accusations, on ne répondra à aucune question. » Au Cambodge, l’enquête a été classée. La question est désormais de savoir si ces accusations permettront à la famille de Gérald Babin de demander des comptes à TF1 et ALP devant la justice française…