« Nos chiens sont plus propres que vos femmes » : Racisme sur la plage de Sainte-Anne ?!

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Ci-dessous le récit d’une altercation raciste que dénonce un citoyen martiniquais Richard Jean-Marie. Les faits se sont déroulés le 19 juillet dernier sur une plage interdite aux animaux, à l’Anse Caritan, Sainte-Anne.

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La suite c’est Richard Jean-Marie qui raconte :

C’est cette phrase RACISTE que m’a sortie un « blanc » sur la plage de Caritan à Sainte-Anne en Martinique.

Dimanche 19 juillet 2015, il est près de 13 h quand j’arrive avec ma famille sur la deuxième plage de Caritan à Sainte-Anne. Je vois une femme avec 3 enfants qui s’apprêtent à démarrer sa voiture. Mon épouse qui connaît l’une des personnes lui demande pourquoi elles partaient d’aussi bonne heure.

Réponse : il y a des « métropolitains » qui font baigner leur chien dans l’eau en même temps qu’eux et les autres baigneurs venus se détendre à la plage.

Je me rends sur la plage pour constater le délit en question, surtout quand l’entrée, un panneau mentionne que la présence de chiens ou chevaux est strictement interdite sur la plage.

Je me rapproche du groupe de personnes en question et je demande à qui appartient le chien, type berger allemand qui est dans l’eau.

Un monsieur blanc mécontent de ma remarque me répond « nos chiens sont plus propres que vos femmes », et d’ajouter « je n’ai rien à foutre du panneau d’interdiction et que si vous restez là devant moi à protester je vous me lance le chien. »

Tout berger allemand est un chien d’attaque. Il part en direction de la mer et appelle le chien, mais ce dernier est pris en charge par un autre membre du groupe.

Selon lui, en 20 ans qu’il est en Martinique personne ne lui a jamais fait de remarques quand il est à la plage avec chiens et amis et que ce n’est pas aujourd’hui que quelqu’un l’en empêchera et que je peux faire venir la police si je veux.

Une femme du groupe rajoute que ce n’est pas un tout petit ver de chien (présent dans les déjections) qui fera du mal à tous les baigneurs, et qu’ils ont eux aussi des enfants qui jouent dans le sable, et que leur chien est vermifugé.

Finalement d’autres martiniquais présents sur la plage sont venus m’apporter leur soutien et le chien fut finalement attaché à un arbre.

La police de Sainte-Anne étant injoignable, c’est la gendarmerie du Marin que j’ai eue au téléphone vers 13h30 et le gendarme m’a certifié qu’il enverrait une patrouille vers 15h30.

A 17h30, quand je quitte la plage, aucun gendarme n’est venu sur la plage que j’avais clairement indiquée. En passant à la caserne, les gendarmes qui m’ont reçu me certifient être passés, en tenue, vers 16h30. Personne n’a vu de gendarmes sur la plage.

Ils m’ont dit ne pas être habilités à recevoir une plainte contre cette personne pour les dires qu’eux mêmes qualifient de « propos racistes ».

Le blanc qui m’a vociféré « nos chiens sont plus propres que vos femmes » est parti à la même heure que moi, dans un véhicule Audi immatriculé « XXX », tandis que le chien est parti dans une Toyota « YYY ».

Je porterai plainte contre cette personne dont j’ignore l’identité (pour l’instant), pour ces propos racistes, portés à l’encontre de toute la population martiniquaise à majorité noire.

J’appelle les maires de Martinique et le directeur de l’ONF à bien signaler sur les plages de l’ile, l’interdiction de la présence des chiens et autres animaux vecteurs de maladies.

J’appelle également la population de Martinique à manifester sa désapprobation face à de tels agissements.

L’incident est largement relayé sur les réseaux sociaux, à part la victime elle-même des associations comme l’UFM (Union des Femmes de Martinique) pourraient porter plainte contre X.

Un appel au rassemblement pour dénoncer cet acte raciste a été lancé sur Facebook :

Martiniquais, Martiniquaises, femmes et hommes qui vivent en Martinique et refusent le racisme, nous devons agir fermement après les propos racistes tenus à Saint-Anne par un raciste qui doit faire sa valise. Soyons des milliers le 22 août au Bord de mer de Fort-de-France avec des flambeaux pour manifester notre colère, notre refus de la barbarie que génère le racisme.

Sa zot di ?

Il ne suffit pas de parler, parler, parler, il est temps d’agir, sinon nous serons écrasés dans notre pays ! Nous ne pouvons subir le racisme quand nous sommes en France : délit de faciès, difficultés pour trouver un emploi, un logement, moqueries à cause de notre accent, etc…

Nous ne pouvons pas accepter que chez nous encore, on nous crache au visage : « NOS CHIENS SONT PLUS PROPRES QUE VOS FEMMES ! » Nous devons dire STOP et fermement !

Et ne vous contentez pas de mettre des « J’aime » seulement. Préparez déjà vos flambeaux et soyez prêts à faire peuple au rassemblement du mercredi 22 août dès 19 h, au Bord de mer de Fort-de-France.

Photos : Richard Jean-Marie