Paris : Agression sexuelle d’une guadeloupéenne. Preuve effacée, plainte refusée, une polémique est ouverte

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Une polémique après l’agression sexuelle d’une jeune guadeloupéenne à Paris est ouverte et consterne l’Association Total Respect qui interpelle les autorités pour « non assistance à personne en danger» (Des documents témoignent de leurs démarches).

L’association s’insurge contre les procédures de la SNCF qui a détruit les preuves mettant en cause les deux employés et l’agent de sécurité de la SNCF, en poste pour la compagnie ce 17 juin 2017.

La victime encore choquée attend une réponse du Chef de l’État,de la Ministre des Outremer et du Procureur de Paris.

Ce vendredi 30 juin, nous avons joint le porte-parole de Total Respect, David Sar Auerbach Chiffrin au téléphone, qui nous confirme une information publiée sur les réseaux sociaux.

Le samedi 17 juin, Le Conseil d’administration de la Fédération Total Respect se termine. Il est 23h24 à la Gare de Lyon quand un ami et collègue originaire de la Martinique accompagne une jeune guadeloupéenne (membre de la même Fédération) qui rentre à son domicile. Les deux antillais de la Fédération Total Respect (Tjenbé Red) sont administrateurs à l’Association et attendent le train à la gare parisienne.

A l’arrivée du RER D, la guadeloupéenne entre dans l’une des voitures du train en direction de Corbeil-Essonnes (vingt-neuf kilomètres au sud-est de Paris), où vit l’antillaise en charge de la jeunesse à la Fédération Total respect.

L’adhérente (qui tient à rester anonyme) est chahutée par un groupe d’hommes qui la prend pour cible en la tutoyant : « L’un d’eux s’est assis devant elle et lui a fait des propositions à caractère sexuel». Rapporte David, le porte-parole de l’Association. « L’antillaise leur demande de la laisser tranquille. Elle décide de changer de voiture », nous précise. Les trois individus la poursuivent avec insistance. Son ami martiniquais intervient alors et demande aux trois hommes de sortir du train. Les trois agresseurs refusent, le collègue de la victime déclenche l’alarme.

Deux vigiles avec des chiens arrivent et prennent en faute le martiniquais qui demandait de l’aide et qui attend l’arrivée de la police pour signifier une plainte d’agression sexuelle. Entre temps, un agent de la SNCF, lui, également accompagné d’un chien se présente sur le quai dix minutes plus tard.

Le train est immobilisé durant environ 20 minutes. Pendant ce laps de temps, les trois hommes sont sortis de la rame et s’amusent de la situation : « Ils rigolent à 20 mètres » de la victime, note le porte-parole David Sar Auerbach Chiffrin, pour l’Association Total Respect.

La guadeloupéenne agressée, incomprise et « traumatisée » est finalement ramenée chez elle à Corbeil-Essonnes grâce à l’intervention d’un proche.


Trois jours plus tard, à défaut d’une plainte (voulue par la victime et l’Association) c’est une main-courante qui est finalement enregistrée au commissariat. Un droit bafoué selon les responsables de Total Respect qui protestent pour obtenir justice en se référant à la loi ( violation de l’article 15-3 du code de procédure pénale).

Mais, selon notre source policière contactée ce samedi 1er juillet : « Ce sont les fonctionnaires de police qui constatent (selon les faits rapportés par la victime ou les témoins), s’il existe ou non une infraction pénale, pour instruire une plainte ».

De son côté, la SNCF aurait détruit l’enregistrement vidéo car selon elle « sans dépôt de plainte après trois jours », les bandes enregistrées sont effacées.

Pour l’instant les agresseurs ne sont ni confondus ni inquiétés. La victime éprouvée se rétablit avec l’appui de ses amis et de ses proches. La Fédération Total Respect a frappé aux portes pour que cette agression soit dénoncée et que la victime soit reconnue.

Au nom de la victime, l’Association Total Respect a manifesté son incompréhension devant l’indifférence des témoins de la scène en diffusant l ‘information sur les réseaux sociaux.
Quant à Juëlle Boyer,la présidente par intérim de Total Respect, elle déclare : «Cette collusion entre deux services publics, au mépris de la vie des femmes, est inouïe. Jouer sur les statistiques de dépôt de plainte, soit! – mais en même temps détruire ou laisser détruire des preuves? » L’Association qui alerté le 19 juin, Guillaume Pepy, le président de la SCNF, le procureur de Paris, François Molins et le Président de la République, Emmanuel Macron, attend encore de vraies réponses «afin que lumière soit faite » indique le communiqué de Total Respect.

La Fédération Total Respect (Tjenbé Red) est une Association en veille et en soutien des LGBT en métropole. Créée en 2005, elle se définit comme un « Mouvement civique pour l’action et la réflexion sur les questions noires, métisses & LGBT en France ultramarine et hexagonale ».
Tjenbé Rèd, 113, bd Voltaire, 75011 Paris 

Propos recueillis par Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
ImagesSudOuest/FTR


4 commentaires :

  1. Lutin

    Je connaissais pas cette féderation…
    Sinon pour les faits c’est regretable mais ca m’etonnerait qu’il y ait une vraie reponse pénale

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  2. Achille

    Je n’ai pas vu où se situe l’agressions sexuelle. certes la fille s’est faite alpaguer par des énergumènes mais le résumé ne dit rien relatif à une quelque conque agression physique, on éventuellement parlé de tentative, oui… j’ai plutôt l’impression que vu le caractère et l’objet de cette association, le but est de simplement faire le buzz pour faire entendre leur voix en manque de reconnaissance…
    Après bien sûre je condamne toute agression faite aux femmes et aux hommes également

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