Paris : Après un incendie criminel dévastateur, persévérante, Marizette Vinceslas relance sa société « Ayélé »

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« J’ai tenu à venir à la Foire de Paris pour conquérir de nouveaux clients mais pour également montrer que je suis là, je suis encore debout ».

Ce sont là les confidences de Marizette Vinceslas, créatrice, modéliste et designer de mode de la marque « Ayélé ». Nous la croisons à la Foire de Paris et la martiniquaise qui partage son stand de vêtements de prêt-à-porter se dit « heureuse » de revenir à Paris. Paris qui reste la capitale de la beauté et de la mode dans le monde.

Porte de Versailles, Pavillon 4, Hall 5, nous sommes plein Est dans l’immense Foire de Paris dans le quinzième arrondissement L’espace est plus visible, plus frais, il fait moins chaud que dans les autres parties du Centre commercial improvisé. Marizette Vinceslas porte un top échancré rouge, elle réalise elle-même ses créations.

Avec simplicité, l’antillaise nous montre les finitions de ses ouvrages et les différents tissus qu’elle utilise et qu’elle manipule avec soins pour décrire la complexité des réalisations, du dessin jusqu’à l’exposition des modèles.

Des chef d’oeuvre que la discrète caribéenne étalait sur plus de 200 m2 qui composaient ses ateliers, sa boutique, ses bureaux. Un espace de travail qui faisait pâlir dans le hameau du Vert-pré où réside Marizette Vinceslas. Mais en avril 2016, l’immeuble qui abrite tant de trésors situé en bas d’un petit morne, juste en face du cimetière du Vert-Pré, brûle. Ce sera un drame « humain » pour Marizette et toute la Martinique se sentira émue et choquée. Non seulement Marizette Vinceslas, mais son frère sera également victime de cet incendie criminel. Les deux commerces familiaux seront détruits totalement.

Marizette Vinceslas raconte : « Nous avons tout perdu. C’était raiment une fournaise. Les bâtiments et tout ce qu’il avait à l’intérieur ont disparu. Mon showroom, l’atelier où j’entreposais mon matériel, mon stock de tissu, mes fournitures. ». Sa passion pour la couture l’a remise en selle et Marizette Vinceslas, fille d’une lignée de couturière poursuit : « La foi tient, la persévérance m’a aidée à me remettre debout. J’étais prête pour repartir ».

Aujourd’hui, la diplômée en styliste, modéliste costumière en Île-de-France à ré-ouvert son espace de création, toujours dans le hameau du Vert-Pré, rattaché à la commune du Robert à la Martinique.


Ses stocks reconstitués, Marizette Vinceslas a diversifié son offre et propose des « Ventes privées », organise des showrooms et participe à des défilés de mode. La marque Ayélé est connue du public antillais et au delà, grâce aux différents supports numériques à sa disposition : comptes Facebook, Instagram, Sites.

La créatrice travaille tous les tissus : « J’aime beaucoup les tissus nobles, mais cette année, comme c’est la tendance, j’ai donc intégré les étoffes de Wax pour réaliser mes vêtements et les clients sont contents, car ça marche bien. »

La marque Ayélé se différencie des autres marques qui fleurissent sur le marché du vêtement « ethnique ». Les finitions de chaque vêtement que coud Marizette Vinceslas sont appréciées et elle est très bien notée sur les réseaux sociaux. Elle nous le confirme à sa façon : « Au niveau de la finition, je suis très pointilleuse. Mais je ne l’intègre pas encore dans mes prix de vente ».

Pour être compétitive, la créatrice ajoute : « Pour fixer mes prix de vente, je ne compte que le temps que je prends pour réaliser les vêtements que je fais sur mesure ou les modèles standards. 

 « Les gens aiment beaucoup mais achètent beaucoup moins maintenant » soupire Marizette. La crise touche les créateurs et même sa venue à la Foire de Paris était un challenge. Un peu de regrets : « Il y a dix ans, j’étais venue à la Foire de Paris. Au bout de dix jours, tout mon stock était déjà partie ! Cette année, c’est un peu plus difficile »

Cette année 2018, sans fonds, avec un un maigre budget, la créatrice de Ayélé a pu bénéficier du soutien logistique et des conseils de l’association Cap Antilles Martinique pour participer à la Foire de Paris. Ce passage à Paris était essentiel pour Marizette Vinceslas qui a pourtant  hâte de rentrer sur son île où de nombreuses activités l’attendent. Car, l’antillaise gère désormais deux sociétés au Vert-Pré.

La nouvelle entreprise créée après l’incendie d’avril 2016, permet de « faire de la production pour les artisans stylistes qui n’ont pas d’ateliers de production, ceux qui n’ont pas tous les outils pour réaliser leurs projets. Comme je les possède, je suis à leur disposition ». Une aubaine pour Marizette Vinceslas, qui peut agrandir son commerce en proposant ces services de production.

« Avec cette nouvelle vague de ventes privées, je vends mieux, les gens aiment être choyés, ils sont chouchoutés », avec les ventes privatisées, c’est une opportunité de vendre « des produits nobles » : « On s’est rendu compte, qu’on a pas forcément besoin d’une boutique. Aller à la rencontre du client, c’est plus intéressant » conclut Marizette Vinceslas, la styliste, modéliste et costumière de la marque Ayélé.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy


Images C’news Actus Dothy – Additives : Facebook Ayélé