Paris-Législatives : Menaces de mort, insultes raciales, Babette de Rozières, reste déterminée et favorite de la 17è circonscription

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Avec sa babettemobile garée stratégiquement à l’angle de la rue Seguin et de la rue Pajol, en plein quartier de la Goutte d’or, la permanence électorale de Babette de Rozières est un point de chute incontournable pour de nombreux riverains du dix-huitième et du dix-neuvième arrondissement de Paris. (Extrait de l’interview de la candidate Babette de Rozières en fin d’article).

Conseillère régionale en Île-de-France, déléguée spéciale de la région à la Cité de la gastronomie, Babette de Rozières est en lice pour les élections législatives à Paris.

Au 73 rue Pajol, une « ruche » s’active ce jeudi 1er juin 2017. Comme chaque jour, la candidate de l’Union de la Droite et du Centre et son équipe sont en action dans la 17ème circonscription qu’elle défend. Sa préoccupation, c’est l’amélioration des conditions de vie de chaque habitant : « Je suis tout le temps sur le terrain, matin, midi, soir, même le week-end » précise Babette de Rozières. « Mon mari ne me voit presque plus, je rencontre tout le monde, je connais tous les recoins de ma circonscription et je reçois un accueil très chaleureux ».

Et c’est une chaîne de doléances qui confortent chaque jour la guadeloupéenne dans sa volonté de modifier durablement la situation actuelle de cette circonscription dite particulièrement difficile. Une réputation victime du délaissement de l’État, d’une immigration forte et souvent clandestine, de la rareté policière, de l’exclusion et du désespoir des jeunes.

Avec son franc-parler, Babette, comme on la nomme familièrement, se prépare à devenir une députée active à l’Assemblée Nationale, la « porte-parole de sa 17ème circonscription » à Paris. De la Goutte d’or à la Villette de Paris, la chef gastronome combat les préjugés et, celle qui ose affronter les migrants comme les riverains ou les vendeurs de stupéfiants, ne s’en laisse pas compter : « J’adore les challenges ! J’adore les défis ! De plus je connais tous les recoins de ces quartiers, les riverains, leurs problèmes, je me devais d’être là, dans cette circonscription ! »

Chef gastronome réputée pour son professionnalisme, multiprimée par de grands maîtres de la cuisine française, créatrice du célèbre « Salon de la Gastronomie » à Paris, Babette de Rozières n’est pas, pour autant, une débutante en politique. Cette 17 ème circonscription, elle ne l’a pas choisie par hasard, elle y a « passé son adolescence », a gagné son autonomie en « ayant sa petite chambre de bonne », son premier fils elle l’a élevé un temps toute seule dans ce quartier de la Goutte d’or.

Arrivée très jeune à Paris, l’ancienne présentatrice de télévision se rappelle des périodes difficiles « sans le sou » mais se souvient surtout, de la mixité qui existait à l’époque. Un mélange des races qui créait un peuple « multicouleur, multigénérationnel et multiracial » insiste Babette de Rozières  : « Une époque où tout le monde vivait ensemble » rajoute la candidate qui habite aujourd’hui au Boulevard Ornano dans le quartier de Clignancourt dans le XVIIIè arrondissement à Paris.

Et, c’est tout en émotion mais surtout avec un programme concret qu’elle s’est engagée à changer le quartier qui ne ressemble plus à celui qui l’a vu grandir. Une légitimité qui pourtant, n’est pas complètement reconnue par ses détracteurs qui s’opposent à cette présence féminine, une femme noire issue de la société civile.

Mais malgré les coups bas, les agressions répétées, les insultes et les menaces, la future députée de Paris, résiste et prouve que grâce à sa détermination et à sa ferme volonté de réussir qu’elle pourra gagner son fauteuil aux prochaines élections législatives. Et la guadeloupéenne qui s’oppose ouvertement à tous ceux qui lui déclarent la guerre, répond avec fermeté : « Me menacer, aboyer quand je passe, m’insulter, ne fait que renforcer ma détermination. Quand je décide une chose, je vais jusqu’au bout, rien ne m’arrêtera, rien ne me fera taire ».

Ses adversaires, elle les connaît, des candidats redoutables que sont les socialistes, Daniel Vaillant (le député sortant) et Colombe Brossel (candidate investie et adjointe d’Anne Hidalgo), mais Babette de Rozières n’est nullement intimidée : « La politique, j’en ai toujours fait, à l’école pour me défendre, dans la cuisine, je devais m’imposer dans ce métier d’homme ! Quand je suis dans mon restaurant, j’écoute mes clients, je leur donne souvent des conseils. C’est une certaine forme de politique ! ».

Face aux propos « révoltants » du député sortant Daniel Vaillant qui reconnaît « avoir nettoyé la place de la Chapelle pour donner une place plus présentable au quartier » en vue des Jeux Olympiques de 2024 (CIO 24), la guadeloupéenne s’insurge contre « le mépris envers les immigrés infortunés dans ces quartiers ! »

Daniel Vaillant, ancien ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin, a annoncé vouloir se rallier au parti « En Marche », s’il était élu aux législatives. L’élu du XVIIIè arrondissement affrontera dans la 17ème circonscription la candidate de la droite Babette de Rozières, la socialiste Colombe Brossel, le communiste Ian Brossat (PC) et un candidat de la France insoumise.

Au volant de sa babettemobile, Babette de Rozières se confie en rangeant son véhicule : « Mon premier mari était, tout à la fois, maire, sénateur et également président de Conseil général. Il était médecin de profession, il m’a pratiquement mis dans le bain de la politique, j’étais très jeune ».

Pour mieux comprendre pourquoi une antillaise se bat contre « vents et marrées » pour devenir députée d’une circonscription de Paris, nous sommes allés à sa rencontre. C’est à son QG sis à la rue Pajol, décoré à son goût avec ses propres deniers que la candidate nous reçoit et sans détours elle nous donne les raisons qui l’animent et les actions qu’elles comptent entreprendre sitôt élue au Palais Bourbon.

Babette de Rozières aurait pu devenir maire-adjointe de Paris avec l’appui de son amie socialiste, Anne Hidalgo. Fidèle à son parti (en cinquième position sur la liste de la Droite dans les Yvelines), c’est au Conseil Régional de l’île-de-France qu’elle rentre dès le 13 décembre 2015 quand Valérie Pécresse est élue Présidente, au second tour des élections régionales.

Son Investiture à la « députation », entérinée par la commission nationale des Républicains, il y a onze mois, la guadeloupéenne dont le slogan est « Une candidate qui vous ressemble, une élue qui agit » sur la liste de l’Union de la Droite et du Centre, n’hésite pas à recevoir, à discuter et à lister les plaintes des parisiens ou immigrés des quartiers de la Goutte d’or, Combat, la Chapelle et la Villette Paris.

C’est, d’ailleurs Babette de Rozières, féministe convaincue, qui alerte les autorités sur les interdictions faites aux femmes dans certains cafés du quartier la Chapelle-Pajol, « une zone de non droit », où les femmes sont quotidiennement harcelées. « Dans ce quartier, des femmes estiment être de plus en plus mises à l’écart et évitent désormais de se déplacer dans certaines rues occupées par des groupes d’hommes » pouvait-on lire sur le site de Bfm.com le 19 mai dernier.

Depuis, la mairie et la préfecture « bougent et promettent d’intervenir », mais l’essentiel continue la candidate Babette de Rozières « c’était d’alerter sur l’insécurité qui règne dans ce quartier où se « déplacent » des dealers, en toute impunité, où il n’y a plus de contrôle de police, où les jeunes sont dans l’impasse ». Une situation analogue à celle de la Goutte d’or.

Rue Pajol, ce jeudi 1er juin 2017, il fait un temps magnifique et nous sommes témoins des rencontres ininterrompues à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de la permanence de la candidate sous l’étiquette de l’Union de la Droite et du Centre. Avec calme, Babette de Rozières détend les plus agressifs qui arrivent dans ses bureaux au 73 rue Pajol : « J’aime aller au contact, j’aime les gens » sera sa remarque préférée tout au long de cet après-midi d’immersion.

Au bout de la permanence, à son bureau décoré d’un énorme bouquet, elle s’attarde avec un antillais sans ressource et sans emploi, suivra un africain qui n’a toujours pas de logement décent malgré des revenus mensuels.

Et, ci-dessous, cette jeune femme de 36 ans, amaigrie et apeurée,Yasmine, deux enfants, est sans emploi et sans logement. L’équipe, comme l’auraient fait les services sociaux ont rapidement réagi. Il suffira pour Fabienne et Chantal de lui redonner espoir, de l’écouter, de la diriger vers des services compétents mais aussi de lui présenter de quoi se nourrir à très court terme.

Mais, malgré cette absolue nécessité de voir et entendre les citoyens, la vie de Babette de Rozières n’est pas sans danger et un homme veille. Il ne quitte pas des yeux la candidate.

Babette de Rozières ne suscite pas que la bienveillance. Insultée à cause de ses origines antillaises, agressée violemment le dimanche 28 mai, jour de la fête des mères, l’ancienne animatrice culinaire de « C’ à vous » sur France 5 a été vandalisée trois fois. Le jour de l’inauguration des locaux, les hostilités ont commencé, quand Pierre Liscia, le suppléant, découvre des tags sur la façade de la nouvelle permanence.


Des insultes, nous les avons entendues ce jeudi, au départ d’une séance de distribution de prospectus électoraux.

15h 50. La permanence est remplie de 19 « pro-Babette de Rozières ». Méticuleusement, Annick, Jean-Philippe, Albert ou Sylviane plient et entassent les documents destinés au tractage et boîtage, à glisser ou à remettre à la population durant toute la campagne législative.

Cet après-midi de grand soleil, chapeau bakoua sur la tête, Babette de Rozières et toute son équipe (tous partis politiques confondus) se déplace de la rue Seguin vers le métro Marx Dormoy.

Sur le chemin, la candidate de droite, rencontrera une jeune femme antillaise désœuvrée, assise sur la Place de Torcy. Plus loin, l’équipe pousse la porte vitrée d’une boutique d’esthéticienne, une occasion d’échanger quelques mots avec des commerçants installés dans le quartier.

Toute campagne électorale est un moment où les politiques ont le plus besoin de soutiens mais aussi de professionnels autour d’eux. Pierre Liscia, pressenti comme candidat naturel dans cette circonscription est un militant de longue date chez les Républicains.

S’il est depuis, une valeur sûre pour la guadeloupéenne, le jeune élu du XVIIIe qui rêvait de défendre les intérêts du quartier qu’il habite, s’est résolu à se ranger auprès de Babette de Rozières, et pour boucler toute polémique, Pierre Liscia a déclaré dans le Parisien du 23 juin 2016 : « Je suis victime de la loi sur la parité ! Je ne peux pas lutter » et le suppléant désigné de la candidate, d’ajouter enfin : « Mais, je suis sûr que nous formerons un bon tandem avec Babette ». (Ci-dessous le suppléant de Babette de Rozières, Pierre Liscia).

Mais c’est à Sandrine, sa directrice de campagne « efficace » qui ne la quitte pas « d’une semelle » qu’elle confie la coordination de ses rendez-vous, de ses déplacements ou de ses rencontres avec les médias durant cette longue période de campagne législative.

Métro Marx Dormoy, les programmes de Babette de Rozières, se distribuent vite.

L’antillaise, toujours prompte « au contact » prend le temps de discuter avec des passants qui la reconnaissent et qui enthousiastes, la félicitent et saluent sa candidature pour la 17ème circonscription.

Ses idées, elle les affiche clairement sur le papier. Il y aura des réponses pour la sécurité, contre le chômage, pour un logement pour tous, pour l’écologie, contre la saleté et contre la vente à la sauvette. Des engagements qui la mettent en première ligne pour dénoncer l’inaction des élus, pour lutter contre la pauvreté et la misère des rues. L’ancienne militante se veut une citoyenne engagée, et, venant de la société civile, la chef préférée des français, veut prouver que tout est possible pour « son quartier de cœur, son quartier de toujours ».

Située entre le 18ème et 19ème arrondissement, Babette de Rozière a choisi la 17ème circonscription de Paris pour obtenir un siège à l’Assemblée Nationale. Les élections sont prévues le dimanche 11 et 18 juin 2017.

Écoutez Babette de Rozières, la guadeloupéenne se félicite de représenter la diversité à Paris, en tant que femme et en tant que noire.

La conseillère régionale déléguée spéciale de la région à la Cité de la gastronomie, fait le constat que les quartiers de la 17ème circonscription, ont bien changé et qu’il est temps de proposer d’autres solutions pour que la « circonscription redevienne sereine ».

Babette de Rozières qui se prépare à devenir députée, nous dit, comment elle pense travailler :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Photos C’news Actus Dothy/LeParisien/BFM capture d’écran


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