Paris : Menaces et propos discriminants d’un policier sur des collégiens et des enseignants

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Jeudi 31 mai, des enseignants du collège Barbara de Stains dans la banlieue Nord de Paris, ont saisi le défenseur des droits et l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) . Dans un communiqué, ils ont fait savoir que leurs élèves, en visite à Paris, ont « été victimes de propos discriminants et insultants de la part d’un représentant des forces de l’ordre ».

Ce même jour, une quarantaine d’élèves, habitants la Seine-Saint Denis, étaient en sortie scolaire pour découvrir le 5ème arrondissement de la capitale. Ces jeunes âgés d’une douzaine d’années, en garderont un souvenir amer de cette journée de découverte. Sur le site internet de la préfecture de police, les enseignants ont fait un signalement des faits pour « discrimination par personne dépositaire de l’autorité publique ».

Jeudi, dès le début de leur sortie, les jeunes collégiens, encadrés par six membres de l’établissement étaient sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris, située dans l’île de la Cité, dans le 4ème arrondissement. En prévision d’une visite imminente du préfet de police, Michel Delpuech, des policiers se trouvaient postés dans le secteur. A la vue des armes, (peut-on lire dans le communiqué),  « comme tout enfant de 12 ans, nos élèves ont été impressionnés et ont demandé aux policiers s’ils s’agissaient de vraies armes ». Et, « sans aucune provocation », un des enfants a mimé un pistolet pointé vers le ciel, souligne un des professeurs accompagnateurs.

Selon le professeur de mathématique, l’un des trois fonctionnaires, aurait tenu des propos « incorrects » vis-à-vis de cet enfant, dans ces termes : « Je m’en bats les couilles que tu sois mineur, avec moi, c’est direct au commissariat ! ». L’enseignante aurait remarqué de la peur et de l’imcompréhension chez les jeunes collègiens, qu’elle cite « apeurés et choqués ».

Toujours dans le communiqué, « le policier  revendique ses propos en affirmant que « nos élèves ne sont pas éduqués », qu’il sait « d’où ils viennent » et que « nous ne venons pas du même monde qu’eux », en rajoutant « nous ne pouvons pas savoir de quoi, ils (les jeunes élèves) sont capables ».

Charlotte Gouillé, une enseignante, témoin, raconte « une situation de discrimination qui est malheureusement monnaie courante ». Afin de mener à bien une éventuelle main courante, les enseignants ont tenté de « récupérer des informations auprès des agents », mais le policier, concerné, dissimulait « son matricule à l’aide de son arme », tout en menaçant deux enseignants « de les embarquer ».

A la suite d’une réunion, ce vendredi 1er juin, le personnel du collège a prévenu avoir « l’intention d’aller aussi loin que l’on pourra pour ne pas laisser passer cela ». tout en attendant des « excuses claires de la part du policier » et « des explications de la préfecture de police de Paris ».

Selon le journal Le Monde, une « enquête a été diligentée », par la préfecture de police, « dès que les faits ont été dénoncés », et il « en sera tiré toutes les conséquences à l’issue de l’enquête ».

Le défenseur des droits peut demander au terme de son enquête  de « recommander aux autorités d’éventuelles sanctions disciplinaires ».

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
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