Paris : Une jeune guadeloupéenne est morte de la drépanocytose, Célia préparait son Doctorat de Biologie

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Les mois sont passés lentement, le temps de la thèse était arrivé, Célia était prête pour ce doctorat qu’elle préparait depuis de si longues années. Célia Dartron soutiendrait sa thèse écrite et serait docteur en biologie, « c’était son vœu, c’était son but, elle s’est battue avec force pour y arriver ».

Seulement, son corps épuisé par les turbulences et les traumatismes de la drépanocytose n’a pas résisté. La jeune guadeloupéenne s’est éteinte mercredi 9 mai 2018 à l’hôpital Henry Mondor de Créteil en Ile-de-France. Elle avait 35 ans. Son histoire se résume en un mot : « Courage ».

Depuis l’annonce du décès de Célia, les habitants de Sainte-Rose (sa commune de naissance), ses amis étudiants à Fouillole (Université de Guadeloupe) et  du Campus de Jussieu (Paris) sont bouleversés. C’est comme « une injustice, qu’une battante, une jeune femme si entreprenante, si dynamique puisse mourir ainsi ». Ginette Dartron la mère de Célia accepte de parler de sa fille malgré sa grande douleur : « Je suis capable de faire le maximum pour Célia ! ».

Assistante, mère, complice, Ginette partageait les temps forts de Célia. Des périodes difficiles où la jeune guadeloupéenne subissait des soins et opérations lourds, et, des temps de répit qu’elle utilisait pour ses études.

Il y une semaine (lundi 7 mai 2018), Célia confiante, annonçait à sa mère, (qui vit en Guadeloupe), qu’elle était enfin admise à l’hôpital, la jeune guadeloupéenne devait être opérée de la hanche gauche. Les médecins envisageaient de lui poser une prothèse car Célia souffrait d’une polyarthrite et d’une hépatite auto immune. Future médecin, Célia connait la procédure, elle rassure sa maman. Ce lundi, Célia envoie un texto à sa mère Ginette pour lui dire que tout allait bien.

« L’opération s’est bien passée » mais en phase de réveil, « tout se complique » lui explique-t-on au téléphone. Ginette Dartron s’envole pour Paris.

A son arrivée, le choc. Célia Dartron, sa fille, est décédée. Depuis, Ginette Dartron, veille autrement sur Célia.

« Elle parlait trop, elle était vive, Célia était heureuse quand elle était petite ». Malgré la maladie (la drépanocytose), la petite Célia n’a pas son pareil pour courir le vidé, chanter au carnaval, faire la fête avec ses deux sœurs et ses trois frères. Curieuse, « elle cherchait à connaître cette maladie génétique » qu’« elle maîtrisait comme un médecin » s’amuse sa maman.

Jusqu’à 14 ans, les crises douloureuses, la laissent faible mais suffisamment déterminée pour reprendre ses études : « Je veux faire de grandes choses ». Célia avoue à Ginette : « Je  ne veux pas mourir avant d’avoir quarante ans. »

Puis la dégénérescence des organes la freine. Elle espace son temps de travail et l’alterne avec des soins de plus en plus longs, de plus en plus douloureux : « Elle souffrait sûrement, mais elle ne le disait pas, elle s’enfermait quelque fois dans sa chambre ».

En décembre dernier, Célia participe en Guadeloupe, au concours de « Sciences en Pointe », une occasion de faire connaître cette discipline, aux non-initiés. Sa main droite se nécrose, à la limite de l’amputation, Célia Dartron attend une semaine pour se faire soigner en métropole « Célia c’est le courage incarné ! » se rappelle sa mère, Ginette.

Après plusieurs opérations, une pose de prothèse sur la hanche droite, une démarche chaotique, des nécroses à la main, des visites régulières au bloc, Célia récupérait et il ne lui restait plus qu’à soutenir sa thèse, après un an et demi d’arrêt forcé.

A 35 ans, mercredi 9 mai 2018, à Créteil (une banlieue au Sud-Est de Paris), « le conte de fée » de Célia Dartron, s’est arrêté, soupire Ginette. La jeune femme admise en salle de réanimation, ne s’est plus réveillée. Sa mère, entourée de ses nièces, s’occupe de la soigner pour son retour dans sa ville natale.

Une veillée est prévue jeudi 17 mai 2018. Son enterrement se fera le lendemain, vendredi 18 mai. Célia Dartron sera inhumée dans le caveau familial à Sainte-Rose, où elle a grandi. Elle avait « l’espoir de guérir et de donner un peu de bonheur » aux enfants qu’elle adorait et aux gens qui l’entouraient. Sa mère conclut en quatre mots : « Célia, c’était la simplicité ! »

Propos recueillis à Paris par Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
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