Patrimoine : Deux martiniquaises exposent à Paris au Salon des Poupées noires

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Régine Chardon et Hélène Jean-Baptiste sont exposantes au « Salon des Poupées noires ». Une occasion de découvrir ces deux artistes antillaises, soucieuses de transmettre leur savoir et de partager les richesses de leur patrimoine. Elles ont deux démarches différentes, l’une traduit l’ancien et l’autre met en scène l’Afrique et les Antilles d’aujourd’hui dans ses compositions artistiques originales.

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Parmi une douzaine de créatrices invitées à exposer ce samedi, les poupées d’Hélène Jean-Baptiste sont d’une étonnante perfection. Elles sont d’un autre temps, elles traduisent l’évolution de la vie des Antilles, de la période de l’esclavage à l’époque contemporaine. Les costumes anciens se mêlent aux habits traditionnels plus récents. Le résultat est impressionnant.

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Ici, on découvre les Affranchis de Saint-Domingue (les femmes mûlatres), la Signare de Saint-Louis (jeune femme noire ou métisse du Sénégal), la Grand Robe de Martinique (pour les cérémonies), la Gaule créole (tenue d’hôtesse des femmes créoles), la Grand Robe de Martinique et de Guadeloupe.

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Plus actuelle, ce sera la jeune femme en afro et la femme touloulou (femme masquée au carnaval) de Guyane. Pour fermer sa collection, Hélène originaire de la commune du Saint-Esprit, détaille les habits que portaient les femmes en deuil il y encore quelques décennies aux Antilles.

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Une description étonnante où les accessoires, chapeaux et bijoux sont scrupuleusement représentés sur les poupées noires installées tout au fond du Salon « Des poupées noires » qui a ouvert ses portes samedi 3 décembre pour sa cinquième édition.

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Régine Chardon (à gauche), qui partage son stand avec son amie Rita nous emmène différemment vers l’Afrique et les Antilles. Cette mère de famille martiniquaise est liée sentimentalement au Bénin, une culture qui mixte la sienne depuis quelques années. Son approche est plus quotidienne, ses poupées portent des habits de tous les jours fabriqués en récupérant des morceaux de tissus africains. Régine finalise ses poupées avec des éléments qu’elle récupère et qu’elle transforme.

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Cette militante qui refusait de se défriser les cheveux très jeune, a quitté son île à l’âge de 18 ans pour travailler en métropole. Après une Licence d’anglais, Régine Chardon est embauchée à TF1, puis à Pôle emploi. Elle fait un séjour très bref en Martinique revient en métropole et écrit des livres dont « Errance bleue », « Tous à L’Ouest » elle y parle des problèmes d’intégration et de l’immigration vers l’Ouest (l’Occident) et des conséquences sociales et identitaires pour les migrants et leur famille.

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C’est de Sainte-Anne à la Martinique que lui vient cette idée de créer ses poupées. Sa voisine, Béatrice, créatrice lui demande de la conseiller sur les coiffes africaines, nombreuses sur le continent. Avec les techniques de coiffes connues aux antilles, Régine fait des « pointes » et s’améliore. La salariée de Pôle emploi à Sainte-Marie récupère du tissu chez les couturières et se lance dans la fabrication de ses poupées africaines.

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Aujoud’hui Régine une vraie Béninoise, nouvelle recrue au Quay D’orsay, nous explique son attachement à ce pays si loin et si lié à la Martinique, son île natale,

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Régine Chardon (à gauche) qui nomme sa collection « Les Poupées qui me ressemblent » nous dit la nécessité d’identifier les enfants aux poupées noires dès le plus jeune âge. Écoutez-la au micro de Dorothée Audibert-Champenois :

Reportage et Photos:Dorothée Audibert-Champenois/Fbook C’news Actus Dothy