Pierre-Just Marny « un héros local » ?

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Pierre-Just Marny, né à Fort-de-France, le 6 août 1943, mort à Ducos, le 7 août 2011, surnommé « la panthère noire », en raison de son habileté à échapper à la police. Pierre-Just Marny, le détenu de France ayant effectué la plus longue détention. En 2011, il a été retrouvé mort dans sa cellule à la prison de Ducos après 48 années passées derrière les barreaux. Il se serait suicidé.

Voici son histoire :

Pierre-Just Marny, né à Fort-de-France (Martinique) a été condamné à l’âge de 20 ans à 2 ans de prison pour vol, sur dénonciation de ses complices.

En 1963, il est condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis. Il bénéficie d’une permission pour faire une visite à ses parents avant de quitter l’île pour aller dans l’hexagone dans une prison-école. Il saisit l’occasion pour s’enfuir et se mettre à la recherche de ses anciens complices qu’il soupçonne de l’avoir balancé.

En septembre 1965, à sa sortie de prison, Marny prend un fusil et décidé à se venger; il va de Schœlcher à Fort-de-France. Il laisse derrière lui trois morts (dont un enfant de trois ans, tué accidentellement) et quatre blessés.

La police le recherche pendant six jours.

Après avoir été arrêté, Marny s’échappe. Cerné, il finit par se rendre après 9 jours de cavale. Alors qu’il est désarmé et lève les bras, il est criblé de balles par les policiers parce qu’il a refusé, par défi, de se coucher au sol.

Dans le contexte économique et social des années soixante, beaucoup de jeunes Martiniquais défavorisés vont s’identifier à ce rebelle, manifestement victime d’un système jugé injuste, même si c’est un meurtrier.

L’arrestation de Marny créée une émeute dont le bilan est lourd : 1 mort et quarante blessés.

Le magasin de l’épicière qui a dénoncé Marny est mis à sac.

Marny est embarqué dans un avion militaire pour être jugé en France hexagonale où, traité en bête fauve, il est placé en QHS (quartiers de haute sécurité) et mis à l’isolement 23 heures par jour.

A la suite d’une tentative d’évasion et d’une bagarre avec un gardien, Marny est condamné à perpétuite par la cour d’Assises de la Seine sans avoir le droit d’assister à son procès (officiellement pour des raisons de sécurité).

En 1975, Marny, qui demande à être rapatrié en Martinique et se dit victime d’une justice « coloniale », est enfermé dans l’UMD (unité des malades dangereux) de Montfavet, près d’Avignon.

Il y restera 32 ans, confronté à des conditions particulièrement dures.

Ce n’est qu’en 2008, âgé de 65 ans, très diminué, à demi-paralysé et presque aveugle, que Marny est rapatrié dans le centre pénitentiaire de Ducos de Martinique, où il est accueilli en héros. « Les détenus l’ont accueilli triomphalement, scandant bruyamment son nom. (…) A sa descente d’avion, il est apparu, chemise blanche et costume noir, un embonpoint certain, marchant lentement, car presque aveugle. »

Alors que le mouvement s’amplifiait pour la libération du plus vieux détenu de l’histoire de France, Marny a été retrouvé pendu dans sa cellule le 7 août 2011, après avoir purgé 48 ans de prison, battant de loin Latude, emprisonné 35 ans à la Bastille au 18e siècle ou le Masque de Fer (34 ans de détention).

Selon l’administration pénitentiaire, Marny se serait suicidé. Une plainte déposée par la famille n’a pas abouti.

Sources : Une autre histoire


1 commentaires :

  1. paindoux

    « Selon l’administration pénitentiaire, Marny se serait suicidé. Une plainte déposée par la famille n’a pas abouti. » :

    Il est extrêmement rare que l’on gagne un procès contre l’Etat !!

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