Policiers et adjoints de sécurité antillais inquiets, un ADS défiguré est entre la vie et la mort

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Après la violente attaque contre des policiers en service à Viry-Chatillon, le groupe de policiers antillais regroupé dans l’association GPX a décidé de monter au créneau.

Mercredi 18 mai 2016, Paris, Quai de Valmy, aux abords de la place de la Republique. Affrontements sur le quai de Valmy, une voiture de police prise a parti, caillassee, un policier frappe, la voiture incendiee. Rioters attack a police car and burned it during clashes while police forces gather to denounce the almost daily violent clashes at protests against a labor reform, Wednesday, May 18, 2016. //REYNAUDTRISTAN_1433.0010/Credit:Tristan Reynaud/SIPA/1605181510

Fatigué des agressions physiques avec « l’intention de tuer des gardiens de la paix« , l’officier de police Jimmy Terrine, leader et fondateur du GPX a décidé de manifesté publiquement son soutien à ses collègues métropolitains.

Ce matin, dans l’esprit des 500 policiers qui manifestaient sur les champs Elysées hier soir, le policier martiniquais, Jimmy Terrine (ci-dessus), a publié un communiqué pour dire « NON » à la violence. Le GPX demande à l’État plus de moyens et plus de fermeté pour que les policiers et les ADS (Adjoints de Sécurité) travaillent dans des conditions plus acceptable face à une criminalité qui s’agrave.

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Selon des sources policières, samedi 8 octobre, à la cité de la Grande Borne entre la ville de Grigny et Viry-Chatillon (Essone), un commando très organisé et armé a prémédité (selon la police) et lancé une violente attaque contre des policiers en service.

Vers 15 heures, deux voitures de fonction ont été la cible d’un gang composé d’une quinzaine d’individus cagoulés. Après avoir cassé les vitres du premier véhicule, les individus ont jeté des cocktails molotov à l’intérieur de la berline causant de graves brûlures à un adjoint de sécurité de 28 ans. Hospitalisé à Paris, la santé du jeune adjoint de sécurité reste préoccupante, son pronostic vital est engagé et le jeune homme est dans le coma. L’ADS (Adjoint de sécurité) a « perdu l’usage de ses deux mains » et toujours selon les sources policières, « il est défiguré ». Quant à sa collègue âgée de 39 ans, la fonctionnaire blessée sortirait d’hôpital en début de semaine.

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Les policiers du second véhicule, qui n’ont pas fait usage de leurs armes, ont subi des violences moins traumatisantes, cependant ils restent choqués devant la détermination des agresseurs. Les individus cagoulés ont bloqué les portes empêchant les deux agents du premier véhicule de quitter leur voiture qui s’enflammait.

Le Ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a dénoncé cette nouvelle agression, qui « est intolérable ».
Le groupe GPX (policiers d’outre-mer) se dit solidaire de leurs collègues qui manifestent colère et douleur après l’agression d’une « extrême violence » à la Cité de la Grande Borne.

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Selon Jimmy Terrine, cette violence extrême inquiète les jeunes adjoints de Sécurité. Parmi les renforts prévus pour la Guadeloupe (qui bat tous les records de violence sur le plan national),  47 ADS (adjoints de sécurité) sont en cours d’embauche et une trentaine viendrait de la Martinique. Aux Antilles, les ADS sont recrutés  par LADOM (L’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité) dans le cadre des « Emplois jeunes ». Soucieux de se savoir très peu rémunérés et envisageant un statut précaire, les nouveaux enrôlés craignent désormais de subir des violences physiques graves durant l’exercice de leur fonction.

Dorothée Audibert-Champenois/Fbook C’news Actus
PhotoLibération/Alvinett/Onisep