Portrait d’une guadeloupéenne qui accueille et conseille ses compatriotes antillais à Londres

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En  constatant que les communautés créoles qui ont comme base commune le français et sont peu représentées ici au Royaume-Uni, la guadeloupéenne, Nadia Nérom a choisi de consacrer un peu de son temps à les aider, dans cette société anglaise qu’elle voit évoluer depuis plus de vingt ans.

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Son challenge, faire connaître outre-manche et au-delà, les antillais qui réalisent et qui créent des projets, à une heure de Paris et à quelques kilomètres des Antilles. « Tout est pour ceux qu’on appelle les pidgins » reconnaît l’anglaise d’adoption. « Pidgin » un mot qui identifie les communautés des Antilles anglophones mieux « reconnues » ici à Londres. Des antillais de la Caraïbe anglophone déjà initiés au mode de vie anglais de part la langue, la culture et l’éducation commune aux anciens colons ou des îliens sous protectorat britannique. Nadia Nérom nous explique alors, cette envie de se structurer, de prouver « qu’on existe, qu’on veut être pris en compte » martèle la fille du Moule.

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A Londres, le grand Créole Day Festival, c’est elle. Nadia Nérom l’a créé, il existe un fois l’an autour du créole. Mais Nadia Nerom a prévu d’autres projets pour sa communauté et s’investit dans diverses manifestations sociales ou culturelles toute l’année, ce sont entre autres les Afterwork, qu’elle organise une fois par mois. L’occasion de rassembler les antillais et leurs amis « pour discuter, danser, jouer ou tout simplement échanger ». Cette année, « c’est un groupe de lecture qui sera lancé » et via le support internet les rendez-vous seront alors plus réguliers pour toucher un plus grand nombre de personnes.

Avec le Créole Day Festival inauguré en 2014 sous le patronage du groupe Kassav, les After work et les soirées festives, Nadia Nerom précise qu’il y a encore beaucoup à faire pour aider les antillais francophones qui arrivent en Angleterre.

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Pour Nadia Nérom, il ne s’agit pas seulement de compter sur la solidarité entre compatriotes, il faut aussi « s’impliquer » dans la société qui accueille.

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Et la guadeloupéenne prodigue allègrement ses conseils qui s’avèrent très utiles pour les nouveaux arrivants. Tout d’abord, elle leur recommande d’avoir un projet : « la première étape ce sont des cours d’anglais ». L’enseignante est très claire, il faut immédiatement avoir un niveau correct pour être bien intégré au Royaume-Uni, « maîtriser la langue anglaise doit être primordial dans le projet de tout nouveau compatriote ». (Vous l’entendrez en fin d’article).

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Son parcours est enviable. Nadia Nerom a débarqué à Londres en 1988 comme jeune fille au pair puis la jeune guadeloupéenne s’est tournée vers l’enseignement. Aujourd’hui, Nadia qui est née en Grande-Terre en Guadeloupe, entame la dernière partie de sa carrière, dit-elle joyeusement.

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Fière d’avoir enseigner le français aux adultes, elle s’investit professionnellement avec la même intensité pour ses petits collégiens dont elle à la charge depuis quelques années, ce qui ne l’empêche pas d’être sous-directrice dans un établissement éducatif.

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En plus d’être professeur d’anglais et de français, l’antillaise qui vit depuis vingt huit ans à Londres, est une spécialiste pour l’éducation d’enfants difficiles. Nadia Nérom participe à la socialisation des enfants exclus des autres écoles.

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Observatrice depuis deux décennies de la société anglaise, on ne peut alors s’empêcher de l’interroger sur les problèmes inhérents à ses semblables installés ou nouveaux immigrants en Angleterre.

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Selon l’enseignante, ce sont surtout des « problèmes de socialisation » essentiellement qui touchent la population antillaise. Le vote du Brexit « a mis à jour, la question raciale » restée longtemps sous une chape de plomb, « la non-intégration de la population noire » était silencieuse. Nadia Nérom nous l’explique en détail : « Avant il y avait peu de remarques sur la peau noire, mais maintenant c’est devenu courant d’entendre ce genre de réflexion ».

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Au vue des difficultés et des interrogations, l’enseignante anglaise qui n’hésite pas à vêtir le costume de « World Model » se sent l’âme d’une ambassadrice pour les jeunes des Antilles, pour sa communauté en panne de représentation et aujourd’hui perplexe de son avenir au Royaume-Uni.

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Résidant à l’Ouest de Londres elle ne se prive pas d’aller à la rencontre de ses compatriotes. Son prochains rendez-vous : « Le créole Afterwork @ the beach », elle l’a fixé le vendredi 28 octobre, ce sera à Queensway, situé dans une zone de l’Ouest du Grand Londres.

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En attendant, ce BeachComber (Tiki cocktail bar, Zouk, Kompas lovers, animé par le jeune DJ haïtien DJ Christo, DJ Gatress, Nadia n’est pas avare de conseils très utiles et avant de se quitter,

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« La World model », l’une des femmes les plus actives de Londres, envoie un message en créole à tous les locuteurs créoles et particulièrement à ses compatriotes martiniquais et guadeloupéens où qu’ils soient :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus.
Photos Nadia Nérom/Dothy A-Ch.


1 commentaires :

  1. Prince de SAINT-ALBY 1er

    Mercredi 26 Octobre 2016
    J’adresse toutes mes félicitations à cette jeune et belle femme Guadeloupéenne à Londres, pour le travail extraordinaire qu’elle fait en faveur de nos compatriotes, dans ce grand et beau pays qu’est l’Angleterre (…) Dont acte.
    Gros bisous à toi jeune femme et un grand salut à tous nos compatriotes de Londres (sans oublier mon fils qui est là depuis des lustres…) et, à très bientôt !!!
    Le Poète-Artiste (Roi des abdos et de la plume, devant l’Eternel)
    Prince de SAINT-ALBY 1er

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