Pourquoi « Nuit debout » en Martinique

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Ce phénomène spontané citoyen national ne pouvait rester sans écho en Martinique. Bien que notre population ne soit pas coutumière dans la contestation publique collective, il y a eu en son sein des hommes et des femmes conscient-e-s et engagé-e-s qui n’ont pu avoir d’autres choix que de suivre ce mouvement de grogne populaire.

La loi El Khomri, source et point de départ du malaise général, est la traduction d’une mise en place, par le gouvernement, du premier grand recul sur la législation du travail en France depuis des décenies sous prétexte de crise économique. Cette loi est le reflet d’une volonté sournoise, insidieuse, pernicieuse, capable d’étrangler le peuple au profit du patronat. Signal que tout-e citoyen-ne, salarié-e, chômeur-se, étudiant-e, ou retraité-e, ne peut accepter en Martinique comme ailleurs.

Ainsi, certain-e-s d’entre nous, au regard de l’immobilisme insulaire traditionnel, sont sorti-e-s de leur silence via Facebook et ont créé, d’un côté un évènement, et de l’autre une page appelant les Martiniquais à venir rejoindre l’appel national de la mobilisation Nuit Debout. La fusion des deux initiatives s’est opérée très naturellement. Nuit Debout Martinique à Fort-de-France rejoignait les 70 autres villes de l’hexagone. La Place de la Savanne, s’est très vite imposée comme le parfait lieu symbolique pour ce rassemblement.

Des hommes et des femmes, en nombre honorable, tous âges et conditions confondues, ont convergé vers la ville capitale, en ces nuits des 9 et 10 Avril, afin d’exposer les raisons de leurs colères. Les prises de paroles se sont succédées et au fil du temps, chacun-e a pris de l’assurance pour évoquer publiquement les ambitions et les espoirs que suscitent ce mouvement. Et malgré les sensibilités différentes, tous-tes s’accordent pour dire qu’il est temps de faire évoluer une société et une démocratie qui nous échappent, car elles ne correpondent plus à ce que nous voulons vivre et léguer à nos enfants. Ces temps de paroles vont nous permettre d’élaborer et d’établir la « raison d’être » de notre mouvement. Il est important de nous inscrire dans notre spécificité locale différente de Paris ou de Strasbourg. Il est vrai également que l’on soit artisan, artiste, salarié-e, étudiant-e, féministe, ou retraité-e, chacun-e a des visions nuancées quant à la méthode et les moyen d’actions qui serviront notre cause. Si la Loi Travail est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, elle nous ouvre la possibilité et l’occasion de révéler nos désillusions et par là-même, de proposer notre vision d’une société meilleure égalitaire, une vraie démocratie, en somme.

L’éveil des consciences est en marche et la mobilisation des « debout » continue, pour nous rejoindre et apporter votre pierre, rdv sur la page Facebook de la communauté Nuit Debout Martinique …(lien page )

Nou paka Domi ! ansanm annou poté mannèv !

Jocelyne Théotiste

Photo : Free Pawol