Présidentielle 2012 : Nicolas Sarkozy écrit aux outre-mer à J-3

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Nicolas Sarkozy a présenté ses propositions pour les outre-mer portant notamment sur les carburants, la téléphonie mobile ou encore une priorité régionale pour les fonctionnaires, dans des lettres spécifiques à chacun des territoires et aux ultramarins de l’Hexagone.

Douze « lettres » qui sont diffusées par tous les canaux possibles (mailing, tractages, envois postaux) à quatre jours de l’élection ou seulement 3 jours pour certains territoires d’outre-mer qui votent dès samedi (Antilles, Guyane, Polynésie et Saint-Pierre et Miquelon).

Outre le rappel de son bilan, le président-candidat de l’UMP avance des propositions sur des secteurs sensibles pour les ultramarins.

Ainsi sur les carburants — à l’origine du déclenchement de la crise de 2009 en Guyane et de février 2012 à la Réunion — Nicolas Sarkozy propose que « les collectivités locales intéressées puissent entrer au capital des principales entreprises chargées de l’importation et du stockage des carburants » afin de « payer le juste prix ».

Il s’engage aussi, comme il l’avait annoncé lors de sa visite à la Réunion le 4 avril, « à obtenir de l’Union européenne une modification des normes applicables aux DOM » afin de pouvoir acheter moins cher du carburant à des pays voisins du carburant plutôt que de le faire systématiquement venir d’Europe.

Ces négociations pourraient aussi porter sur « la protection des productions locales » et l »octroi de mer » dont le renouvellement doit intervenir, si l’UE est d’accord, en 2014.

Autre secteur symbolique: la téléphonie mobile. M. Sarkozy assure que « deux opérateurs », sans donner leur nom, « viennent de (lui) faire savoir qu’ils sont prêts à lancer, avant le mois de septembre, un forfait à cinq euros pour deux heures de communication entre l’hexagone et les Outre-mer ». Pour le candidat, c’est « un pas intéressant » mais « il faudra aller plus loin (…): que l’on puisse passer un appel vers l’Outre-mer dans les mêmes conditions tarifaires que partout ailleurs en France ».

Le candidat Sarkozy compte aussi « créer une +continuité territoriale familiale+ » pour les ultramarins résidant dans l’Hexagone qui se concrétiserait par une « aide à la prise en charge de leur billet d’avion, dans les mêmes conditions que l’aide qui est apportée aux étudiants d’outre-mer » qui viennent étudier en métropole.

Il souhaite aussi instaurer une « priorité régionale » dans la fonction publique « afin de permettre à ceux qui le souhaitent de pouvoir retourner plus facilement au +pays+ ».

Alors que certains DOM sont mal préparés au vieillissement de leur population et à la prise en charge de la dépendance, M. Sarkozy propose d’expérimenter outre-mer la création d’un « statut de l’aidant » qui pourra être ouvert par exemple à un membre de la famille au chômage qui accepterait de faire de l’aide à domicile une activité professionnelle. Ci-dessous la lettre adressée à la Martinique :

 

« Mes chers compatriotes de Martinique,

Dans quelques jours, vous aurez à choisir la direction que vous souhaitez donner à notre pays pour les cinq années qui viennent en exerçant le plus sacré de vos droits en démocratie : celui de voter. Mon programme pour l’ensemble des Français est connu. Il s’applique, naturellement, en Martinique. Je tiens toutefois à prendre un certain nombre d’engagements complémentaires à votre endroit, car je connais bien les situations spécifiques auxquelles vous êtes parfois confrontés.

Notre monde a bien changé depuis que les Français m’ont fait le grand honneur de m’accorder leur confiance en 2007. Que ce soit sur le plan financier, budgétaire, économique, monétaire, nous avons eu à faire face à une succession de crises sans précédent dans notre histoire. Et je n’oublie pas, ici, la grande crise sociale qui a traversé l’ensemble des Outre-mer en 2009.

Dans cette tourmente, les Français ont souffert. Et, en Martinique, vous avez sans doute ressenti ces crises encore plus fortement que dans l’hexagone. J’en suis conscient. Mais tout au long de ces cinq années, j’ai essayé de vous protéger en donnant le meilleur de moi-même. J’ai vraiment fait de mon mieux, j’y ai mis tout ce que j’ai appris en trente ans de vie publique. Nous avons mieux résisté que les autres pays d’Europe. Certains pays ont mis un genou à terre, d’autres ont été balayés par les crises.

Durant cette période délicate, difficile, nous avons réalisé des choses que personne ne pensait possible. Dans un contexte de maîtrise indispensable de nos finances publiques, nous avons écrit ensemble une page nouvelle de l’histoire de la Martinique.

Ensemble, nous avons donné naissance à la plus grande consultation jamais organisée Outre-mer, les États généraux. Pour la première fois, on écoutait ce que les habitants d’Outre-mer avaient à dire. Pour la première fois, on se disait qu’au fond, vous étiez sans doute les mieux placés pour avoir des idées sur ce que vous vivez au quotidien. Pour la première fois, on a envisagé les Outre-mer comme des départements et des collectivités vivantes, réfléchies, imaginatives. Et cela a été une grande réussite. Lors du premier Conseil interministériel à l’Outre-mer, j’ai décidé la mise en oeuvre de 137 mesures à partir de vos travaux. Aujourd’hui, 80 % d’entre elles sont appliquées. Vous pouvez en être fiers, car ces États généraux, ce sont les vôtres.

Ensemble, nous avons mené une politique de solidarité ambitieuse : nous avons augmenté de 25 % les petites retraites ; nous avons fait un effort sans précédent pour le logement social, avec pour résultat 50 % de logements supplémentaires mis en chantier en outre-mer par rapport à 2007, dont 2 628 en Martinique pour la seule année 2011 ; nous avons permis la formation de 50 % de médecins en plus par rapport à 2007, tout en consacrant plus 90 millions d’euros au financement du CHU de Fort-de-France, et 65 millions d’euros pour la reconstruction de l’hôpital de La Trinité ; nous avons réorienté la continuité territoriale vers les publics les plus modestes : aujourd’hui, ce sont 145 000 jeunes Ultramarins qui peuvent aller suivre une formation dans l’hexagone. Au final, les crédits consacrés par l’État aux outre-mer ont augmenté de 500 millions d’euros sur l’ensemble de mon quinquennat, passant de 12,9 à 13,4 milliards d’euros.

Ensemble, nous avons permis aux Martiniquais de vivre davantage de ce qu’ils produisent, en faisant confiance à nos agriculteurs et à nos entrepreneurs. Nous avons soutenu les produits agricoles traditionnels, je pense tout particulièrement à la canne et à la banane, en défendant avec acharnement leur spécificité au niveau européen. Nous avons aussi consacré 40 millions d’euros à la diversification de ce que vous produisez ici, pour réduire les importations de l’extérieur. Nous avons créé les zones franches globales d’activité pour diminuer considérablement le niveau des charges qui pèsent sur les petites entreprises comme sur les secteurs considérés par vos élus comme stratégiques. Là encore, nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli : on crée aujourd’hui 20 % d’entreprises de plus qu’en 2007 en Outre-mer, et 6 000 emplois nouveaux cette année.

Ensemble, nous avons refait de l’Outre-mer une priorité en matière de sécurité. Lorsque je suis arrivé au Ministère de l’intérieur en 2002, les moyens humains et matériels donnés aux forces de l’ordre pour exercer leur métier Outre-mer étaient indignes. C’était l’héritage de 5 ans de gestion socialiste de ce dossier. La délinquance avait atteint des sommets vertigineux. Depuis près de 10 ans, nous avons remis beaucoup de moyens Outre-mer, dans un contexte de réductions budgétaires en métropole. En 10 ans, en Martinique, la délinquance générale a baissé de 12 %, la délinquance de proximité a chuté de 40 %, les violences physiques crapuleuses ont diminué de 14 %, et les atteintes aux biens sont en repli de 35 %. Je n’ai pas une vision angélique de ce dossier, et je sais qu’il reste encore beaucoup d’efforts à faire pour continuer à faire reculer l’insécurité en Martinique. Mais je ne laisserai personne caricaturer ce que nous avons fait ensemble.

Ensemble, nous avons permis à la Martinique d’adapter l’organisation de ses institutions ainsi que vous le souhaitiez avec la mise en place de la collectivité unique, demandée par 68 % des électeurs. Le 24 janvier 2010, en décidant de la fusion entre le Conseil général et le Conseil régional, la Martinique a été, grâce à vous, au rendez-vous de son histoire.

Je pourrais continuer pendant longtemps la liste de ce que nous avons rendu possible : nous avons donné des responsabilités nouvelles et importantes à la Martinique en matière de coopération internationale en soutenant par exemple son adhésion à la Caricom ; nous avons changé le regard des métropolitains sur la Martinique grâce à l’Année des Outre-mer ; nous avons reconnu les blessures de l’esclavage, rendu hommage aux « dissidents » des Antilles, honoré Aimé Césaire au Panthéon, nommé des personnalités issues d’Outre-mer à des postes de responsabilité de l’État, etc.

Nous pouvons être fiers de ce que nous avons réussi ensemble. C’est sur cette base que nous pourrons continuer à bâtir, dans les cinq ans qui viennent, une Martinique forte dans une France forte. Je connais la puissance des liens qui nous unissent. Vous le savez, j’appartiens à une famille politique qui n’a jamais entretenu la moindre ambiguïté sur le maintien des Outre-mer dans la France. Je ne suis allié à aucun parti indépendantiste, sur aucun de nos départements et aucune de nos collectivités d’Outre-mer. Ce n’est pas le cas, par exemple, du candidat socialiste.

Mes chers compatriotes de Martinique, j’ai beaucoup appris de la crise de 2009. J’ai entendu ceux de nos compatriotes qui disaient : « regardez nos emplois, regardez les prix qui sont pratiqués ici, regardez ce que devient notre jeunesse ». Nous avons fait les États généraux, nous avons pris et appliqué des mesures courageuses, très volontaristes. Et pourtant, ce sentiment d’injustice, voire de frustration, que beaucoup d’entre vous avaient en eux avant la crise, ce sentiment-là n’a pas complètement disparu.

En 2007, j’avais eu l’intuition que le développement endogène était une nécessité pour nos Outre-mer. Cinq ans plus tard, après 12 déplacements Outre-mer, j’ai désormais la certitude qu’il nous faut pousser à fond tous les curseurs en la matière au service de l’emploi, et tout particulièrement de l’emploi des jeunes. Ce sera la priorité absolue de mon prochain quinquennat.

Je propose ainsi que les recrutements de jeunes de moins de 25 ans soient dispensés totalement de charges patronales, quel que soit le secteur d’activité concerné. C’est une mesure inédite, par sa puissance et sa durée. Je la mettrai en oeuvre dès le lendemain de mon élection. Je veux fixer un premier objectif avec les entreprises de 11 000 jeunes recrutés en CDI grâce à cette mesure spécifique aux départements d’Outre-mer.

Dans le même temps, nous allons considérablement augmenter le nombre de jeunes qui recevront une formation. Notre objectif est clair : que plus un jeune ne sorte du système scolaire sans que lui soit proposé une qualification, un stage professionnalisant ou un emploi. Nous utiliserons l’ensemble des moyens à notre disposition : l’Agence pour la mobilité Outre-mer (LADOM), les régiments du Service militaire adapté, l’ouverture de nouveaux CFA pour les porter au moins au niveau de la moyenne nationale, le développement du service civique pour le porter à 7 500 volontaires sur l’Outre-mer. En parallèle, nous continuerons notre politique de contrats aidés pour ceux qui sont les plus éloignés de l’emploi. Je sais bien que ces contrats sont parfois utiles dans une vie, c’est pourquoi j’ai veillé à ce que les Outre-mer bénéficient de 9 à 10 % de l’enveloppe totale de contrats aidés disponibles nationalement.

Je veux aller encore plus loin. Parce que la création d’emplois passe aussi par le dynamisme des secteurs porteurs d’activités nouvelles – je pense au tourisme, à l’industrie agro-alimentaire, aux technologies de l’information et de la communication, aux énergies renouvelables notamment – je propose d’exonérer complètement de charges les entreprises de ces secteurs d’activité pour une durée que nous déterminerons ensemble. Désormais, ce sera zéro charge, avec une contrepartie : la signature de promesses d’embauches avec les fédérations professionnelles. Si les entreprises ne jouent pas le jeu, elles devront rembourser les aides indûment perçues.

Mes chers compatriotes de Martinique, je suis fermement décidé à mobiliser l’ensemble des outils disponibles pour libérer au maximum le potentiel économique extraordinaire qui existe Outre-mer, au service d’une seule chose : l’emploi.

Cela veut dire que, s’agissant de la défiscalisation, nous allons permettre aux services locaux de l’État de doubler leurs capacités d’engagement. Concrètement, tous les projets d’investissement jusqu’à 3 millions d’euros – contre 1,5 millions aujourd’hui – seront instruits localement, et non plus par le bureau des agréments à Paris.

Nous allons faciliter l’accès au crédit des petites et très petites entreprises, notamment pour les prêts compris entre 5 000 et 20 000 euros, que les banques n’accordent que rarement. Pour cela, un fonds dédié sera créé, qui sera géré par la Caisse des dépôts.

Je crois aussi à l’innovation pour la Martinique. C’est pourquoi je propose que chaque département d’Outre-mer choisisse un secteur d’avant-garde sur lequel il souhaite être à la pointe en France et en Europe. Sur ce secteur que vous choisirez, l’État s’engagera à mettre en place des outils juridiques et fiscaux plus incitatifs que ceux de l’hexagone pour permettre aux Outre-mer de devenir des têtes de pont de l’innovation française, européenne et pourquoi pas internationale.

S’agissant de l’emploi, je n’oublie pas qu’une part significative de ceux qui travaillent en Outre-mer relève de la fonction publique. Là aussi, il faut changer totalement la logique dans laquelle on s’était enfermé depuis des années. C’est pourquoi je souhaite proposer l’instauration d’une priorité régionale dans la fonction publique. Je veux que davantage d’Ultramarins accèdent à des responsabilités au sein des services de l’État, pour que la haute fonction publique soit plus représentative de vos territoires. J’ouvrirai donc des concours spécifiques sur chaque département d’Outre-mer lorsque l’État aura besoin de recruter des nouveaux agents, y compris de catégorie A. Tous les postes soumis à concours seront concernés par cette « priorité de première affectation  » : éducation nationale, police, santé, préfecture…

Mais il y a une étape de plus à franchir : je souhaite permettre un retour plus facile des fonctionnaires ultramarins en poste dans l’hexagone au « pays ». Pour cela, je propose que la moitié des postes de fonctionnaires qui doivent être pourvus par mutation le soient par la CAP locale, alors que l’autre moitié continuera à l’être par la CAP nationale.

Mes chers compatriotes, nous devons réinventer notre modèle économique pour le rendre plus générateur d’emplois, mais aussi davantage créateur de pouvoir d’achat.

Le pouvoir d’achat, c’est d’abord le niveau des salaires. À cet égard, vous le savez, j’ai proposé que les salariés payés jusqu’à 1,3 SMIC soient exonérés d’une partie de leurs charges salariales, et voient ainsi leur salaire net se rapprocher de leur salaire brut. Concrètement, cela signifie que les 70 000 salariés concernés par cette mesure Outre-mer percevront l’équivalent de 1 000 euros bruts en plus tous les ans au niveau du Smic. Voici une mesure simple, concrète, et qui pourra être opérationnelle d’ici quelques mois.

Mais je veux aller plus loin en menant une action résolue pour que le niveau des prix en Outre-mer se rapproche de celui de l’hexagone. Je sais que certains sont tentés par la réglementation des prix. Il s’agit certes d’une idée apparemment séduisante. Mais je veux vous dire la vérité : réglementer les prix, c’est en fait garantir les marges et les situations de monopole, et donc entretenir un mauvais système. Ce qu’il faut faire, c’est amener les distributeurs à diminuer leurs marges lorsque celles-ci sont trop élevées. C’est pourquoi j’ai proposé une action forte sur les prix : si les Français me renouvellent leur confiance, nous allons mettre à plat, avec la grande distribution, l’ensemble des prix pratiqués Outre-mer dans les 6 mois qui suivront mon élection. L’Autorité de la concurrence viendra vérifier que les écarts de prix avec la métropole correspondent bien à une réalité, comme l’éloignement, le coût du transport ou les taxes locales, et pas à des marges substantiellement supérieures à ce qui est pratiqué dans l’hexagone.

Si c’est le cas, la grande distribution devra revoir ses marges. Si elle refuse de le faire, alors je donnerai le pouvoir à l’Autorité de la concurrence d’introduire plus de concurrence, c’est-à-dire de permettre l’arrivée d’un nouvel acteur sur le territoire. Concrètement, s’ils refusent de baisser leurs marges, alors il faudra que les acteurs cèdent un ou plusieurs de leurs magasins.

En ce qui concerne les carburants, nous avons beaucoup travaillé pour que le prix réglementé soit transparent. Je crois toutefois à la nécessité, là encore, d’aller plus loin, sans tabou. Le prix doit être fixé de manière transparente, c’est vrai, mais il doit être un prix juste pour le consommateur. C’est pourquoi, je propose que les collectivités locales intéressées puissent entrer au capital des principales entreprises chargées, en outre-mer, de l’importation et du stockage des carburants. Ce sera une garantie supplémentaire pour vous de payer le juste prix. Enfin, la question des normes des carburants doit être examinée : si des pays voisins peuvent offrir un carburant moins cher et dont les caractéristiques sont compatibles avec le parc de véhicules, je souhaite vous puissiez en bénéficier. Et je m’engage, si c’est le souhait des collectivités concernées, à obtenir de l’Union européenne une modification des normes applicables aux départements d’Outre-mer.

De manière générale, je souhaite d’ailleurs que le fonctionnement des institutions européennes soit plus en phase avec la réalité de nos Outre-mer. L’Union européenne est une chance immense pour nous, et apporte son soutien à de nombreuses mesures d’accompagnement social, de dynamisme économique ou d’infrastructures publiques. Mais elle impose encore trop souvent aux Outre-mer les mêmes normes et les mêmes logiques qu’aux territoires d’Europe continentale, dont les problématiques sont parfois différentes. C’est la raison pour laquelle je souhaite négocier avec l’Union européenne l’adoption d’un règlement qui fixe une fois pour toutes les dérogations auxquelles ont droit les Outre-mer en Europe : cela pourrait concerner la protection des productions locales, les normes sur le carburant, ou encore l’octroi de mer.

Je poursuivrai bien sûr mon action résolue dans le domaine de la sécurité, de la lutte contre la petite délinquance du quotidien jusqu’à la répression des grands trafics. La lutte contre l’immigration clandestine continuera également à être au coeur des priorités assignées aux services de l’État. Je veux dire sur ce point mon opposition résolue à l’instauration du droit de vote des étrangers aux élections locales. Ce serait un très mauvais signal envoyé, alors même que nos territoires ultramarins subissent, dans leur zone, une pression migratoire qui peut mettre en péril leur cohésion. Enfin, je serai particulièrement attentif à ce que nous permettions aux personnes qui en ont besoin de vieillir dans de bonnes conditions. Alors que, d’ici 2040, le nombre de personnes de plus de 60 ans devrait atteindre 40 % de la population en Martinique, nous ne nous y sommes pas suffisamment préparés. C’est pourquoi je souhaite créer, à titre expérimental, un « statut de l’aidant » qui pourra être ouvert par exemple à un membre de la famille au chômage qui accepterait de faire de l’aide à domicile une activité professionnelle.

Il comprendrait notamment une formation aux gestes de la vie quotidienne, ouvrirait droit au même avantage fiscal que ceux accordés aux chèques emplois service, et donnerait accès à un diplôme grâce à la validation des acquis de l’expérience. Nous agirions ainsi très concrètement à la fois pour l’emploi et pour maintenir le lien entre les générations, qui me semble indispensable.

Au fond, ce que je vous propose, c’est d’oser croire dans les Outre-mer. C’est de bâtir une Martinique forte et respectée, dans une France forte. La France a la mission de protéger vos territoires contre les soubresauts du monde. Dans le même temps, je veux que vous soyez les premiers acteurs de votre développement.

Je ne suis pas là pour vous dire ce que vous avez à faire, je suis là pour accompagner vos projets car je crois à la richesse de votre département et aux talents des hommes et des femmes qui y vivent. Je suis aussi là pour vous protéger lorsque vous en avez besoin. Je vous ai toujours dit la vérité car c’est ma manière de vous respecter et, pourquoi ne pas le dire, de vous aimer.

Je continuerai à me rendre parmi vous aussi souvent que je le pourrai, comme je l’ai fait au cours de mon premier mandat. C’est le meilleur signe de mon attachement à la Martinique.

Ici, au coeur de la Caraïbe, vous incarnez la fabuleuse promesse de la République, qui permet de faire primer l’histoire sur la géographie, l’appartenance à notre grande Nation sur les milliers de kilomètres qui nous séparent. Vous savez que notre pays s’est construit sur des valeurs qui ont été inventées par de grands penseurs à la fin du xviiie siècle, et qui nous éclairent encore aujourd’hui. Ces valeurs permettent de se savoir français en Martinique comme n’importe où ailleurs sur le territoire.

Vive la Martinique, vive la République, et vive la France ! »

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