Procès du guadeloupéen Yoni Palmier :  » Un soulagement, ressenti, après avoir tiré »

Vues : 2027

Le procès du guadeloupéen se poursuit devant la cour d’assises d’appel de Paris. Un procès édifiant où l’intéressé ne laisse paraître aucune émotion écrivent les journalistes qui assistent aux dernières audiences du mercredi 15 mars.

Ce mardi 14 mars, dès l’ouverture de son procès en appel, Yoni Palmier, le « tueur de l’Essonne », 39 ans aujourd’hui, avouait quatre assassinats pour lesquels il est poursuivi.

Yoni Palmier est jugé, pour le meurtre d’une femme de 35 ans, Nathalie Davids, découverte en novembre 2011 dans un parking de Juvisy-sur-Orge. Il l’aurait tuée d’au moins sept balles.
Le 22 février 2012, toujours sur ce même parking, il aurait abattu un homme de 52 ans, Jean-Yves Bonnerue, d’une balle dans la nuque. Marcel Bruneto, un ancien employé de banque âgé de 81 ans perdait la vie trois semaines plus tard, le 17 mars à Ris-Orangis. Dans une commune proche de Grigny, le 5 avril 2012, Yoni Palmier tuait Nadja Boudjemia, une femme de 48 ans dans le hall de son immeuble.

En avril 2015, Il avait déjà été lourdement condamné lors de son premier procès en instance. , pour ces quatre assassinats, le guadeloupéen avait écopé d’une peine de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Par prudence, la cours d’assises avait jugé qu’il serait placé en « rétention de sûreté », s’il s’avérait qu’il devenait dangereux en fin de peine.

Cour d’appel d’assises, Mercredi 15 mars 2017. Pour ce nouveau procès, alors qu’il reconnait les quatre meurtres, l’accusé ne comprend toujours pas ce qui le motivait à tirer et à tuer. sans doute pensait-il assouvir une envie de se venger de maltraitance antérieure. mais Yoni Palmier s’embrouille dans ses explications.

Tour à tour, Yoni Palmier n’a cessé d’expliquer qu’il était « l’enfant roi dans sa famille recomposée », neuf enfants dont il était le benjamin et de mentionner le fait qu’il était « la Tête de Turc » à l’extérieur. Selon l’antillais, les autres enfants jalousaient ses costumes, lui toujours « bien mis » à l’école.

Quant aux passages à l’acte, il ne les explique pas « J’ai été vexé, énervé d’une succession d’agressions faites sur moi. Je ne sais pas ce qui m’a pris ». Quand le juge insiste pour comprendre l’incompréhensible, Yoni Palmier murmure ressentir du « soulagement après avoir appuyé sur la détente »

Des quelques mots qu’auront prononcé Yoni Palmier durant le début du procès, le prévenu se décrit comme un enfant ayant vécu une grande solitude, devenu adolescent Yoni Palmier vivait « cloîtré » avec ses jeux vidéos. Jeune homme « le tueur de l’Essone » a grandi en ne percevant que ses revenus RSA tout en travaillant illégalement (sans être déclaré).

Selon une expertise psychiatrique, le guadeloupéen, à la personnalité complexe, « qui avait donné des coups de couteau à sa mère en 2004 » serait un « homme égo-centré » qui tue avec un « mode opératoire froid, déterminé, expéditif et sans implication émotionnelle ou pulsionnelle. Une motivation de type tueur en série » conclut le rapport réalisé pendant l’enquête judiciaire.
Quant aux preuves, elles sont accablantes. Les seuls liens entre les crimes sont un pistolet semi-automatique de 7.65 et une moto « bleue et blanche » que des témoins ont aperçu dans les heures qui ont suivi ou précédés les crimes. Des témoins qui ont également dressé le même portrait-robot de l’assassin des quatre meurtres.

C’est Yoni Palmier lui-même qui a indiqué aux enquêteurs où trouver l’arme du crime, dans un box qu’il louait. Une arme qui porte ses seuls ADN. D’autre part, la presse rapporte que l’accusé occupait un emplacement dans le parking où sont mortes les deux premières victimes. Yoni Palmier dit le « tueur de l’Essone » avait résidé près du domicile de la troisième personne assassinée, et l’antillais fréquentait le quartier où le dernier meurtre a été commis.
« Le tueur à la moto » est jugé en appel par la cour d’assises depuis ce mardi matin, le jugement est attendu le vendredi 31 mars prochain.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Photos et source Croquis d’audience/LeParisien/Libération