Racisme : Affaire Chaulet – Augustin, le déroulement l’audience

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Nombreux sont ceux qui, attentifs à la suite judiciaire de l’affaire Chaulet, s’interrogent sur le déroulement de l’audience qui devait juger ce mardi 21 avril, Nicolas Chaulet, pour injures publiques à caractère raciste, détérioration volontaire du bien d’autrui en raison de sa race, vol en raison de la race de la victime, menace de mort en raison de la race de la victime.

Ils n’ont guère trouvé dans la presse de quoi satisfaire leur légitime besoin d’information.

Le matin de l’audience cependant, sur la radio Guadeloupe 1ère, un journaliste imprudent et peu consciencieux, manifestement en service commandé, bien qu’en possession des pièces de la procédure selon ses propres dires, perdait de vue que c’était le procès de Nicolas Chaulet, poursuivi à la fois par le ministère public et la partie civile, pour quatre infractions à caractère raciste, qui allait s’ouvrir ce mardi.

A ce procès régulier et réel, ce journaliste tentait de substituer malhonnêtement le procès d’avocats qui, dans leur rôle, avait d’une part révélé les faits choquants à l’opinion, d’autre part organisé la défense de la victime, Monsieur AUGUSTIN.

L’après-midi a commencé par le spectacle étonnant de l’arrivée du prévenu, qui avait pu accéder en voiture dans l’enceinte du palais de justice, protégé par une cohorte de policiers armés jusqu’aux dents. On aurait cru l’arrivée du président Obama ! De qui ? De quoi fallait-il protéger l’auteur des délits dont le tribunal était saisi ?

Plus modestement, Frédéric AUGUSTIN anonyme et paisible, faisait la queue, pour accéder à la salle d’audience, où il espérait que justice lui soit rendue. Contraste édifiant.

L’audience fut essentiellement une audience de procédure, au cours de laquelle la défense de Nicolas Chaulet s’est enlisée dans une demande confuse de renvoi, à laquelle elle ajoutait deux jeux de conclusions aux fins de nullité des citations à comparaître délivrées au prévenu. La confusion était totale, et d’ailleurs relevée par le ministère public, puisqu’on ne savait plus ce que souhaitait la défense : renvoi au nom de l’ordre public et de la sécurité du prévenu, ou débat sur la validité de la saisine du tribunal ?

La partie civile (Frédéric AUGUSTIN) qui poursuivait trois objectifs clairs, à savoir, faire échec à la demande de renvoi dilatoire présentée par la défense, obtenir la jonction des procédures visant Nicolas CHAULET, obtenir un modeste montant de consignation, s’estime satisfaite.

La demande de renvoi dilatoire, vraie provocation à l’égard de la victime et de l’opinion guadeloupéenne puisque qu’on entendait faire de l’agresseur la victime à protéger, a été écartée par le tribunal.

Le tribunal a procédé à la jonction de toutes les procédures contre Nicolas CHAULET, celles engagées par le procureur de la République (injures à caractère raciste et détérioration volontaire de bien d’autrui à raison de sa race) et celle engagée par la partie civile (injures à caractère raciste et détérioration volontaire de bien d’autrui à raison de sa race, vol à raison de la race de la victime, menace de mort à raison de la race de la victime).

Le tribunal saisi directement par Monsieur AUGUSTIN, conformément à l’article 392-1 du Code de procédure pénale, devait d’abord fixer le montant de la consignation que doit effectuer la partie civile, pour garantir le paiement de l’éventuelle amende civile qui pourrait être prononcée contre elle, si son action était finalement jugée abusive.
Les observations des avocats de Monsieur AUGUSTIN ont été entendues, et le tribunal n’a pas voulu que l’argent soit un obstacle à la justice, et a en conséquence, fixée la consignation à 500 euros.

Le 18 septembre 2015, aura lieu le deuxième temps de la procédure : le débat au fond. Et là…

Harry Nirelep

Phto : google images