Ras Billy est à Paris pour la promotion de son dernier opus « Mi’ Reggae »

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« Mi’ Reggae », ces mots en créole martiniquais, signifient en français , « Voilà, je te présente mon Album, c’est mon reggae ». Le martiniquais, Ras Billy dévoile comme un faire- part, son deuxième album. Cet opus, enregistré dans l’un des plus grands studios au Monde, l’Anchor Recordings Studio à Kingston, en Jamaïque, est fort de douze pépites signées Ras Billy.

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Au centre de Paris, Place de la République, Ras Billy est chez son ami coiffeur, Joseph. C’est son point de chute, son quartier général quand il arrive dans la capitale. Tant pis s’il n’a pas pu rencontrer plus de monde pour la promotion de son deuxième cd, il est prêt à nous parler de ses projets musicaux. Avant tout, il se présente Ras Billy. L’ambiance zen est voulue, senteur qui se diffuse et confort sommaire, tranchent avec l’agitation du quartier. Chaudement habillé, pendentif et énorme bonnet qui retient ses locks, calé dans un vieux fauteuil, il discute, reggae, musique, rasta, environnement. Il est vif, précis et détendu, il sourit parfois, parle tantôt en créole tantôt en français. Il se révèle.

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Ras Billy est un prophète du reggae. Il fait corps avec cette musique qui ne le lâche à aucun moment de la journée. Telle une prière, l’artiste vit le rythme du reggae comme un don à cultiver à chaque instant de son quotidien.
Pour ce « reggae man », vivre et faire de la musique c’est une communion spirituelle.
« Le battement du cœur, c’est comme le son du reggae. C’est ma façon de m’exprimer. Cette musique me touche dans l’âme, je veux la partager, partager cette musique plein d’amour», dixit Ras Billy.

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Chaque création pour Ras Billy est minutieusement travaillée pour que chaque mélodie, chaque note, chaque mot soient parfaits. Ras Billy cultive la perfection, il cisèle le son, il ne voit pas le temps s’écouler, il prend son temps, aime t-il rappeler. « Mi’ Reggae » est sorti dans les bacs depuis 2014, mais faute de distributeur, il se lance dans la jungle cette année, pour mieux faire connaitre son album. Et tout s’explique, entre son premier album (2004) et le second, dix ans sont passés. Il balaie tout ça d’un hochement d’épaule.

Levy est là, proche de lui, c’est presque son double, il lui a apporté son aide pour produire « Mi’ Reggae ». Aussi exigeant que lui, le musicien-arrangeur martiniquais présente à Ras Billy deux pointures jamaicaines, le duo Sly and Robbie, à l’Anchor Recordings Studio de kingston. Un vrai bijou sort de ce studio d’enregistrement, douze titres dans lesquels ont retrouve la signature de Sly Dunbar (drum’s), Kirk Bennet, Dean Fraser (sax), Bongo Herman, George Melbourne.

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Ce monde anglophone, il connaît Ras Billy, son père, originaire de Sainte-Lucie « venait travailler dans les années 50, comme journalier dans la banane à la Martinique ». Français par sa mère et anglais par son père, le jeune Billy, né à Rivière-Salée en Martinique, est à la sauce du reggae encore enfant. Un peu mélancolique de son adolescence, il se rappelle que, le « son reggae était dans notre maison ». Très tôt, il s’imprègne des chansons militantes et revendicatrices des anciens musiciens de reggae de la Jamaïque. Il écoute sur ses cassettes et sur les ondes, les voix de Bob Marley, Bunny Wailers, Peter Tosh, Burning Spear, les Roots Men du reggae jamaïcain. Cette musique comme il dit, « a croisé sa route ». Depuis, son cœur bat au son de ces « Vibes » là !

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Le musicien, Ras Billy, avant de commencer une carrière solo en 2004, a joué au sein de plusieurs groupes de reggae. Il évolue encore dans une petite formation, où ils sont quatre à sillonner les communes de l’île (Martinique). Mais sa priorité c’est de mener aussi haut que possible les albums qu’il produit. Pour l’artiste, il s’agit, d’ inventer, de créer, et d’écrire des titres, de trouver les mots à poser sur ses sons reggae. Il a choisi cette musique, qualifiée par certains de rebelle, pour crier les oppressions, pour dénoncer les injustices et traduire la misère dans laquelle vivent certains hommes et femmes. Le reggae est aussi un bon outil pour toucher le cœur des gens. Il parle de son idole mythique : « Bob Marley disait que cette musique est une musique vivante, qui permet de mieux affronter les conditions de la vie ».

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Les textes de Ras Billy décrivent la vie sociale, les problèmes des jeunes à la Martinique.
Il salue le travail de Saël, jeune chanteur de reggae, qui a réussi à exporter la musique reggae hors de sa Martinique. Comme le benjamin, le rêve de Ras Billy : se faire connaître dans des festivals, en métropole, à l’étranger. Ses sorties artistiques peinent à s’inscrire sur son agenda, mais il reste très actif chez lui, dans la Caraïbe, dans les pianos bars, les prestations amicales, les Festivals régionaux ou locaux. Il lui est arrivé de se produire en France, le Festival de Bourges reste encore un bon souvenir.

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Son ami Levy de Fort-de-France, assis à ses côtés est admiratif, il le regarde et affectueusement, souligne les traits de son vieux copain. Ils se connaissent depuis si longtemps, sans doute depuis le début de son histoire musicale, dans les années 80 : « Ras Billy, c’est un bel être, une belle âme, on s’entend très bien on est complémentaire. Je veux sa réussite et lui donner tous les moyens pour le faire ».
Levy, le Falasha,  se projette plus loin, il parle d’avenir, il souhaiterait que « Billy ait une équipe autour de lui, un agent, un responsable de communication pour assurer la post-production de ses albums ». Comme Ras Billy, il poursuit « l’ambition de tous musiciens, c’est de sortir de l’île, qui est trop petite, on a vite fait le tour en tant qu’artiste». Il regrette que « la quête identitaire privilégie en ce moment le Bèlè au détriment des autres musiques » sur l’île.

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Pour résumer Ras Billy rappelle que la philosophie Rasta, c’est de vivre avec « la conscience divine dans le cœur ». C’est donner une place importante au «  mot respect, dans la vie quotidienne, apprendre à s’aimer, à partager, c’est ce but que tous les hommes doivent atteindre. Si on suit tous ces principes, alors on est un vrai Rasta ».

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Le reggae man, Ras Billy repart bientôt pour son île, la Martinique et c’est son associé Levy qui tentera de poursuivre cette promotion cahotante de « Mi Reggae ». Le vœu, du musicien antillais Ras Billy, c’est faire plus de tournées. Pour poursuivre son rêve, Ras Billy et Levy, exhortent les politiques à « ouvrir des portes » pour que les artistes francophones se produisent dans la Caraïbe et ailleurs. Faire de grands shows, de gros spectacles pour s’ouvrir vraiment à l’international avec ce dernier CD, c’est aussi l’objectif immédiat de Billy. « Mi Reggae » qui tranquillement se positionne dans les programmations musicales grâce à la qualité et au niveau professionnel des titres enregistrés dans ce deuxième album solo, signé Ras Billy. (Dorothée Audibert-Champenois)

Hello Jah – Mi’ Reggae – Souvenir – Spiritually -Sous le Soleil – La vie n’est pas rose – Jah know – Jah me protège –  Ambition – Le Crack -On perd pas la foi – Louer Jah : sont les douze titres du deuxième album de Ras Billy. Ecoutez Ras Billy, le musicien antillais est au micro de Dorothée Audibert-Champenois :