Ronald Cyrille : Avec « Brainstorming » l’artiste peintre nous invite à la rencontre de son univers pictural

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L’artiste peintre Ronald Cyrille est en exposition individuelle jusqu’au 23 août à la Case à Léo, Habitation Clément 9h-18h, sans interruption. Avec « Brainstorming », sa troisième exposition personnelle, il nous invite à la rencontre de son univers pictural.

BRAINSTORMINGS RONALD CYRILLE

Ronald Cyrille aime le dessin depuis son enfance, tout autant que les cartoons vus à la télévision, la fresque de l’église du village à Calibishie, les images pieuses et les photographies du salon de sa grand-mère anglophone à la Dominique. De retour en Guadeloupe à l’âge de neuf ans, il communiquera beaucoup grâce à son trait de crayon avant de se refaire en français, ce qui lui permettra de « parler sans bulles », comme il aime à dire.

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Avec Brainstorming, sa troisième exposition personnelle, il nous invite à la rencontre de son univers pictural :  » oiseaux, chiens, poissons, hommes, jeunes urbains ou protagonistes surréalistes, personnages hybrides aux longs membres, accessoires divers et branches d’arbres ornées de quelques feuilles éparses qui les relient à dame Nature. Ronald Cyrille les met tous en scène sur toile, passe au crible ou à la loupe ses souvenirs et observations avec un humour teinté de références à l’histoire de l’art.

Voici 3 questions posées à Ronald Cyrille :

Tu es un artiste issu du street art, comment et pourquoi fais-tu la passerelle entre le mur et la toile ?

Avant de commencer le street art j’avais déjà une pratique d’intérieur ou atelier si vous voulez, j’étais proche de la culture hip hop caribéenne et internationale. Ce qui a fait que je peignais plus que de graffer c’était aussi dû au coût du matériel (bombe etc.). En 2010 avec deux amis qui ont une pratique plus orientée graff et vandale je me suis jeté sur les murs en ponctuant l’espace avec mes O les mains et les visages en points d’interrogation. Le besoin de visibilité après ma licence et quelques expos collectives m’a fait descendre dans la rue, dans les espaces publics et oubliés. Ça m’a apporté une autre manière de travailler dans l’urgence, de manière rapide et spontanée et dans l’interdit. Les rencontres faites avec des connaisseurs et des personnes lambda m’ont permis d’être identifié et suivi par un large public de ma génération et des autres également.

J’ai été lauréat en 2012 du Prix Jam Session du Conseil Général de la Martinique. Après l’obtention de mon Master II en Arts en 2012, je suis reparti en Guadeloupe préparer ma première exposition personnelle « Contributions » et entre temps j’ai été lauréat du Prix Start en arts visuels (Conseil Général de la Guadeloupe). Il est plus difficile d’amener un morceau mur dans une galerie ou un espace d’art contemporain même si un travail in situ s’y prêterait bien.

Tu as vécu à la Dominique, à la Guadeloupe et à la Martinique, en quoi ces endroits ont-ils influencé ton travail ?

De mes 8 mois jusqu’à mes 9 ans j’ai été élevé par mes grands-parents en Dominique, en anglais et avec de références culturelles tournées vers les USA où presque toute ma famille, sauf ma mère et une tante avait émigré. La Dominique, la nature, mes grands-parents agriculteurs et pêcheurs au village ont développé chez moi un imaginaire riche mais aussi une rêverie d’un ailleurs. La Guadeloupe c’est pour moi une 1ère rencontre avec cet ailleurs, mais ça a été un choc culturel, linguistique, une confrontation avec l’urbanité, le tout dans une famille nombreuse de 9 enfants. Au lycée j’ai fait des études littéraires et artistiques avant de passer le concours d’entrée à L’IRAVM en Martinique 2006.
Ma nouvelle vie d’étudiant en art, mes galères d’étudiant habitant Terres Saint-ville, font que je suis à nouveau coupé des miens, face à des styles différents une scénographie différentes. C’est d’être dans une école d’art, avec des artistes et profs – comme Bruno Pédurand dit IWA qui m’a accompagné et soutenu à mon diplôme – , dans la proximité avec des œuvres d’art et de pouvoir consacrer tout son temps à sa passion, à ses études et à faire un chemin vers une carrière que j’ai été le plus investi tout en restant lucide et en travaillant

-Comment s’effectue le passage entre l’école où tu as été diplômé il y a trois ans et la pratique professionnelle ?

Il s’agissait d’abord d’affirmer mon travail dans un processus sur la durée, là aussi d’intégrer des projets tout en suivant une phase de professionnalisation, de m’entourer de professionnels d’ici et ailleurs, critique d’art avec Nathalie Hainaut, galeriste avec Caryl Ivrisse-Crochemar de l’espace art contemporain 14°N61°W et d’autres. Travailler à sa communication devient nécessaire et se tenir sur la scène des arts plastiques avec Joël Nankin ou Ricardo Ozier-Lafontaine est important pour moi, humainement et artistiquement parlant. Je ne serais pas là non plus sans le soutien indéfectible de ma famille qui est toujours à mes côtés. Je suis bien conscient que les invitations d’autres artistes, le soutien de personnes qui suivent et achètent mon travail et ceux qui m’accompagnent directement ou indirectement, ont fait que de ma première expo solo « Contributions » en 2013 à ce jour, je peux dire que Brainstormings c’est le résultat de la contribution de tous ceux qui ont été là et ont cru en moi et je les en remercie.

Ronald Cyrille est en exposition individuelle jusqu’au 23 août à la Case à Léo, Habitation Clément 9h-18h, sans interruption.


1 commentaires :

  1. paindoux

    Avec ces peintures, nous sommes plongés dans un monde imaginaire, de rêveries, de légendes. J’essaierai d’aller voir cet expo avant la fermeture.
    Bravo à vous et bonne continuation

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