Samantha, la compagne de Suppa a été remise en liberté

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Mise en examen pour le meurtre de son compagnon – le chanteur de bouyon, Lincol Robin alias Suppa, Samantha, âgée de 21 ans, a été remise en liberté sous contrôle judiciaire, ce mercredi 05 juin.

Tout comme de Dominique Panol – mis en examen pour le meurtre de son fils Terence le mois dernier -, la vice-procureur Corine Béal avait requis le placement en détention provisoire. Et comme pour Dominique Panol, le juge des libertés et de la détention (JLD) a décidé d’un placement sous contrôle judiciaire avec différentes obligations et interdictions. Mais ce jeudi 06 juin au matin le chanteur a vu sa liberté conditionnelle lui être retiré, il retournera donc en prison.

Hier, à l’issue du débat contradictoire devant le JLD, Samantha (21 ans), mise en examen pour le meurtre de son compagnon, le chanteur de bouyon Lincol Robin alias Suppa, a été remise en liberté avec l’obligation de pointer une fois par semaine à la gendarmerie et de rester sur la Basse-Terre où elle est scolarisée. Elle a également interdiction d’entrer en contact avec les parents de la victime et de détenir une arme.
Le JLD a pris sa décision au terme d’une heure et demie de débat, après avoir entendu les arguments de la représentante du parquet – la vice-procureur Corine Béal – et des avocats de la mise en cause – Mes Jocelyn Troupé et Patrice Tacita.

La vice-procureur avait requis le placement en détention provisoire de Samantha. D’abord, parce que les investigations n’en sont qu’à leurs débuts. L’autopsie n’a même pas encore été pratiquée (elle a lieu aujourd’hui, NDLR). Ensuite, eu égard au trouble à l’ordre public et aux risques de représailles sur la jeune femme (1). Enfin, parce qu’aux yeux de la représentante du ministère public, les conditions de la légitime défense ne sont pas réunies.

Une légitime défense largement plaidée par les avocats de Samantha qui était, selon eux, victime de violences conjugales (lire ci-dessous). Ils ont mis en avant les garanties de représentation de leur cliente, notamment le fait qu’une parente accepte de l’héberger avec ses deux enfants de 2 et 4 ans sur la Basse-Terre. Des enfants en bas âge qui, par ailleurs, ont besoin de leur maman. Ils ont également mis en avant l’absence d’antécédents judiciaires de la jeune femme. Des arguments qui a priori ont fait mouche.
Mais dès hier soir, comme pour Dominique Panol, la vice-procureur annonçait qu’elle faisait appel de la décision du JLD. La question du placement en détention provisoire de Samantha sera donc réexaminée prochainement devant la chambre de l’instruction, à Basse-Terre. À noter que la décision de cette juridiction concernant le placement ou non en détention provisoire de Dominique Panol est attendue aujourd’hui.

(1) À l’annonce du décès de Suppa, plusieurs messages publiés sur le profil Facebook du chanteur faisaient état de possibles vengeances à l’encontre de Samantha. L’un d’eux mentionnait même des menaces de mort à peine voilées.

Poignardé à mort

Vendredi dernier, Samantha (21 ans) frappait mortellement son compagnon – le chanteur de bouyon Suppa, avec un couteau. Mise en examen dimanche pour meurtre sur conjoint, elle avait été incarcérée provisoirement dans l’attente du débat contradictoire, hier, devant un juge des libertés et de la détention, qui a décidé de son placement sous contrôle judiciaire.

Légitime défense ?

Les avocats de Samantha mettent en avant la légitime défense, contestée par la vice-procureur Corine Béal, pour qui « la riposte n’est pas proportionnelle à l’attaque » . Suppa a priori la menaçait avec un tournevis avec lequel il l’a légèrement blessée à la main (1 jour d’incapacité de travail). Dans la foulée, elle l’a frappé en pleine poitrine avec un couteau.

La version de Samantha

D’après les dires de Samantha, déjà la veille de la mort de Suppa, ils s’étaient disputés. Et puis tard dans la nuit et encore le matin. Quand le drame est survenu, Suppa tenait un tournevis. Il l’aurait tirée par les cheveux pour l’entraîner au sol alors qu’elle tenait sa fillette de 2 ans dans ses bras. Elle aurait réussi à attraper un couteau avec lequel elle a frappé son compagnon. Mortellement. Ses avocats plaident l’acte involontaire.

Mains courantes déposées par Suppa contre Samantha

D’après Me Patrice Tacita, Samantha était victime de violences conjugales. Dans notre édition d’hier, il évoquait des mains courantes. Sauf, objecte la vice-procureur, que « ces mains courantes n’ont pas été déposées par Samantha, mais par Suppa » . Une fois parce qu’elle l’aurait piqué aux fesses devant l’université. Une autre fois parce qu’il aurait pris un coup de casserole sur la tête… La vice-procureur ne dit pas que Samantha n’était pas victime de violences conjugales. Elle dit que « le parquet n’en avait jamais été informé » .

Pour Me Jocelyn Troupé, l’un des avocats de Samantha : « La prison n’est pas un endroit de protection »

« Les risques de représailles sont réels. On a pu observer dans le département une grande tension, notamment chez les jeunes. On ne peut pas faire comme si ça n’existait pas. Cela dit la prison, jusqu’à preuve du contraire, n’est pas un endroit de protection, c’est un endroit d’exception. On ne peut pas se contenter de dire que parce qu’elle est en danger, il faut la mettre en prison. »

Source : guadeloupe.franceantilles.fr