Sekirit’li : une invention martiniquaise qui protège en cas de séismes

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Emmanuel Marie-Luce est l’inventeur et le concepteur du meuble-abri Serikit’li. Derrière ce nom se cache une invention : un lit servant à la sécurité de tous en cas de tremblement de terre, invention adaptable à plusieurs types de meubles. Dans le cadre des Journées Replik, du 7 au 12 novembre 2016, PBK est allé l’interroger.

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People Bo Kay : Comment vous est venue l’idée d’inventer des meubles parasismiques ?

Emmanuel Marie-Luce : Je suis parti d’un constat : c’est que les consignes de sécurité en cas de séismes sont adaptées à des personnes mobiles, car elles utilisent des verbes d’action comme « se mettre, aller, s’éloigner. » Dans notre région à très haut risque sismique, que se passe-t-il dans le cas d’une personne handicapée ou paralysée ? Ou dans le cas où la soudaineté du séisme est telle qu’elle ne permet pas une réaction immédiate ?

Dans un tremblement de terre, c’est d’abord le plafond qui va se cisailler puis s’effondrer en aspirant les murs. Si on bloque l’effondrement de ce plafond, nous sommes en présence d’une poche de survie naturelle. Ma première idée a donc été de créer le lit à vocation parasismique résistant aux charges, résistant aux contreventements. À partir du moment où vous avez un meuble haut, la force de l’impact d’écrasement du plafond est quasiment nulle.

PBK : Comment se présente ce lit parasismique ?

EML : C’est un simple lit à baldaquin avec une structure en acier. À la tête du lit se trouve un coffre pour stocker vos kits de survie, eau et nourriture et, en dessous, un tiroir vous offre un second espace de stockage. Ce lit parasismique se décline aussi en lit pour nouveau-né. De plus, j’ai créé une penderie parasismique, capable d’accueillir six personnes debout. L’étape suivante est l’élaboration d’une salle de confinement, utile dans les immeubles de bureaux, pas plus grande qu’un ascenseur, pour accueillir les personnes fuyant un tremblement de terre.

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PBK : Où en est l’évolution de ce prototype de lit parasismique ?

EML : Aujourd’hui, mon invention est prête à aller en production industrielle. Nous ne pouvons pas faire ça artisanalement, car il faut qu’il y ait une certification de solidité. Mon prototype a été testé par un test d’écrasement à Bordeaux : le lit parasismique a résisté à un poids de 2 tonnes sur un plateau vibrant à une intensité de 8,2 sur l’échelle de Richter. Ces meubles peuvent aussi être habillés, décorés, l’armature en acier n’est que la structure du meuble.

PBK : Quels sont vos projets pour l’avenir de cette invention ?

EML : J’espère mettre en place une usine d’assemblage ici en Martinique. Je lance un appel à la Martinique pour œuvrer ensemble. J’espère que la Collectivité Territoriale de la Martinique puisse s’impliquer dans ce projet. C’est un projet que je porte pour la Martinique et pour les enfants de la Martinique, que j’estime porteur d’emplois et capable d’apporter beaucoup à l’économie du pays.

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Le showroom de Sekirit’li sera ouvert au public du 17 au 19 novembre 2016, de 8h à 18h, Quartier Moulin-à-Vent, au Robert. Plusieurs séismes ont été enregistré en Martinique ces derniers temps, c’est l’occasion de s’informer pour mieux se protéger.

Interview et photos : Mickaël Léonce

 

 


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