« Si j’avais détourné 400 euros d’argent public … »

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Par Raphaël Confiant

« Si j’avais détourné 400 euros d’argent public, il y a longtemps que mon visage serait en Une de France-Antilles et des journaux télévisés de Martinique 1è et d’ATV. Que ma vie serait décortiquée, disséquée, autopsiée même.

Si j’avais 2 rapports accablants de la Cour des comptes sur le dos, il y a longtemps que j’aurais été dénoncé, vilipendé, cloué au pilori par tout ce que la Martinique compte de lanceurs de « coups de gueule » sur les radios.

Si j’avais un rapport du Sénat sur le dos condamnant mes malversations financières, il y a longtemps que j’aurais été crucifié sur Internet, Facebook,Twitter Whatsap par tous les affidés du petit pouvoir local et du grand pouvoir hexagonal.

Si j’avais un rapport de l’IGAENER sur le dos listant avec minutie tous les tripatouillages financiers opérés par moi au profit de mes petits copains et complices, il y a longtemps que le SRPJ m’aurait convoqué et que l’OLAF (FBI européen) m’aurait mis en garde à vue.

Si j’avais été suspendu de mon poste, suite à ces différents rapports, et que j’avais fait appel au Conseil d’Etat qui aurait rejeté ma demande et condamné à une amende pour « procédure abusive », il y a longtemps que journaux, télés, radios, sites-web et consorts m’auraient ridiculisé.

Si j’avais détourné 400 euros d’argent public, il y a longtemps que le Procureur de la République à Fort-de-France m’aurait convoqué, qu’un juge d’instruction aurait été affecté à mon affaire et que j’aurais été mis en examen.

Par contre, quand une bande de voyous détourne 10 millions d’euros d’argent public, que 4 rapports émanant de la Cour des comptes, du Sénat et de l’IGAENER lerur pèsent sur le dos, dans cette colonie qu’est la Martinique, ils peuvent continuer à se pavaner tranquillement au vu et au su de tous.

Mais, je n’ai pas détourné 1 euro, 1 seul euro d’argent public. Je n’ai sur le dos ni rapport de la Cour des comptes ni du Sénat ni de l’IGAENER et c’est moi qui me suis rendu de mon propre chef au bureau du Procureur de la République pour exiger d’être entendu. C’est moi qui me suis rendu aussi au siège du SRPJ pour exiger d’être entendu. Pourquoi ? Parce que jusqu’à preuve du contraire la Martinique est un territoire sous tutelle française et que l’Etat français a l’obligation d’y faire respecter la loi. Ses propres lois !

Ce qu’il se garde bien de faire s’agissant des voyous du CEREGMIA.

Je prends acte de cette infamie, tout comme la population martiniquaise qui n’est aucunement dupe, et j’avertis les voyous qu’il n’y aura ni cessez-le-feu ni trêve ni calumet de la paix ni armistice. »