SOS Racisme exclu d’un procès pour discrimination raciale‏ contre un steward noir d’Air France

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Ce lundi 10 décembre 2012, à 13h30, SOS Racisme aux côtés de M. TRAORE se rendait à l’audience tant attendue auprès du Conseil des Prud’hommes de Bobigny qui nous opposait à la société AIR France.

En effet, M. TRAORE, steward dans cette compagnie depuis près de 15 ans s’est  vu refusé le droit d’exercer son métier à de nombreuses reprises depuis Janvier 2012.

Il est alors soumis à de nombreuses sanctions : mises à pieds disciplinaire, refus d’accès à bord de l’avion, etc. La raison de cette obstination de la société Air France, toute proche du harcèlement moral ? La coiffure de M. TRAORE… Car M. TRAORE est un salarié travaillant avec gout et professionnalisme son seul défaut semble alors être sa nature de cheveux crépus.

En effet, l’employeur outre la tenue de ses salariés réglemente aussi dans un « référentiel » la coiffure de ces derniers. Elle devait être « classique gardant un aspect naturel », après la délibération de la HALDE elle doit aujourd’hui être « homogène ». Mais ces termes, aussi large qu’imprécis, ne prennent pas en compte les tresses collées et soignées de M. TRAORE. Seules les femmes noires peuvent porter des « tresses africaines retenues en chignon ». Lorsqu’on lui refuse pour la énième fois l’accès à bord, il demande ce qu’il doit faire, s’il doit se raser, mais n’obtient aucune réponse.

Outre le fait qu’une telle différence de traitement pourrait constituer une discrimination fondée sur le sexe, ce « référentiel » engendre également un traitement différent en raison de l’apparence physique des salariés, de leur nature de cheveux et donc de leurs origines.

C’est à ce titre que SOS Racisme souhaitait agir aux côtés de M. TRAORE en tant qu’intervenant volontaire. Mais la société AIR France, instrumentalisant la présence de l’association, demande alors le renvoi, comme de coutume lorsque l’on souhaite user la partie adverse. Le Conseil des Prud’hommes, plutôt que de refuser cette demande illégitime de renvoi, propose alors deux possibilités :

-plaider le jour même sans SOS Racisme

-plaider en juin 2013 avec notre association.

Abasourdis par ce qui n’est autre qu’un chantage, nous décidons alors, dans l’intérêt de M. TRAORE qui avait déjà attendu trop longtemps, de suspendre notre intervention volontaire à ses côtés.

Notre exclusion de la procédure de M. TRAORE nous est insupportable.

Outre le fait que nous ferons part de cette « anomalie procédurale » aux autorités compétentes, nous poursuivrons notre engagement aux côtés de M. TRAORE et nous l’accompagnerons avec plus de force encore, jusqu’à ce que justice soit rendue.

source : sosracismediscri.wordpress.com


1 commentaires :

  1. blackhand

    Ce qui est dommage et ridicule que même aux Antilles on refuserait les locks représentant le peuple afro…Donc est-ce du racisme ou parfois l’incompréhension de nos compatriotes mettant le doigt sur des détails que les autres peuples ne perçoivent pas jusqu’à leur intervention

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