Témoignage : Cauchemar au commissariat !

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Ce week-end (22 octobre), les policiers martiniquais ont suivi le même chemin que leurs collègues des grandes villes de France. Ils étaient une vingtaine de policiers à passer la nuit de samedi dernier à dimanche dernier devant le Palais de Justice de Fort-de-France.

Il s’agissait de la première nuit debout des policiers martiniquais. Ils étaient tous présents et représentaient l’effectif de nuit pour Le Lamentin et Fort-de-France. Un nombre qui parait insignifiant quand on voit le territoire à couvrir. Une façon pour eux de dénoncer un mal être et des conditions de travail qui ne sont plus acceptables. L’un d’eux livre son témoignage sur notre site :

« Je pense que nos supérieurs devraient plus se soucier des effectifs et du matériel dont nous disposons. Car les meilleurs véhicules, ils les ont juste pour rentrer chez eux alors que nous nous en avons besoin pour patrouiller et assurer la sécurité des citoyens de notre agglomération.

Les effectifs ne peuvent pas assurer toutes les missions : manque de véhicules et de personnes. Certains sont rappelés sur leurs repos ou se voient refuser des congés.

La ville du Lamentin c’est pire il y a certains jours où on se retrouve avec une patrouille pour toutes les missions ! Et le Lamentin est aussi grand que Fort-de-France. Donc s’il y a un accident et un braquage, bah ça sera difficile pour eux d’être sur les deux en même temps.

C’est Fort-de-France qui va sur certaines missions pour assurer la tranquillité des administrés du Lamentin et il ne faut pas à ce moment qu’il y ait un incident sur Fort-de-France.

Il faut plus de collègues afin que les patrouilles ne soient plus composées d’adjoints de sécurité, emplois jeune payés au rabais pour faire le même boulot que nous. Les adjoints de sécurité sont sur le terrain et manquent de professionnalisme. Ils ne sont pas forcément formés pour certaines missions.

Ils voient des choses qu’ils ne devraient pas voir et cela entraîne certains dérapages pour certains comme des vols etc… ou des opérations qui capotent parce qu’ils diffusent des informations importantes sur certaines enquêtes en cours.

Voilà notre quotidien : collègues au bord de la dépression, fatigués, pas formés car pas assez nombreux pour aller suivre certaines formations. Sans compter de la sécurité des collègues par rapport aux portes du commissariat qui ne ferme pas bien vol et dégradation de nos véhicules, des vols de motos saisies dans l’enceinte du commissariat au Lamentin et voilà. Au commissariat de Fort-de-France, il y a eu des dégradations de véhicules et les portes sont hors-service. »

A.G / Photo d’illustration @DR