Thierry Dol porte plainte contre l’Etat et Areva

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Enlevé par Aqmi en 2010 au Niger, Thierry Dol a décidé de sortir de son silence, deux après sa libération. Il a annoncé qu’il allait porter plainte contre son ex-employeur et l’Etat pour mise en danger d’autrui et non-assistance à personne en danger.

Il aura fallu deux ans à Thierry Dol pour agir. Après sa libération, l’ex-otage s’était muré dans le silence et s’était fait discret. Aujourd’hui il annonce qu’il va déposer deux plaintes contre Areva et l’Etat français pour mise en danger d’autrui et non-assistance à personne en danger. Il souhaite connaître toute la vérité sur les conditions toujours méconnues de sa libération et de son enlèvement par Aqmi (Al-Qaeda au Maghreb islamique), le 16 septembre 2010.

Profondément marqué par les 1139 jours de détention passés avec le groupe jihadiste, Thierry Dol estime que son ex-employeur n’a pas suffisamment mesuré les risques encourus par son personnel.

« Les derniers jours, la menace était telle que j’étais persuadé qu’Areva allait nous évacuer. Au moment de notre enlèvement, des investisseurs chinois étaient présents. Leur sécurité a-t-elle primée sur la nôtre ? Je veux que toute la lumière soit faite. Aujourd’hui encore, j’ignore encore s’il y a eu rançon, si oui combien, les intermédiaires éventuels, les autres contreparties », explique l’ex-otage dans un entretien accordé au Parisien.

Thierry Dol veut également comprendre pourquoi sa libération a été si longue, trois longues années. Pour l’avocat de Thierry Dol, Me Alex Ursulet, les ex-otages d’Arlit ont été délaissés.

« Il y a une nébuleuse dans la gestion de cette affaire, alors que les services secrets français savaient exactement où étaient les otages. Ils ont été abandonnés. Thierry est en pleine reconstruction et ce qui empêche cette reconstruction, c’est qu’il n’a pas de réponse aux questions qu’il se pose. Un otage a besoin de toute la vérité », explique-t-il au micro de RTL.

Thierry Dol espère que ses deux plaintes lui permettront également d’obtenir une meilleure indemnisation. Actuellement, le fonds de garantie lui propose 26 euros par jour de détention soit 29 614 euros. Une somme jugée dérisoire en comparaison aux souffrances endurées durant sa période d’otage au Niger.

A.G