Traiter un coiffeur de « PD » n’est pas une insulte homophobe pour les Prud’hommes


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C’est la surprenante décision rendue par le conseil des prud’hommes de Paris en janvier dernier. Il estime que traiter un coiffeur de PD n’est pas une insulte homophobe. La cour avait été saisie par un employé licencié par un salon de coiffure.

« Je ne le garde pas. Je ne le sens pas ce mec. C’est un PD, ils font tous des coups de putes ». C’est le SMS reçu par erreur par un coiffeur de la région parisienne. En effet ce SMS ne lui était pas destiné, mais parlait bien de lui. Un message envoyé par sa patronne. Le jeune homme était absent pour raison médicale. Il venait néanmoins de signer un CDI avec période d’essai de deux mois. Le lendemain son employeur lui notifie à l’oral la rupture de sa période d’essai en lui reprochant cette journée d’absence.

Le jeune homme fait très vite le lien entre le SMS et son licenciement. Sentant anguille sous roche l’employé licencié saisit le Défenseur des droits. Ce dernier souligne que cette rupture de contrat est une discrimination liée à l’orientation sexuelle et/ou à l’état de santé. Pourtant le juge des Prud’hommes n’a pas eu le même raisonnement. Même s’il a condamné l’employeur a versé 5000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral. Il ne reconnait pas le terme PD comme une insulte.

« En se plaçant dans le contexte du milieu de la coiffure, il (le mot PD) ne peut être retenu comme propos homophobe, car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela ne pose de problèmes », a écrit le magistrat dans son jugement. Une décision qui a révolté un grand nombre de personnes et qui a agité les réseaux sociaux.

Le coiffeur a fait appel de ce jugement selon le Défenseur des droits qui reprendra une décision d’observation devant la cour d’appel en n’oubliant pas de faire des commentaires sur le libellé du jugement. La ministre du Travail, Myriam El Khomri, s’est dite choquée. Elle trouve cela profondément scandaleux.

A.G