« Tropiques-Atrium ou le centre des conflits d’intérêts ? »

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Par Aimée AGAT Président du Syndicat des Artistes de Martinique

« Il est nécessaire de citer ici, assez longuement, le chroniqueur Roland Sabra, auteur d’un article paru dans Madinin’art le 24 mars 2016, intitulé « Christiane Emmanuel, présidente de Tropiques-Atrium », et sous-titré « Deux crocodiles mâles dans le même marigot… » :

« C’est à l’unanimité que Christiane Emmanuel a été nommée Présidente de Tropiques-Atrium. Les élu(e)s de Gran sanblè pou ba péyi-a an chans, les représentants de l’Etat ont voté comme un seul homme pour la chorégraphe et directrice de la Compagnie Christiane Emmanuel. Son spectacle « Choc(s) », une reprise d’un travail déjà présenté en 2010 au T.A.C. avait ouvert la saison 2015-2016 de Tropiques-Atrium. Désormais deux créateurs se trouvent en responsabilité à la tête de de la structure qui a tout juste un an d’existence. Est-ce raisonnable ?

[…] Raphaël Séminor son prédécesseur dans la fonction de président avait eu la sagesse de s’abstenir d’intervenir sur la programmation qui relève de la responsabilité du Directeur de la Scène nationale. Dans sa première déclaration à la presse la nouvelle présidente parle « d’élargir les champs de proposition dans différentes disciplines ». Faut-il voir là un attrait pour le fruit interdit ? Peut-on raisonnablement demander à une créatrice de la trempe de Christiane Emmanuel de s’abstenir de tout regard, de toute intervention dans un domaine qui lui tient particulièrement à cœur ?

Par ailleurs ne se pose-t-il pas le problème de la compatibilité de ses fonctions de Directrice d’une compagnie artistique proposant à la Scène nationale de Martinique d’acheter ses spectacles et ses fonctions de présidente de ladite structure ? Hassane Kassi Kouyaté en tant que metteur en scène avait anticipé et résolu la difficulté en faisant préciser dans son contrat d’embauche que ses créations en tant qu’artiste dans le cadre de Tropiques-Atrium ne supporteraient aucune rémunération de la part de la structure. Même si juridiquement une armée d’avocats soutenait qu’il n’y a pas d’incompatibilité, que légalement la Compagnie Christiane Emmanuel peut recevoir de l’argent de la part de Tropiques-Atrium présidé par Christiane Emmnanuel, moralement, éthiquement n’y-a-t-il pas là encore lieu de s’interroger ?

De très bons connaisseurs de feu le CMAC estiment qu’il y a là risque de conflit d’intérêts, pour l’avoir évoqué avec la nouvelle présidente, ils rapportent que dans ce cas la Présidente privilégierait sa mission politique. Comme l’écrit France-Antilles dans l’article « Un tandem de créateurs à la tête de Tropiques-Atrium » du 24-03-2016. « Attendons la suite »…

Le chroniqueur Roland Sabra posait dès lors la question de la suite…

La suite ne se dessine-t-elle pas maintenant ? L’Atrium ne serait-il pas devenu le centre de conflits d’intérêts multiples. Une sorte d’affaire Fillon à plusieurs têtes ?
N’avons-nous pas en la personne de Monsieur Kouyaté un directeur qui profite de son contrat de suprématie pour faire renter sa famille, ou nous refourguer des spectacles créés il y a des années, avec des acteurs qui ne sont pas d’ici ? La femme de monsieur Kouyaté est-elle la costumière occasionnelle de l’Atrium ? N’avons-nous pas un sous-directeur, Bernard Lagier, chauffeur du directeur, qui se voit promotionné en tant qu’auteur par une mise en scène dudit directeur ? Un sous-directeur qui, à l’occasion, devient aussi metteur en scène ?

Et la Dac Martinique et la CTM, trouvent-ils ce mélange des genres (ou « manger cochon », selon la sagesse populaire) légal et moral ? Puisque tout est sur internet cela doit être normal ?
Enfin, notre élu à toutes les commissions culture qui n’a jamais autant voyagé avec sa compagnie « Christiane Emmanuel », qui n’a jamais autant eu d’activité pour son lieu « La Maison rouge » domiciliée chez maman, et qui fait des appels à résidence, tous artistes confondus… de la danse. Et qui assure aujourd’hui des cours de théâtre à la Maison Rouge ?
Toutes ces questions, font écho à d’autres questions bien sûr. Pourquoi Christiane a laissé tomber Hervé ? Les Emmanuel et Deluge ne luttent-ils pas ensemble depuis des années pour le respect et la liberté des artistes martiniquais ? La DAC Martinique est-elle devenue plus généreuse avec la Maison Rouge et avec la compagnie Christiane Emmanuel ?

Les conflits d’intérêts, générés par le système ou par le meneur du jeu, Sieur Hassan Kassi Kouyaté, n’ont-ils pas fait de nos acteurs de la politique culturelle des pantins désormais obligés de justifier l’injustifiable ? Personne ne se pose la question de l’échec de ce fameux chapiteau proposé par la DAC et L’Atrium, visiblement déjà à l’arrêt ? Personne ne se pose la question de nos artistes qui pour survivre se voient devenir des « boys » de l’Atrium ? A l’image de notre sous-directeur martiniquais qui est le chauffeur du désormais Roi de la république bananière de l’Atrium ?

« Attendons la suite … ? »

Aimée AGAT Président du SADM »


1 commentaires :

  1. Jose

    La Martinique compte tenu de la complexité de la réglementation française ,de l’étroitesse du territoire et des relations familiales et de copinage des uns et des autres est le lieu idéal pour l’apparition de conflits d’intérêts ou le soupçon de la mauvaise foi est une constante.Untel met un proche parent allié ou ami à la tête d’une institution qui va bénéficier de subventions publiques,un autre est vice président d’une assemblée qui distribue des subventions à tout une partie de l’économie entrepreneuriale du pays tout en ayant des intérêts privés dans ce secteur,tel autre est president(e)d’un organisme de tutelle placé sous son autorité tout en possédant une entreprise privee dans le même domaine…….etc.L’honnetete intellectuelle n’étant pas inscrite sur le front de quiconque il convient,en matière de responsabilité publique de s’en référer à la stricte légalité républicaine notamment en matière de recrutement ou de nomination fonctionnelle……………….et les vaches seront bien gardées.

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