Un martiniquais traine paypal en justice et réclame 960 millions d’euros

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C’est une affaire peu commune qui se présente devant le Tribunal de grande instance de Paris ce jeudi, 3e chambre, 2e section. Peu commune du fait du montant demandé par l’accusation à l’accusé: 960 millions d’euros. Peu commune du fait de l’identité de l’accusation et de l’accusé.

José Montet est un informaticien de 48 ans, originaire de la Martinique. Il a décidé de traîner en justice le géant du commerce en ligne eBay, et plus précisément sa filiale PayPal, pour avoir utiliser sans contrepartie un système de sécurisation des paiements qu’il aurait lui-même créé et déposé.

L’informaticien affirme avoir mis au point il y a douze ans un procédé permettant de lier numéro de carte bancaire et adresse e-mail. « Après avoir contacté plusieurs sociétés et fait plusieurs démonstrations de ce système informatique, j’ai déposé le système à l’Agence française de protection des programmes (APP) le 31 août 2000 », explique-t-il au HuffingtonPost. Intitulée « secret mail », la trouvaille est également enregistrée auprès de l’organisme américain de protection des programmes.

José Montet espère monétiser le procédé, mais peine à trouver des investisseurs. « J’avais déjà dépensé beaucoup d’énergie et, entre-temps, j’ai eu des problèmes personnels qui m’ont poussé à laisser tout cela en stand-by », précise-t-il au Huffington Post. Ce n’est qu’en 2007, qu’il comprend que l’idée à profiter à d’autres.

Assisté d’un avocat, l’informaticien demande à PayPal d’apporter des preuves de l’antériorité de son système, mais, selon lui, l’entreprise n’a « jamais pu fournir d’informations valables ». La société assure pourtant sur son site Internet que le procédé de paiement par e-mails qu’elle a développé date de 1999. « Cela a pu être modifié », estime José Montet.

Le Martiniquais réclame donc la coquette somme de 960 millions d’euros à la compagnie américaine. Un montant qu’il juge « dérisoire », par rapport aux bénéfices réalisés par eBay et PayPal. Pour l’encaisser, José Montet doit encore prouver qu’il a été le premier à déposer l’idée et que ceux qu’il accuse de « contrefaçon » et « violation des droits d’auteurs » utilisent bien son système.

EBay et Paypal ont fait savoir qu’ils réservaient leurs réactions pour l’audience. « L’affaire pourrait faire pschitt si le juge estime qu’il n’est pas nécessaire qu’un expert compare le programme de José Montet et celui utilisé par PayPal ou s’il est prouvé directement que Paypal liait compte mail et coordonnées bancaires avant le 31 août 2000 », conclut le HuffingtonPost.

Le tribunal rendra son délibéré le 8 février 2013.

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