Une jeune chercheuse guadeloupéenne récompensée au Canada

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Pamela-Obertan

La revue Études internationales remet le prix Paul-Painchaud 2015 à Paméla Obertan, une jeune chercheuse Guadeloupéenne. Passionnée par la recherche et l’international, elle a réalisé une cotutelle internationale de thèse entre l’UQAM (doctorat en droit) et l’université des Antilles et de la Guyane (doctorat en science politique).

La jeune chercheuse guadeloupéenne Paméla Obertan remporte le Prix Paul-Painchaud 2015 pour son article publié en septembre 2014 dans la revue Études internationales : « Gagner de l’influence dans une négociation asymétrique. Le cas de la coalition de PVD au Conseil des ADPIC de l’OMC ».

Résumé de l’article : Dans une institution internationale comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) où les relations sont fortement asymétriques, les pays les plus faibles sont structurellement défavorisés. Toutefois, ils peuvent combattre cette tendance en formant des coalitions, comme le suggère la littérature théorique. C’est cette voie qu’ont choisie à l’OMC de nombreux pays en voie de développement. Avec le temps, leurs coalitions sont devenues beaucoup plus efficaces pour contrer les prétentions des pays plus puissants à durcir la réglementation sur les brevets. La coalition de pays en voie de développement qui s’est mobilisée autour des questions de propriété intellectuelle et de biopiraterie a obtenu un certain succès, lequel peut s’expliquer par le choix d’une forme combinant solidité et souplesse.

D’après le comité de sélection, le texte de Paméla Obertan se distingue par son originalité, sa combinaison réussie entre théorie et empirie et par son analyse rigoureuse ; de plus, l’article contribue très nettement au champ des Relations internationales et il est prometteur quant aux retombées vers d’autres recherches.

Notice biographique : Paméla a fait des études de droit en France et en Espagne. Après avoir décroché sa maîtrise en droit européen à l’université de Paris XII, elle a effectué une maîtrise en droit international à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Passionnée par la recherche et l’international, elle a réalisé une cotutelle internationale de thèse entre l’UQAM (doctorat en droit) et l’université des Antilles et de la Guyane (doctorat en science politique). Elle a obtenu au terme de ce parcours un double doctorat couronné de la mention très honorable avec les félicitations du jury. Sa thèse a porté sur les stratégies de contestation des pays en voie de développement face à l’universalisation du brevet sur le vivant. Elle a déjà publié un livre intitulé « Le brevet sur le vivant : une menace pour les peuples autochtones? ». Elle a enseigné des cours de bioéthique, de science politique à l’université des Antilles et de la Guyane ainsi qu’un cours en droit international de l’environnement à l’UQAM. Elle a aussi enseigné en République dominicaine un cours sur le changement climatique dans la Caraïbe.

Interpellée par certains problèmes sociaux comme la crise alimentaire, les changements climatiques, les effets des OGM et du brevet dans le monde agricole, la souveraineté alimentaire elle s’est jointe à la lutte que mènent plusieurs mouvements sociaux. C’est dans ce cadre qu’elle a donné plusieurs conférences publiques en Guadeloupe et au Canada sur ces sujets. Elle a également écrit des articles de vulgarisation sur ces thématiques. Membre du centre de recherche sur les pouvoirs locaux dans la Caraïbe, ses recherches portent actuellement sur la biodiversité des Outre-mer françaises et le changement climatique dans la zone Caraïbe.

Sources : fspd.uqam.ca


1 commentaires :

  1. valery djondo

    Paméla Obertan un bel exemple de mobilité internationale et d’expertise juridique appliquée à la défense des intérêts des petits peuples.
    Le Droit et l’argent sont les principaux contrepouvoirs devant les tentatives de privatisation des ressources communes. Savez vous que les lobby Français tentent d’interdire aux entreprises antillaises de commercialiser les molécules naturelles à venir, trouvée dans les bois, les jardins, la mer ? Une loi à été examinée réservant cette exploitation aux seules entreprises pouvant prouver être en possession d’une fortune.

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