Une jeune stagiaire martiniquaise filmée nue sous la douche par un officier de lʼarmée

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«Le sergent a reconnu les faits… La stagiaire n’est pas reconnue comme victime».

Révélée par Metronews, l’affaire fait grand bruit dans les médias. Une jeune femme martiniquaise de 25 ans en formation d’agent de restauration au centre militaire de formation de Fontenay Le Comte en Vendée a été contrainte de démissionner après avoir porté plainte contre un sergent qui l’avait filmée nue sous sa douche, à son insu.

Son avocat rapporte que les faits se sont déroulés le soir de la qualification de l’équipe de France de football pour la coupe du monde au Brésil.
Maitre Jacques Delacharlerie, l’avocat de la jeune femme explique qu’à la caserne, les dortoirs sont mixtes, et le sergent, ayant consommé de lʼalcool a tout simplement passé son téléphone portable entre le bas de la cabine de douche et le sol pour filmer la victime.

Les représailles ne tardent pas

Après avoir déposé plainte, les représailles n’ont pas tardé. Dans l’ordonnance du tribunal administratif, la jeune femme affirme «quʼil lui a été demandé de présenter une demande de résiliation de son contrat selon un modèle fourni, sous la menace d’être considérée comme en situation de désertion». Le texte poursuit en disant, «A croire que c’était moi qui étais coupable de quelque chose. Je n’ai senti à aucun moment que j’étais soutenue».

Elle déclare également avoir été convoquée le 20 novembre 2013 dans le bureau du colonel qui lui a dit : «Pour vous, c’est terminé, pour le bien être de la formation, des élèves, des formateurs».

Une démission suspendue par le tribunal, mais ce n’est pas fini

Maître Delacharllerie annonce que le tribunal administratif de Nantes, saisi par la stagiaire le 7 février, a suspendu la résiliation de son contrat. C’est une décision provisoire, insiste-t-il, l’affaire devra être jugée sur le fond par cette même instance.

Un coup dur pour Jean-Yves Le Dréan, qui a annoncé récemment sa volonté de rompre la loi du silence qui subsiste dans l’armée. Dans sa déclaration, le ministre de la défense soulignait que le harcèlement, les agressions et violences faites aux femmes militaires étaient des agissements inacceptables.

Depuis qu’elle a obtenu gain de cause devant la justice, elle souhaitait retrouver sa place au sein de l’armée, mais elle avoue sa «peur» de retrouver cet environnement.