Une loi pour interdire les produits trop sucrés en Outre-mer

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[Mise à jour le 28 mars 2013]

Les députés ont adopté ce mercredi 27 mars l’alignement des taux de sucre ajouté dans les produits vendus en outremer sur ceux de l’hexagone, ainsi que leurs dates de péremption. Actuellement, sodas et yaourts contiennent jusqu’à 50% de sucre en plus.

« C’est une inégalité flagrante entre les consommateurs » avait lancé la rapporteur de la proposition de loi, la députée Hélène Vainqueur-Christophe.

Et la conséquence a été immédiate : une épidémie d’obésité supérieure à celle qui affecte la métropole.

Selon le rapport de la député guadeloupéenne, qui fait référence à deux études :

– plus d’un adulte sur deux est en surpoids en outremer, contre 32% dans l’hexagone,
– avec une prévalence de l’obésité à hauteur de 23% en outremer, contre 16,9% dans l’hexagone

Pour les enfants, les chiffres sont pires : 9% sont obèses en Outremer contre 3,5% dans l’hexagone.

Il faut savoir qu’actuellement, sodas et yaourts vendus dans les DOM-TOM contiennent jusqu’à 50% de sucre en plus que dans l’hexagone : de + 20 à 48% dans les sodas et de + 8 à 26% dans les yaourts.

Ce dossier avait déjà été défendu par l’actuel Ministre des Outremers, Victorin Lurel, alors député de la Guadeloupe.

Il avait présenté en octobre 2011 une proposition de loi voulant prohiber la différence de taux de sucre. Adoptée en commission, le texte avait finalement été retoqué de justesse en séance.

Aussi, l’adoption hier en première lecture par l’Assemblée Nationale de ce projet de loi d’harmonisation des taux de sucre ajouté est une grande avancée.

Les députés de la majorité, ainsi que l’UDI, ont voté pour. L’UMP s’est abstenue, arguant du fait qu’elle « préférait attendre une grande loi de santé publique ».

Catherine Lemorton, présidente PS de la commission des affaires sociales, s’est, quant à elle, déclarée « fière » de ce texte.

« C’est un avertissement fait au lobby agro-alimentaire. Nous ne baisserons pas la garde » a-t-elle ajouté.

Victorin Lurel, de son côté, a dénoncé « les arguments fallacieux des industriels qui se plaisent à souligner le goût des Ultramarins pour le très sucré ».

Le texte devra maintenant être discuté devant le Sénat.

[Article publié le 28 février 2013]

Beaucoup de produits vendus en Martinique et dans les autres départements ultra-marins sont jugés trop sucrés. A marque égale, un yaourt ou un soda, par exemple, est beaucoup plus sucré qu’en métropole.

Le 27 mars prochain, le groupe PS devrait présenter un projet de loi sur les produits trop sucrés en outre-mer. Ce projet, initié et soutenu en octobre 2011 par Victorin Lurel lorsqu’il était député de Guadeloupe, vise à interdire la différence de taux de sucre entre les produits vendus en outre-mer, et ceux vendus dans l’hexagone.

L’obésité : un problème de santé publique. A titre d’exemple, « en Guadeloupe , 8,9% des enfants de 5 à 14 ans souffrent d’obésité et 14% de surpoids. En Polynésie  française, ces pourcentages sont respectivement de 17,6% et de 14,5% », selon l’exposé des motifs du texte. De même, « l’obésité concerne en Guadeloupe  23% des adultes et le surpoids 31,7%. En Polynésie  française par exemple, ces taux sont respectivement de 33% et 34,4% », selon la proposition de loi.

Qu’en est-il en Martinique ? Les chiffres peuvent faire peur. Une personne sur deux est en surpoids en Martinique, presque 20% sont obèses.

Ces problèmes de poids entraînent des conséquences graves pour la santé : diabète, obésité morbide, engageant le pronostic vital de certains. Les amputations de pieds « diabétiques » sont plus fréquentes en Martinique qu’en métropole.

Pour l’instant, les industriels n’ont pas réglé le problème. Si la loi passe, ils seront obligés de respecter certaines normes, la santé des consommateurs, et singulièrement des Martiniquais, étant en jeu.

Les auditions devraient avoir lieu le 11, 12 et 13 mars, avant un passage du texte en commission le 19 et son examen en séance publique le 27 mars.