Une martiniquaise perce sur une nouvelle chaine tv-web en Île-de-France

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Le rendez-vous au comptoir du Sept dans le 7ème arrondissement. Giovanna Azimbar a choisi cet endroit, c’est son refuge depuis 15 ans. Pratique, il suffit de sauter du métro Ecole militaire pour se retrouver bien au chaud dans un bar très cosy. Dans un coin, lumière-or, ambiance intimiste, on se croirait en plein rendez-vous de charme. Elle est en avance, elle sirote un bon thé chaud, sa théière est presque vide, elle sourit, Giovanna prend la pose comme une star. Mais la comparaison s’arrête là.

Cette jeune parisienne, d’origine martiniquaise, qui travaille dans l’audiovisuel, cache une mine, un peu lasse. Elle a des horaires contraignants, elle n’a sans doute pas assez dormi. Qu’importe, Giovanna est d’attaque. Huit ans sont passés depuis qu’elle a quitté les bancs de la Sorbonne. Son carnet d’adresse est plein, Bambina Tropicale comme elle se fait appeler, a connu du beau monde. Des régies de télévision, elle en connaît pas mal. La jeune intermittente polyvalente s’est fait connaître comme assistante de production, chargée de planning, coordonnatrice et enfin comme réalisatrice (édito).

Début Août, sa carrière prend un nouveau virage elle décroche un CDI et voilà Giovanna Line-Producer. Line Producer, c’est une nouvelle façon de faire de la télévision nous raconte-elle. Un métier qui n’existe pas en France. Ce poste elle l’exerce dans une nouvelle chaîne, spécialisée dans le télé-achat et le e.commerce à Aubervilliers ( Nord-Est de Paris). Il ne s’agit pas seulement de faire du chiffre, il faut guider les équipes en plateau sans paniquer avec un ryhtme soutenu !

Au Comptoir du Sept, les serveurs continuent de servir des clients, sur une banquette rouge-or dans un angle, Giovanna Azimbar se prépare à répondre à toutes mes questions.

Ecoutez la :

Dorothée Audibert-Champenois : Bonjour Giovanna. Vous habitez dans le 15ème pas trop loin de la Tour Eiffel, nous sommes ici dans le 7ème, pourquoi ?

Giovanna Azimbar : C’est un restaurant-café que je fréquente depuis 15 ans. J’ai grandi avec cet endroit. C’est mon petit QG à moi, dans mon quartier. Et j’adore venir ici parce qu’on y mange bien et qu’on y écoute de la bonne musique.

Dorothée Audibert-Champenois : Votre Cv est riche d’expériences diverses, parlez-nous de votre parcours ?

Giovanna Azimbar : Au départ, j’avais envie de travailler dans la musique, mais j’ai eu l’opportunité de faire un stage en télévision, ça m’a plu et du coup ma carrière a commencé dans la production audiovisuelle. Une des grandes qualités pour travailler dans l’audiovisuel, c’est la patience. Ne jamais céder à la panique, surtout si on se spécialise dans la production, dans la coordination. Il faut savoir travailler sous pression parce qu’il y des délais qu’il faut tenir. Et tout peu changer à la dernière minute et même pendant un tournage, même durant un direct, il peut y avoir des imprévus. Il faut savoir très vite réagir sans paniquer.

Dorothée Audibert-Champenois : Les jeunes diplômés commencent souvent leur carrière en intégrant une société de production audiovisuelle ou encore une chaîne de télévision. Est-ce votre cas ?

Giovanna Azimbar : J’ai commencé ma carrière dans une boîte de production qui était dirigée par Bataille et Fontaine. C’était mon premier stage en télévision. Après mes études, ils m’ont gardé et j’ai commencé à travailler avec eux. Aujourd’hui, je suis une Line producer chez QVC (Qualité Valeur Confiance), qui est une nouvelle chaîne de télévision en France .

Dorothée Audibert-Champenois : Comment peut-on définir le métier du Line Producer en France ?

Giovanna Azimbar : Je suis Line producer dans une chaîne de télévision qui diffuse en direct tous les jours de 17h à 1h du matin et également le week-end. Le poste que j’occupe est très différent de ce que je faisais jusqu’à présent. C’est un poste qui n’existe pas en France. C’est ce qui m’intéressait aussi. Je travaille principalement en régie. Je suis entourée des équipes de réalisation et aussi en plateau avec les présentateurs. Ici, dans la chaîne, chaque session dure une heure, où, on propose des produits de beauté, pour le jardinage, pour la maison, de l’électronique, le fashion (la mode).

Dorothée Audibert-Champenois : C’est de l’interactivité ?

Giovanna Azimbar : Oui, c’est de l’interactivité. Une des particularité dans cette chaîne, c’est qu’on offre la possibilité aux clients qui nous regardent de nous contacter en direct, de nous appeler sur un numéro qui est très simple. Et, si on a une question sur un produit, on peut le faire en direct. Ce qui est intéressant aussi c’est que chaque présentateur est accompagné par un représentant des marques en plateau. Ce sont souvent les co-fondateurs de la marque ou des créateurs. Donc si le téléspectateur veut poser une question, il peut le faire, il peut poser sa question directement au fondateur qui accompagne le présentateur.

On ne fait pas que de la Télé, on est sur le Web, on a une politique qui s’appelle le shopping facile. Cela veut dire qu’on peut faire du shopping 24 sur 24 . Soit en regardant la télévision, soit en prenant sa tablette ou en prenant sa smartphone.

Dorothée Audibert-Champenois : Elle est où, votre place dans l’équipe ?

Giovanna Azimbar : En fait on travaille tous en équipe. Le poste que j’occupe fait que je suis un élément de coordination pendant le direct. On a tous le même objectif, on s’entend bien, on est très solidaire.

Dorothée Audibert-Champenois : Vous envisagez comment votre évolution dans ce domaine Giovanna?

Giovanna Azimbar : Hum ! C’est une bonne question. J’avoue que je me pose encore la question aujourd’hui. C’est vrai que jusqu’à présent j’ai fait beaucoup de choses. C’est huit dernières années j’étais intermittente du spectacle. J’ai beaucoup travaillé. Aujourd’hui, j’ai intégré une (chaîne de TV) que j’aime beaucoup. J’ai pu participer au lancement de cette chaîne. C’est très intéressant pour moi, surtout à ce stade de ma carrière. Pour le moment, j’ai en fait envie de grandir avec la chaîne en France. Et je veux exploiter toutes les compétences du poste que j’occupe maintenant. Et je verrais comment je peux évoluer par la suite dans la boîte.

Dorothée Audibert-Champenois : Giovanna, vous êtes Europe ou Caraïbe?

Giovanna Azimbar : Les deux je pense. Je suis d’origine martiniquaise et sicilienne. Sur chaque île, il y un volcan (Elle rigole). Je pense que cela se sent dans mon caractère. Donc à mon avis, c’est un bon mélange, un bon métissage des deux.

Dorothée Audibert-Champenois : Décrivez nous une journée sans travail à Paris ?

Giovanna Azimbar : Elle peut commencer par une petite grasse mat’ (elle rigole) et puis ensuite, cela dépend soit je vais voir mes amis, soit je vais voir une expo. J’aime bien tout ce qui tourne autour des produits de beauté, donc, j’aime bien aller m’en acheter, aller me faire bichonner, j’aime bien me détendre comme ça.

Dorothée Audibert-Champenois : Giovanna, votre parcours est sans faille jusque là. Diplômée de la Sorbonne; vous n’avez pas chômé, pas de petits boulots, vous voyagez très souvent. On peut dire, sans vous froisser, que vous êtes une chanceuse?

Giovanna Azimbar : Je pense que je peux dire que j’ai de la chance, parce que j’ai toujours réussi tout ce que j’ai entrepris et j’ai eu la chance de tomber sur des bonnes personnes aussi. Toujours bienveillantes. On ne m’a jamais mis des bâtons dans les roues. On ne m’a jamais voulu personnellement au point de ma faire échouer dans ma carrière. Oui, je suis chanceuse à ce niveau là.

Dorothée Audibert-Champenois : Pourquoi Bambina Tropicale ?

Giovanna Azimbar : C’est un petit clin d’oeil à mes origines, Bambina c’est italien, tropicale c’est l’autre partie de mes origines. C’est mon pseudo sur facebook …J’ai ouvert ce compte quand j’ai commencé à travailler en télévision justement. C’est professionnel, car tous les collaborateurs que j’ai croisé y sont.

Dorothée Audibert-Champenois : Parlez-nous de cette année 2015 qui s’en va ?

Giovanna Azimbar : Je souhaite, qu’il n’y ait plus de terreur, il y a trop encore aujourd’hui. On est tous des victimes. J’habite Paris, la France. On a été victime cette année, j’aimerais qu’il n’y ait plus de terreur à l’avenir.

Dorothée Audibert-Champenois : Vous êtes une vraie parisienne ? Comment vous vous organisez avec toutes les mesures prises autour du plan vigipirate ?

Giovanna Azimbar : Je ne suis pas sortie. Au contraire, j’ai préféré respecter les consignes vigipirates surtout après ce qui s’est passé ces derniers temps. J’ai été touché comme chaque parisien. C’est délicat, parce que d’un côté, on a pas envie de s’arrêter de vivre, la vie continue, on a pas peur, même si on fait quand même attention. J’ai pas envie de m’interdire de fréquenter les endroits que j’adore dans Paris. Mais, c’est dernier temps…c’est un peu délicat quand même.

Dorothée Audibert-Champenois : Giovanna si vous pouviez changer quelques chose dans ce monde, que ferez-vous ?

Giovanna Azimbar : Peut-être que c’est cliché, mais je n’aime pas du tout la violence, j’ai horreur de ça vraiment. Je supprimerais tout ce qui est armes.

Dorothée Audibert-Champenois : Votre soirée réveillon du 31 ?

Giovanna Azimbar : (Elle rigole encore). J’ai prévue de passer le Réveillon du Nouvel An avec mes amis, chez une copine journaliste qui organise une fête chez elle.

Dorothée Audibert-Champenois : Alors pour 2016 ?

Giovanna Azimbar : Je souhaite une très belle nouvelle année à tous, avec plein de bonnes choses.

Dorothée Audibert-Champenois


1 commentaires :

  1. malbert

    Bambina tropicale !!. plus qu’a essayer sur facebook ; et la féliciter,lui souhaiter du courage ; vu que désignée comme une » » Martiniquaise » » qui « perce » ;

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