Une martiniquaise prêtresse vaudou, jugée pour abus de faiblesse en Ile-de-France

Vues : 2124

50 Euros de l’heure, un mois de préparation mystique, cela fait cher pour espérer le meilleur. Et pourtant, des gens y ont cru, même ceux avec des revenus très modestes, ont fait confiance à Melite Jasmin. Sa voix, son autorité troublaient les adeptes de son Temple. Depuis hier, au Tribunal Correctionnel de Pontoise dans le Val d’Oise, s’est ouvert le procès de la martiniquaise, prêtresse animiste, accusée d’abus de faiblesse sur personne en état de sujétion psychologique.

« Les gens viennent dans un temple me voir en tant que chef religieux parce qu’ils ont un problème. ». Mais leur problème depuis 2009, depuis qu’ils se sont portés partie civile, c’est Melite Jasmin. Ses anciens fidèles lui reprochent tous d’avoir abusé de leur faiblesse, de leur avoir extorqué d’énormes sommes pour des rituels de sorcellerie sans contrepartie, sans résultats probants. Des pratiques religieuses que la prêtresse revendique comme un héritage de son passé, de ses ancêtres esclaves aux Antilles.

melyte jasmin

Mélite Jasmin (Photo Le Parisien)

C’est toute une famille qui est au banc des accusés, son mari retraité de la police et ses deux filles sont poursuivis pour complicité. L’un assurait la surveillance du temple et les deux autres assistaient leur mère Melite Jasmin durant les séances de purification.
Son caractère et son autorité clouaient toutes contestations, les anciens fidèles regrettent tous, cette emprise qu’elle avait sur leur vie. Toutes les sommes importantes qu’elle recevait sont argumentées par la plaignante, de 7250 Euros à 10 000 Euros pour une initiation dit le Procureur, c’est très chèrement payé, même un baptême n’est pas si cher ! Melyte Jasmin, sûre d’elle, ne cille pas quand elle répond que cela correspond à 300 heures de travail.

Ce travail la prêtresse du Vaudou Melite Jasmin, l’a appris sur place en Haïti où elle s’est rendue en 1988, 17 ans après son arrivée en Ile-de-France. A son retour, elle ouvre un temple qui comptait plus d’une centaine de fidèles, des initiés qui venaient  la voir égorger des animaux (poulets, boucs)  pour ses rituels vaudou.
Ils venaient de toute l’ile-de-France pour assister à ces cérémonies nocturnes.

Depuis 2009, ses adeptes déchantent et attaquent cette famille qu’ils accusent de les avoir «Possédé», un terme antillais qui exprime, l’abus de confiance. La prêtresse de 65 ans, insensible à ces reproches, à rejeter toutes les accusations. Ce sont dit-elle « Un tissu de mensonges ». Melite Jasmin, son mari et ses deux filles sont poursuivis et jugés depuis hier, au Tribunal Correctionnel pour abus de faiblesse.

Dorothée Audibert-Champenois