W.I.I.P, nouvelle Série TV, créée et jouée par des Antillais

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« Il faut être fier de ce qu’on est, parce qu’on a du talent! » (Ody SL). C’est confirmé dans W.I.I.P où pour la première fois tous les acteurs en tête d’affiche sont noirs et ont du talent.

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Ils sont six personnages en tête d’affiche. Ils sont tous antillais, ils jouent avec leur accent sans aucun complexe, c’est la nouvelle venue dans le PAF (le paysage audiovisuel français), la série W.I.I.P. Conflits, réconciliations et tendresse sont les ingrédients nécessaires pour créer des intrigues. Mais les caractères si différents, si susceptibles, si prompts à exploser, des six acteurs principaux de W.I.I.P (prononcer ouip) vont compliquer l’installation des protagonistes censés vivre sous le même toit en région parisienne.

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Leurs ambitions convergent vers un idéal : concrétiser des rêves qu’ils ont entrepris chez eux, là-bas, aux Antilles. Leur lien commun : la musique qui dans la série sera associée à la chanteuse K’ Nel, la nouvelle recrue du récent label que dirige le rappeur franco-congolais Passi.

Le projet qui existe grâce au financement participatif sur le Net, a très vite suscité l’intérêt des internautes antillais. Les difficultés et préoccupations des six personnages sont celles de ce public ultramarin, il ne s’agit pas d’exotisme, mais des humeurs, des attitudes, des habitudes, des comportements  et des codes qu’il connaît. C’était l’objectif du réalisateur Ody Steven Luchel en écrivant W.I.I.P. A ce stade, le pari est gagné.

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Avec W.I.I.P, Ody Steven Luchel développe un concept inédit en France. A l’instar des séries noires américaines, W.I.I.P a l’ambition de proposer au public français un autre regard sur la réalité des ultramarins à Paris. Le créateur de la série a un double objectif d’une part mettre en scène des comédiens professionnels ou amateurs, issus des outremers et d’autre part, utiliser le support internet pour promouvoir son projet. Avec les fonds collectés, le réalisateur martiniquais a tourné des épisodes pilotes, les premiers pas pour une série qui sera tourné en 12 épisodes sur une saison.
Le scénario est ficelé et le travail d’écriture des autres saisons prévues est amorcé.

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Aujourd’hui, O Vision, la société qui produit W.I.I.P doit trouver des diffuseurs, des distributeurs, des partenaires pour démarrer le tournage des autres épisodes.

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Samedi soir (25 juin) à Coignières, dans les Yvelines, O Vision a décidé de faire la projection de la maquette prête. A une demi heure de Paris, pour les membres du groupe dont Thierry Sonder et le fondateur d’O Vision, Ody Steven Luchel, il s’agissait ce soir là de remercier les généreux donateurs, ceux-là même qui ont contribué à faire exister cette production. Un cocktail de bienvenue était organisé  à la Teranga suivi d’un showcase et du célèbre Cric Crac antillais raconté par le martiniquais de Trinité, Igo Drané .

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Derrière ce titre évocateur de rêve, O Vision, un professionnel de l’audiovisuel développe des concepts, des projets autour de la musique, du film, de la publicité ou encore de l’événementiel.

Tout au fond de la rue des Moulins, Ody Steven Luchel et son équipe ont transformé pour l’occasion un lieu de réception, en salle de projection. Dans cette salle de cinéma, les contributeurs et la presse ont découvert en exclusivité les premiers pilotes de la série.

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Le premier épisode raconte les conditions rocambolesques du départ de chacun des comédiens, de leur île respective (La Martinique ou la Guadeloupe) ensoleillée et affective, jusqu’à leur arrivée sur le sol parisien gris et froid.

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Un voyage compliqué où se mêle espoir et certitude. Une arrivée dans une métropole inconnue. Cette nouvelle vie sera riche en énigme, en aventure délirante ou en déception amère. Une description sociologique et politique en filigrane renvoie au public antillais une image connue de cette « migration » de la population antillaise. Une communauté complexe et ambiguë avec une identité commune, leur fierté d’être originaire des Antilles. De l’autre côté du miroir, Ody Steven Luchel aide la population métropolitaine à comprendre autrement leurs compatriotes noirs.

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Les codes exotiques sont cassés et on s’immerge dans la réalité proche des antillais de l’Hexagone. Tout cela avec des « traits » d’humour, du talent et des clins d’œil sévères.

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Dans le casting, des comédiens en herbe pour certains, choisis d’abord pour leur spontanéité devant la caméra.
Eddy ou Matt le Buzz : passionné de cinéma mais qui bosse dans un bar d’une amie (Mathew Bazile) de Guadeloupe
Jean-Paul : le capitaliste radin (Gilles Saint-Louis) de Martinique
Kevin, K-Ly : excellent rappeur qui réalise ses clips (Jessy Durimel) de Martinique
Eliza : la « maman » du groupe, celle sur qui on peut compter (Céline Patole) de Martinique
Jessica : qui veut devenir mannequin à tout prix (Coralie Arnaud) de Martinique
Mike : l’ingénieur fan de foot (Cédric Vaubien) de Saint-Joseph en Martinique

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Quant à l’électron libre du groupe, Maya au cheveu bouclé afro, elle n’est pas née aux Antilles mais Maya est une antillaise équitable, prête à défendre causes et idées des minorités! (Shannon Barro)

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Les autres acteurs de Guadeloupe et de Martinique sont des membres actifs de la société de production O Vision. Comme Isabelle Menal, Kassy dans la série, la comédienne et scénariste encadre les comédiens sur les plateaux de tournage et son amie Shannon Barro (Maya) capte des photos de scènes pour la promotion de la série.

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Le but pour Ody SL, c’est également de faire connaître les talents des techniciens noirs qui évoluent dans l’audiovisuel et qui sont plongés dans un anonymat depuis très longtemps. Sans s’enfermer dans des ghettos, le réalisateur veut par des actions concrètes, rendre visible l’outremer avec les moyens dont il dispose.

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L’interactivité avec le public sera possible dans ce nouveau concept de scénario participatif. Avec le scénario 2.0, le téléspectateur fidélisé pourra faire évoluer les personnages en proposant des idées pour améliorer ou faire changer la direction d’une intrigue. Cette contribution des utilisateurs des réseaux sociaux n’est pas anodin.

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Selon Ody SL, les acteurs de la série sont à l’image des personnes inscrites sur le Net, qui se connectent souvent avec des pseudos, utilisés pour masquer leur vraie identité. Dans ce sens le scénario 2.0 sera un outil interactif intéressant pour maintenir l’audience de la série.

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Les scènes additionnelles peuvent être réalisées par n’importe qui, du moment qu’elles sont en adéquation avec le scénario et les besoins de la série Tv. C’est là un autre aspect du travail du martiniquais.
Le dernier message du réalisateur Ody SL : « tout le monde peut être technicien ou proposer ses services, O Vision veut rendre visible le talent caché et inexploité des comédiens et techniciens ultramarins ».

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Pour l’instant Ody SL autodidacte, est l’homme à tout faire, il est réalisateur mais aussi cadreur et chef-monteur de la nouvelle série W.I.I.P. Une équipe qui va sans doute s’agrandir. D’autres projets de longs et courts métrage sont en cours d’étude et le martiniquais espère embaucher des techniciens pour l’aider à développer tous ces futures productions. Ody SL pourra se consacrer alors, à son travail de réalisateur sur W.I.I.P. La nouvelle série Tv de 12 épisodes prend le pouls de son premier public ce samedi 25 juin, il est 22h30 dans une salle de cinéma improvisée. Une proximité qui a permis de repérer les premiers éclats de rire ou de connivence avec des situations connues d’antillais dans la salle.

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Une soirée Network à Coignières, de rencontres, de discussion autour d’un fructueux cocktail et d’une prestation de K Nel, chanteuse martiniquaise. La foyalaise est une habituée des grandes scènes internationales (choriste de Kassav), des labels de musique Chabine Prod (Claude Cabit) avec les titres connus, « Dernière fois » en 2010 et « Ne veux plus »

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Récemment elle a rejoint le nouveau label du rappeur Passi sur la compil d’Afro beats factory , le nouveau label In Fact est dédié aux musiques urbaines, la génération des artistes afro-rap. K Nel est aussi une guest star dans la série W.I.I.P, elle signe le générique, la bande son de la série de son époux Ody Steven Luchel. (Vous pourrez l’écouter en fin d’article)

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Prochain objectif, espère Cissé Yatera, la chargée de coordination d’O Vision, une projection pour les professionnels du cinéma, cette fois à Paris, un autre challenge pour le réalisateur de W.I.I.P, Ody Steven Luchel.
Reportage Dorothée Audibert-Champenois

Le réalisateur Ody Steven Luchel (Ody SL) explique pourquoi il créé cette série Tv  W.I.I.P et comment elle va évoluer :

Photos Dothy A-Ch et capture d’écran


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