Zika : Au Brésil, des femmes avortent clandestinement par crainte d’accoucher de bébés microcéphales

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Pregnant women wait to be attended at the Maternal and Children's Hospital in Tegucigalpa on January 21, 2016. The medical school at the National Autonomous University of Honduras (UNAH) recommended that women in the country avoid getting pregnant for the time being due to the presence of the Zika virus. If a pregnant woman is infected by the virus, the baby could be born with microcephaly. AFP PHOTO/Orlando SIERRA / AFP / ORLANDO SIERRA

Le nombre des infectés par le virus du Zika est si important au Brésil, qu’il soulève un vieux débat, le droit à l’avortement. Dans ce grand pays de 204 Millions d’habitants, majoritairement de confession catholique, l’avortement est interdit, il est tabou.

Les seuls cas où il est autorisé, c’est seulement en cas de viol ou lorsque la femme enceinte est en danger. Seulement voilà, ce n’est pas la femme qui est en danger quand elle est exposée au Zika, mais le bébé qu’elle porte.

Depuis le mois d’octobre 2015, on constate des malformations des fœtus chez ces femmes. La tête des bébés est bien plus petite que la taille normale, le cerveau est réduit : C’est la microcéphalie.

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Le virus du zika est suspecté dans cette pathologie du cerveau des fœtus. 404 cas ont été recensés depuis le mois d’octobre dernier. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, rien ne prouve scientifiquement qu’il s’agit des conséquences du virus. Mais c’est la psychose au Brésil, les avortements clandestins s’enchaînent malgré les risques mortels. Avorter par précaution ou prendre le risque d’avoir un enfant handicapé, la bataille fait rage entre le législateur et des groupes pro-avortement. Ce qui aggrave cette situation chaotique, c’est le dépistage de la microcéphalie chez la femme enceinte. Les médecins peuvent diagnostiquer la microcéphalie qu’à la 24ème semaine de grossesse, c’est-à-dire à 6 mois de l’accouchement, à un stade très avancé. Parfois même, c’est à la naissance que l’on découvre cette malformation du cerveau des bébés. Contrairement aux autres malades, les signes annonciateurs du virus Zika sont très légers chez  les femmes enceintes.

Quoique illégal au Brésil, chaque année plus d’un million de femmes se font avorter, Zika ou pas. En pleine épidémie, c’est la seule alternative pense la plupart du personnel médical au Brésil. Pour ces femmes qui attendent un bébé, il vaut mieux prévenir et se faire avorter, que prendre le risque de mettre au monde un enfant handicapé à vie.

Le Docteur Artur Timerman de la Société Brésilienne de Dengue s’inquiète, selon le praticien : «La microcéphalie est la principale complication du virus du Zika, si nous ne disons pas au femmes d’éviter de tomber enceinte, nous aurons une génération d’enfants microcéphales, c’est une vraie tragédie ».

Dorothée Audibert-Champenois