Zika : un pesticide serait peut-être à l’origine des malformations des bébés au Brésil

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Selon des chercheurs sud-américains, un pesticide, le pyriproxyfène, pourrait être responsable des cas de microcéphalies imputés jusqu’ici au virus Zika. Pour le gouvernement brésilien, qui a utilisé ce produit, cette hypothèse est impossible.

Cette hypothèse est abordée dans un rapport publié le 3 février dernier. Les scientifiques soutiennent l’hypothèse que les microcéphalies puissent être causées par un pesticide, le pyriproxyfène. Il s’agit d’un pesticide qui tue les larves de moustique tigre ou empêche la reproduction des moustiques en provoquant des malformations chez les larves ou les individus adultes. C’est l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a recommandé son utilisation lors de l’épidémie de dengue en Amérique du Sud. Les autorités brésiliennes injectent donc du pyriproxyfène dans les réservoirs d’eau potable depuis près de deux ans afin de se débarrasser des larves de moustique. Plusieurs éléments viennent étayer l’argumentaire des scientifiques :

  • les précédentes épidémies de Zika n’ont pas causé d’anomalies chez les nouveaux-nés
  • aucun cas de microcéphalie n’a été recensé dans d’autres pays comme la Colombie (qui compte énormément de cas de Zika)
  • le lien de causalité entre le virus Zika et les cas de microcéphalie n’a pas scientifiquement été prouvé
  • un autre rapport d’une association de médecins indique que parmi les 3 893 cas de malformations relevés au Brésil jusqu’au 20 janvier dernier, cinq enfants seulement étaient infectés par le virus Zika.

Est-il possible que le pyriproxyfène soit réellement responsable ? Cette hypothèse est à nuancer et à prendre avec des pincettes tant que rien n’a été scientifiquement établi. Certains spécialistes estiment que le virus Zika peut jouer un rôle et qu’il peut installer un terrain favorisants ce type de problèmes. On peut alors supposer un effet cumulatif des pesticides et du Zika. Cela peut également être dû à un surdosage du pyriproxyfène. Un cas avancé est celui de la Polynésie française, où de nombreux cas de microcéphalie ont été recensés. Pourtant le pyriproxyfène n’a jamais été utilisé pour lutter contre les moustiques dans cette zone géographique.

Pour le gouvernement fédéral brésilien il n’y a aucun doute. C’est bien le Zika qui est responsable des malformations. Il s’appuie sur l’absence de base scientifique entre l’association entre l’utilisation du pyriproxyfène et la microcéphalie. Il rappelle que c’est l’OMS qui a recommandé ce produit, histoire de se laver les mains en cas de scandale.

A.G