Zone Interdite : Trois immigrés africains portent plainte contre M6

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clandestins africains

Comme chaque dimanche soir, la chaine M6 gagne une bonne part d’audience avec la diffusion alternative des émissions d’investigation en prime time « Zone Interdite » et « Capital ». Ce dimanche 24 novembre, le sujet de « Zone Interdite » était consacré à l’immigration clandestine, un reportage illustré par l’épopée dangereusement impressionnante de 3 migrants clandestins africains Joseph, Emile et Elie, partis du Cameroun pour rejoindre l’eldorado parisien via la Libye, l’île de Lampedusa, et Rome. Un voyage au cœur du danger filmé par les journalistes de Tony Comiti Production qui aura duré 8 mois.

La controverse fait rage, Tony Comiti Production pointée du doigt

Comme presque chaque dimanche, le reportage fait sensation, la production n’a pas lésiné sur les moyens et les journalistes savent prendre des risques pour suivre les trois hommes dans leur périple. Sauf que voilà, aujourd’hui, c’est un scandale qui éclate au grand jour sur fond de machinations, de malversations, et de manquement à la déontologie journalistique. Pour le bien du sujet, la production a eu recourt à des manières de faire douteuses, mettant gravement la vie des 3 camerounais en danger, et ces derniers en désespoir de cause décide de poursuivre M6 en justice ! Fait extrêmement rare de la part de clandestins censés évoluer dans l’ombre. « Clandestins: Ils traversent l’enfer pour venir vivre en France, » c’est le cas de le dire!

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Alors que Joseph, Emile et Elie semblaient mener un train de vie tout à fait correct dans leur pays d’origine comparativement au reste de la population, Tony Comiti Production et les journalistes sont soupçonnés de les avoir encouragé à entreprendre ce voyage qu’ils auraient financé pour une grande part ; un voyage estimé à pas moins de 10 000 euros au total.

Dans le reportage, les journalistes tendent eux-même le bâton pour se faire battre. Ils avouent, et non pas à demi-mot, avoir fait appel à leurs propres fonds pour financer la traversée clandestine et illégale : « Des liens se sont tissés. Devant leur détresse, nous avons décidé de prendre en charge leurs billets. ». Des échanges entre la production, les journalistes et les immigrés sont accablants et une fois arrivés à Paris, leur survie n’est plus à la charge de la production. Les belles paroles s’envolent et les clandestins sont livrés à la dure réalité des immigrés : pas de logement, pas de travail, pas d’argent, se cacher pour échapper aux forces de l’ordre, lutter pour se nourrir.

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La justice est saisie

« On a tout abandonné parce qu’ils nous ont promis des papiers, du travail, un logement en France […] Ils nous ont dit que le producteur avait le bras long. Et qu’Olivier, ancien de la Légion, nous aiderait à y entrer… » déclarait l’un des protagonistes. Les trois hommes ont déposé plainte contre X pour « aide […] à l’entrée et au séjour irrégulier, soumission à des conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité humaine, risques causés à autrui, omission de porter secours et escroquerie. » Scénarisation de reportage, proposition de 7 000 euros pour acheter le silence des immigrés, cela fait beaucoup d’accusations et beaucoup de charges qui pèsent en défaveur de la société de production.

La production dénonce «des insinuations fausses et diffamatoires»

«La société de production Tony Comiti a déjà reconnu avoir pris en charge leurs titres de transport, notamment en Italie et en France, ainsi que la nourriture durant ce trajet […] ils ont toujours refusé de signer une quelconque autorisation d’enregistrement et de diffusion de leurs images, malgré les nombreuses demandes de cette société de production », a annoncé l’avocat des 3 africains clandestins, Jérémie Assous. La production se défend en précisant à Europe1 : «Nous avons payé leur billet de train par humanité, comme dans le désert on donnerait de l’eau à quelqu’un qui a soif».

Il faudra donc attendre que la justice statue pour connaitre le fin mot de cette histoire bouleversante qui soulève aussi des manipulations journalistiques toujours plus à la recherche du scoop et de l’audimat. Affaire à suivre donc…

Photos : television.telerama.fr