« 22 mai, poutji sé toujou pli bel dat nou »


Publié dans : Actualites, Martinique
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Extrait du journal Patriyot de Mai 2018 :

« Pendant longtemps les autorités françaises ont ancré dans la tête des colonisés des dernières colonies que seule l’infinie générosité de la France avait décidé de la libération des femmes et hommes mis en esclavage. Ainsi proclame- t-on la date du décret signé le 27 avril 1848 comme seule date marquant l’émancipa- tion.

On assena cette date à toutes nos po- pulations, aux enfants des écoles, on chan- ta cette date, on dansa sur les chansons en remerciant à chaque fois le bon papa blanc. Au passage on omit soigneusement de signaler que d’autres décrets du 27 avril prévoyaient le dédommagement des escla- vagistes pour la perte de leur « cheptel hu- main ». Ainsi renforcerait-on l’aliénation de nos peuples en ancrant bien dans leur tête que nos ancêtres plongés dans une totale soumission avaient bénéficié des bienfaits d’une généreuse mère patrie.

Si on ne conteste guère l’importance de l’œuvre des abolitionnistes français qui a abouti à la signature du décret du 27 avril, il n’en demeure pas moins que les captifs en Martinique ont conquis eux mêmes leur liberté en contraignant par leur vigoureuse mobilisation le gouverneur ROSTOLAN à signer le 23 mai 1848 l’arrêté d’abolition avant même l’arrivée en Martinique du dé- cret du 27 avril du gouvernement provisoi- re de la France.

Le 22 mai 1848 qui a été l’aboutisse- ment de longues luttes de résistance sous des formes diverses est bien notre date, celle de notre libération. Sé pli bel dat ist- wa pep nou.
Nous nous devons de gloriyé dignement
et ne pas la banaliser comme un jour de fête patronale. Nous nous devons d’avoir en mémoire les sacrifices consentis par nos ancêtres pour la conquête de la liber- té qu’ils nous ont léguée en héritage.

A nous d’accomplir notre tâche d’au- jourd’hui, à nous de poursuivre leur œu- vre pour notre libération collective, la li- bération de notre peuple pour sortir no- tre pays de la domination mortifère de la France coloniale qui nous anéantit à petit feu ne laissant en perspective à notre jeu- nesse que les voies sans issue de l’exil et de la désespérance.

Forts de l’endurante résistance de nos aïeux, forts de l’héroïsme de ces combat- tants de la liberté portons haut, très haut, le flambeau de la liberté de notre patrie. »

Des animations sont organisées un peu partout sur l’île, dans le cadre de la commémoration du 22 Mai 1848 en Martinique :

Photo à la Une : Crédits Politiques Publiques