4ème nuit de tensions en banlieue parisienne, une école endommagée par un incendie à Gennevilliers.

En plein confinement, les tensions se sont poursuivies autour de Paris, dans la nuit de mardi à mercredi. Elles avaient débuté samedi après l’accident d’un motard impliquant un véhicule de police et un jeune homme roulant à vive allure et sans casque à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Les circonstances de l’accident sont encore floues et troubles.

Des incidents sporadiques ont eu lieu dans plusieurs quartiers des Hauts-de-Seine dans la nuit de mardi à mercredi et une école a été partiellement endommagée par un incendie à Gennevilliers, rapportent plusieurs journaux nationaux, citant la Préfecture de police des Hauts-de-Seine.

Mais les incidents ont été globalement de plus faible intensité par rapport aux nuits précédentes, précise la préfecture.

Les faits les plus graves ont eu lieu à Gennevilliers, où l’école primaire Paul-Langevin a été touchée par un départ de feu rapidement maîtrisé.

« Le bureau de la directrice a été détruit et deux salles ont été endommagées ».
Ailleurs dans le département, la police a été visée par des tirs de feux d’artifice lors d’incidents sporadiques.

Pour Le Figaro c’est l’accident d’un «délinquant multirécidiviste blessé après avoir percuté une voiture de la BAC (qui) a mis le feu aux poudres ».

« Les cités d’Île-de-France sont la proie d’une bouffée de violences après un contrôle qui a mal tourné dans les Hauts-de-Seine. La police veut casser la spirale de la violence », écrit le journal.
Jordan Bardella, Vice-president du RN a demandé au micro de RTL « un couvre-feu face aux guérillas » urbaines.

Il a appelé à “déconfiner le courage” de Christophe Castaner pour qu’il fasse “respecter la loi” en banlieue. Certains crient à la « bavure policière » alors que la victime, condamnée par la justice à 14 reprises, roulait sans casque, en sens inverse et « à vive allure », en toute illégalité, selon les témoignages de la police, croit-il savoir.

De son côté, le journal Le Parisien titre sur sa page FB : «S’il devait y avoir une pression policière accrue et généralisée il est possible que cela explose».
« La situation est exacerbée par le Covid-19», estime dans une interview au journal Omar Dawson, observateur de longue date de la situation des banlieues.

« Comme souvent, on redécouvre les problèmes existants. Et dans ce cas précis celui des rapports conflictuels entre jeunes des banlieues et police », fait-il observer.

« Les responsables politiques en ont d’ailleurs conscience. Rappelons que fin mars, Laurent Nunez, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, avait demandé aux responsables policiers de ne pas faire de la fermeture des commerces et de la lutte contre les rassemblements dans les quartiers une priorité. », ajoute le membre fondateur de l’association Grignywood, habitant de Grigny (Essonne).

« Car on sait que plus il y a de contrôles, plus le risque d’un dérapage est présent », rappelle-t-il.
« A chaque fois, le scénario est identique : un contrôle dégénère, et les quartiers s’échauffent ».

La police a interpellé neuf personnes.