A Mayotte, «48% des habitants sont étrangers», Emmanuel Macron et l’échec de la politique d’immigration sur l’île

Le Président Emmanuel Macron est en déplacement dans l’Océan Indien. Mayotte est sa première escale avant de recevoir les personnalités locales sur l’île de la Réunion. Un voyage de quatre jours où le Chef de l’Etat est attendu pour discuter entre autres de la lutte contre l’immigration clandestine et du développement économique dans la zone.

Emmanuel Macron (Photo d’illustration)

C’est en Petite terre, sur l’aéroport de Dzaoudzi à Mayotte que l’avion présidentiel d’Emmanuel macron, s’est posé ce mardi 22 octobre à 8h30. Première confrontation de taille pour le Chef de l’Etat, un appel à la grève générale, lancé pour dénoncer «l’absence de réponse à la hauteur des enjeux» qui «agitent» les mahorais.

Selon l’Insee, 48% des 256 000 habitants de Mayotte sont des étrangers dont 95% de Comoriens. le Président aura fort à faire pour convaincre la population comme les élus sur sa volonté de mener une politique d’immigration «ferme». Mayotte située à quelques kilomètres d’Anjouan, est une terre bénite pour ses autres voisins comoriens qui ne cessent de franchir un bras de mer pour mieux vivre, malgré les difficultés qu’ils rencontrent. Des Kwassas sont régulièrement interceptés avec à leur bord des clandestins que l’Etat français veut absolument repousser loin de Mayotte. Les «kwassas-Kwassa» ou «boat-people» sont des canots de pêcheurs qui débarquent nombre de Comoriens désespérés, sur les plages mahoraises .

Pour la population de Mayotte et la Société Civile qui attendent «des gestes forts» du Chef de l’Etat, comme la reconduite aux frontières, c’est un vrai plan de lutte contre l’immigration clandestine qu’elles réclament. Pour combattre l’insécurité galopante, les Collectifs citoyens demandent la fin des permis de séjours qui facilitent durablement l’installation de la population comorienne sur les terres de Mayotte.

Des «kwassas-Kwassa» 

Mise en place au mois d’août dernier, l’opération «Shikandra», est sensée empêcher les «kwassas-Kwassa» d’accoster sur les plages mahoraises, et espère atteindre 25 000 reconduites aux frontières d’ici la fin de cette année. Seulement au mois d’octobre, selon les chiffres de l’Elysée, 22 000 reconduites ont été opérées.

Comme le rapporte le magazine Libération, la violence croît vis à vis des clandestins qui réussissent malgré tout à se cacher des autorités. Souvent, la population se charge elle-même de les chasser, quand machettes à la mains, des habitants sillonnent les forêts. Plantations pillées, récoltes détruites, agressions physiques sont le lots des clandestins. Et pourtant, selon le magazine «au 1er avril, 650 000 euros d’amendes administratives ont été prononcées pour emploi d’étrangers sans titres»

L’immigration et aussi d’autres réponses sont attendues sur la construction d’infrastructures scolaires et routières ou l’accès à l’eau et à la santé.

Mayotte – Marche pour la défense du statut départemental (10 Mai 2018)

Emmanuel Macron est sollicité sur tous les fronts. A l’annonce de sa visite,un appel à la grève des sapeurs-Pompiers-professionnels-PATS était préconisé en solidarité au mouvement initié en métropole. Le 15 octobre dernier 10 000 pompiers défilaient dans les rues de Paris et plusieurs d’entre eux se sont plaints de violence par les forces de l’ordre.

Mardi matin, dès son arrivée sur le 101ème département français, le Président de la République  a déclaré que «le premier objectif (de sa visite) est d’apporter des réponses extrêmement concrètes à (toutes) ces difficultés».

A Mayotte, près d’un habitant sur deux est de nationalité étrangère.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
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