« A propos du drapeau Rouge Vert Noir »

Tribune libre par Robert Albert Sae :

Lè bèf pa lé rantré an bwa i ka di kon-li tro pran !*
* Lorsque le bœuf refuse d’entrer dans la forêt, il prétexte que ces cornes sont trop grandes !

Ce beau proverbe martiniquais illustre bien le comportement de ceux et celles qui dans notre pays rivalisent pour trouver de « bonnes raisons » de combattre notre drapeau Rouge Vert Noir.
1- « On ne devrait pas l’adopter parce que c’est le drapeau des indépendantistes ».
Ceux qui lancent cet « argument » n’ont aucun scrupule à s’envelopper dans le drapeau Bleu Blanc Rouge que brandissent avec rage les racistes et les fascistes de l’extrême-droite française. Mais, ils sont malades à l’idée d’avoir le même drapeau que des fils et des filles de leur pays qui estiment devoir mettre fin à la tutelle coloniale. Triste manifestation de l’aliénation !

2- « Il faudrait l’adopter par voie de référendum pour qu’il ait une légitimité démocratique ».
Bien sur ces gens, prisonnier des leurres de la pseudo-démocratie occidentale, s’abstiennent de dire qui va organiser et financer ce référendum ou quel électorat sera autorisé à choisir les symboles Martiniquais !

3- « On ne peut avoir un drapeau national si au préalable on n’a pas l’indépendance »
Manifestement, ceux qui tiennent ces propos sont totalement ignorants de l’histoire de tous les peuples dominés qui, dans le monde entier, ont mené leur lutte de libération en brandissant leur drapeau national.

4- « Ce n’est pas une priorité pour les gens qui ont surtout besoin de réponses concrètes à leurs difficultés ».

Les empereurs Romains disaient qu’il fallait donner du pain et des jeux de cirque au peuple pour le maintenir sous domination ! Nier l’impérieuse nécessité pour notre peuple de se regrouper autour de symboles galvanisant son unité, aujourd’hui, et dans le temps même où il lutte pour améliorer ses conditions de vie, c’est vouloir le maintenir indéfiniment dans les pires difficultés. Celles-ci sont structurellement liées à la domination coloniale et aux inégalités économiques et sociales générées par le libéralisme.

Pour notre part, nous restons convaincus que, ni les manœuvres désespérées faites par les assimilationnistes et les aliénés, ni les inquiétudes exprimées par ceux qui, hélas, n’ont pas encore compris les enjeux ne suffiront à freiner la dynamique de rassemblement qui s’opère aujourd’hui autour de notre « Rouge Vert Noir ».