Agression de journalistes à la « Manif Sargasses » : Le Club Presse Martinique se dit indigné

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Les images de ce policier s’en prenant violemment à deux journalistes samedi en pleine manifestation près de la préfecture à Fort de France ont été visionnées des milliers de fois sur les réseaux sociaux et en télé.

Ce jour là, des manifestants avaient décidé de lancer des sacs de sargasses mais aussi des bidons en direction de la préfecture pour faire passer deux messages essentiels à l’Etat. La crise des sargasses est mal gérée et le prix du carburant est trop élevé. La presse couvrait l’évènement. Leila Sall de France-Antilles a été bousculée et agressée par un policier alors qu’elle lui a répété à plusieurs reprises qu’elle est journaliste.

Quand elle indique à ce fonctionnaire qu’il est filmé par un autre journaliste de Martinique Première, Guilhem Fraissinet, le policier se tourne vers ce dernier pour s’en prendre à lui également et à sa caméra.

Les responsables du club presse Martinique ont recadré le rôle du journaliste en rappelant que le rôle du media est d’être présent et de rapporter les faits. Ils se sont dits indignés par ce qui s’est passé.

Selon la police, les journalistes n’ont pas été clairement identifiés comme des professionnels de la presses et dans la confusion, ils ont peut-être été pris pour des manifestants.

Une enquête sera diligentée et le ou les policier(s)concernés pourraient répondre de leurs gestes s’ils sont reconnus coupables.

Ci-dessous le communiqué des syndicats de journalistes : 

« La section SNJ France-Antilles Martinique, la CSA-CGT Martinique La 1ère et
la Société des Journalistes France-Antilles Guyane déplorent l’attitude des policiers envers nos collègues Leïla Sall de France-Antilles et Guilhem Fraissinet de Martinique La 1ère.

Ils faisaient leur travail en couvrant une manifestation, samedi 9 juin 2018, aux abords de la préfecture. Alors que l’un et l’autre suivaient les manifestants en vue de leur reportage, ils ont été pris à partie par l’un des policiers présents comme on peut le voir sur les images de Martinique La 1ère.

Le policier a commencé à pousser violemment Leïla Sall qui lui a répété à plusieurs reprises qu’elle était journaliste et faisait son travail. Il l’a frappée une première fois et ce n’est que lorsqu’elle lui a dit qu’il était filmé, alors qu’il semblait s’apprêter à recommencer, qu’il s’est arrêté. Il s’en est alors pris à Guilhem Fraissinet, le bousculant, tentant de faire tomber sa caméra. Alors qu’il s’apprêtait à faire usage de sa matraque, un de ses collègues a envoyé du gaz lacrymogène « à bout portant », dans le visage de notre collègue.

Par la suite, un autre policier n’a pas hésité à jouer la provocation, en pointant de manière ostentatoire un flash-ball contre des journalistes ou des manifestants, durant plusieurs minutes.

Des actes qui visent délibérément à attaquer la liberté d’expression et le respect
des droits de l’homme. Nous journalistes, ne pouvons tolérer de tels comportements de représentants des forces de l’ordre à l’encontre de notre profession. Il s’agit là d’une atteinte grave au droit de la presse.

Une attitude que le SNJ, la CSA-CGT Martinique, et la SDJ dénoncent fermement. »

Photo : Benny