Alexane Ozier-Lafontaine et Jay Assani : «Inutile de vous déplacer (jeudi). Nous n’allons pas nous rendre aux auditions !»

Les deux militantes martiniquaises, Alexane Ozier-Lafontaine et Jay Assani ont fait savoir, mercredi soir dans une vidéo, qu’elles ne se rendraient pas à leurs auditions prévues ce jeudi 26 novembre avec les forces de l’ordre, en raison d’un délai de convocation jugé trop court par leurs avocats.

Elles devaient être entendues pour «destructions graves de biens classés commises en réunions ». Alexane Ozier-Lafontaine devait être entendue ce jeudi à 9h00 à la gendarmerie de Schoelcher, tandis que Jay Assani devait être interrogée au commissariat de Fort de France, également ce jeudi à 9h00.

« Cette petite vidéo c’est pour vous informer que c’est inutile de vous déplacer demain (NDLR ce jeudi 26 novembre) ni à Schoelcher ni à Fort de France puisque sur conseils de nos avocats, nous n’allons pas nous rendre aux auditions. Parce qu’en fait, il y a une véritable atteinte aux droits de la défense, vu la brièveté (du) délai de convocation », déclare Jay Assani aux côtés d’Alexane Ozier-Lafontaine dans une vidéo postée mercredi soir sur Instagram.
« On nous a convoquées lundi pour jeudi », précise de son côté Alexane Ozier-Lafontaine selon laquelle leurs avocats « contestent certains choix procéduraux », sans toutefois fournir de détails.

« Donc voilà, on ne sera pas aux auditions. De toutes les façons on n’est pas soumises à l’agenda de Babylone », a commenté Jay Assani, martelant « donc demain ne vous déplacez pas ni à Schoelcher ni à Fort-de-France. Merci pour votre soutien et à très, très bientôt ».
Depuis mardi, les appels à la mobilisation se sont multipliés sur les réseaux sociaux pour soutenir les deux militantes.

« Ça nous a donné beaucoup de force », a assuré Alexane Ozier-Lafontaine.

En conclusion, Alexane Ozier-Lafontaine a promis : « On va vous tenir au courant (…) et on vous dira c’est quand le prochain rendez-vous. Et cette fois (…), il y aura quelque chose, tenez vous informés », a-t-elle dit, sans plus de précisions.

Il y a six mois, les deux jeunes militantes avaient posté une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle elles revendiquaient ensemble leur participation aux déboulonnages et aux destructions de deux statues de Victor Schoelcher, l’une à Fort de France et l’autre à Schoelcher, en marge du 172ème anniversaire de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique, le 22 mai 2020.

La chute d’une des statues de Victor Schoelcher, largement relayée via une vidéo postée sur les réseaux sociaux, avait fait grand bruit en Martinique, mais aussi dans l’Hexagone. Elle avait provoqué l’indignation d’une partie de la classe politique martiniquaise et hexagonale. Dès le lendemain, le 23 mai, Emmanuel Macron dénonçait des dégradations qui « salissent la mémoire » de Victor Schœlcher et « celle de la République ».

En juillet dernier, en marge des émeutes à Fort de France où le jeune militant Kéziah Nuissier avait été roué de coups par les forces de l’ordre, d’autres statues ont été déboulonnées par des militants anti-chlordécone dont celle de Joséphine de Beauharnais, l’épouse de Napoléon Bonaparte et Pierre Belain d’Esnambuc, un colon qui avait pris possession de la Martinique en 1635.

Mais à la veille de la convocation des deux militantes devant les forces de l’ordre, ce jeudi, de nombreux messages et des vidéos de soutien ont afflué sur les réseaux sociaux, invitant la population martiniquaise à se rendre, au choix, à Fort de France ou à Schoelcher pour les soutenir.

Le président du Mouvement International des Réparations ( (MIR) et du CNR (branche martiniquaise du MIR), Garcin Malsa, a apporté jeudi, son soutien aux deux militantes et dénoncé « une manœuvre d’intimidation honteuse et insupportable (..) qui ne fait que démontrer le caractère colonial du système appliqué en Martinique ».

 

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