Angela Davis à la rencontre des martiniquais : Son programme en Martinique

La militante internationale Angela Davis est arrivée en Martinique ce dimanche 1er décembre via l’aéroport Aimé Césaire. Elle a été invitée par l’Union des Femmes de Martinique pour fêter les 75 ans d’existence de l’Association féministe qui milite « contre les violences faites aux femmes, pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans une société plus juste ».

A son arrivée en Martinique l’activiste américaine a été accueillie au son du tambour à l’aéroport Aimé-Césaire par les membres de l’Union des femmes. Pour ses 75 ans, l’UFM offre à la Martinique la venue d’une « légende » : Angela Davis, 75 ans, militante internationalement connue, lutte pour la cause des Femmes, des Noir.es, des Prisonnier.es, des droits des homosexuel.les et l’écologie.

A l’occasion d’évènements publics ou privés, l’UFM invite la population martiniquaise à la rencontre de cette militante engagée depuis des décennies et toujours très active.

Mardi 3 décembre18h30 au Parc Floral (entrée libre sur réservation)
Conférence « Angela Davis, un engagement dans les luttes d’hier et d’aujourd’hui »
Angela Davis nous fera l’honneur de parler de son parcours et de ses luttes, de son engagement en tant que militante et de sa participation aux luttes sociales.

Les inscriptions à la conférence d’Angela Davis sont désormais closes. Mais l’UFM met en place un dispositif de conférence live sur Facebook afin de permettre à celles et ceux qui le désirent de la suivre en direct ici : https://www.facebook.com/Ufm-Martinique-asso-972708722768218/

Mercredi 4 décembre – 10h à Madiana salle 8 (sur inscription)
Echange avec les collégien.iennes, les lycéen.nes et étudiant.es. L’occasion pour notre jeunesse d’interroger à la fois la professeure d’université, et l’icône, sur son parcours et ses luttes. L’UFM leur offre ainsi l’opportunité de s’inspirer de ce modèle.

Mercredi 4 décembre – 17h00 – 18h30 au Lycée LUMINA SOPHIE (sur invitation)
Rencontre avec les associations du mouvement social martiniquais : les associations militant sur les problématiques des femmes, une association de prisonniers, Lyannaj pou dépolyè matinik (Chloredecone), des syndicats.

Jeudi 5 décembre – 18h au Siège de l’UFM, (sur invitation)
Inauguration du « Centre de Ressources Angela Davis- Lyannaj pou Fanm Doubout »
Cet espace est conçu pour fédérer les énergies et mieux aider les femmes à prendre leur place aux côtés des hommes dans la société. Il se veut être un outil de mise en réseau et de promotion de l’initiative citoyenne, au service d’une culture de l’égalité, où les associations et organisations de femmes créent du lien, se rencontrent, travaillent ensemble.

Angela Davis, l’incarnation de tous les combats de son siècle

Angela Yvonne Davis, née dans une famille afro-américaine, à Birmingham (Alabama, USA) est marquée pendant sa jeunesse par le racisme, les humiliations de la ségrégation raciale et le climat de violence envers les Noirs, notamment par des attentats perpétrés contre des maisons construites par des familles noires dans le quartier où elle habite avec ses parents. Grâce à l’expérience militante de ses parents, elle acquiert très tôt une conscience politique.

Angela Davis poursuit sa scolarité dans une école secondaire privée de Greenwich Village (New York) dont le corps enseignant est majoritairement à gauche et interdit d’enseignement public. Elle y découvre le mouvement socialiste et le communisme. Elle intègre Advance, une organisation de jeunesse marxiste-léniniste, et participe à des manifestations de soutien au Mouvement des droits civiques.

En 1962, Angela Davis obtient une bourse pour suivre des études supérieures à l’université Brandeis dans le Massachusetts. Elle découvre les oeuvres de Jean-Paul Sartre et d’Albert Camus. A partir de la troisième année d’études, elle effectue plusieurs séjours en France et en Allemagne pour y étudier la philosophie. Frustrée de ne pouvoir participer à l’effervescence militante du combat de libération des Noirs, et notamment le Black Power, elle décide de rentrer aux Etats-Unis.

Angela Davis milite en faveur des droits des Noirs et découvre rapidement les fortes rivalités qui traversent le Mouvement de libération des Noirs. En 1968, elle adhère au Che-Lumumba Club, une section réservée aux Noirs du Parti communiste des Etats-Unis, ainsi que le Black Panther Party (mouvement révolutionnaire afro-américain). Elle est surveillée par le FBI et renvoyée de l’université de Californie à Los Angeles.

En 1970, Angela Davis est accusée d’avoir organisé une prise d’otage qui a fait quatre morts dans un tribunal. Arrêtée et emprisonnée, elle est détenue pendant seize mois avant d’être jugée. Elle clame son innocence et déclenche un vaste mouvement de soutien « Free Angela » aux Etats-Unis et dans le monde. Déclarée non coupable par le jury du tribunal, elle est libérée, échappant ainsi à la peine de mort.

Grâce à son militantisme et à son savoir pendant de nombreuses décennies, Angela Davis a été profondément impliquée dans les mouvements pour la justice sociale à travers le monde. Son travail en tant qu’éducatrice tant au niveau universitaire que dans la sphère publique plus large a toujours insisté sur l’importance de la construction de communautés de lutte pour la justice économique, raciale et de genre.

La carrière d’enseignante du professeur Davis l’a menée à l’Université d’État de San Francisco, au Mills College et à l’Université de Berkeley. Elle a également enseigné à UCLA, à Vassar, à l’Université de Syracuse, aux collèges Claremont et à l’Université de Stanford. Plus récemment, elle a passé quinze ans à l’Université de Californie à Santa Cruz, où elle est actuellement professeure émérite d’histoire de la conscience – un programme de doctorat interdisciplinaire – et d’études féministes.

Angela Davis est l’auteur de dix livres et a donné des conférences aux États-Unis, ainsi qu’en Europe, en Afrique, en Asie, en Australie et en Amérique du Sud. Au cours des dernières années, ses travaux ont porté sur l’ensemble des problèmes sociaux liés à l’incarcération et la criminalisation généralisée des communautés les plus touchées par la pauvreté et la discrimination raciale. Elle s’inspire de sa propre expérience au début des années soixante-dix en tant que personne qui a passé dix-huit mois en prison et en procès après avoir été inscrite sur la liste des dix personnes les plus recherchées par le FBI.

Elle a également mené des recherches approfondies sur de nombreuses questions liées à la race, au sexe et à l’emprisonnement.

Son ouvrage récent inclut « Abolition Democracy » et « Are Prisons Obsolete? » sur l’abolition du complexe industriel pénitentiaire, une nouvelle édition du Récit de la vie de Frederick Douglass et un recueil d’essais intitulé « Le sens de la liberté ». Son dernier recueil d’essais, intitulé « la liberté est une lutte constante : Ferguson, Palestine et les fondements d’un mouvement », a été publié en février 2016.

Angela Davis est un membre fondateur de Critical Resistance, une organisation nationale dédiée au démantèlement du complexe industriel pénitentiaire. Au niveau international, elle est affiliée à Sisters Inside, une organisation abolitionniste basée dans le Queensland, en Australie, qui travaille en solidarité avec les femmes en prison.

Comme beaucoup d’éducateurs, le professeur Davis est particulièrement préoccupée par la tendance générale à consacrer plus de ressources et d’attention au système pénitentiaire qu’aux établissements d’enseignement. Ayant contribué à populariser la notion de « complexe industriel pénitentiaire », elle invite maintenant son auditoire à réfléchir sérieusement à la possibilité d’un monde sans prisons et à aider à forger un mouvement abolitionniste du XXIe siècle.