Angleterre : Prêt pour les gros avions, Syego Joaille est ingénieur aéronautique et pilote depuis l’âge de 16 ans

Paris, vendredi 23 novembre 2018, Amphithéâtre de la Sorbonne. 

Fraîchement diplômé en Ingénierie dans l’aéronautique, Syego Joaille est un étudiant brillant, audacieux, ambitieux et persévérant. Comme d’autres jeunes des Antilles, le guadeloupéen aurait pu se former dans l’aviation chez lui grâce au Caribbean aviation center of excellence (CACE), mais le hasard l’a conduit en métropole après son lycée Rolland Garros du Tampon.

Son parcours pour devenir officier de l’air, il l’a tracé avec précision comme un plan de vol. Nous l’avons rencontré, le jeune homme nous raconte le chemin qu’il parcoure depuis quelques années, voire plus loin, depuis son enfance sur l’île tendrement surnommée, Karukera.

Jeudi 12 juillet 2018, la demi-finale de la coupe du monde oppose la Croatie à l’Angleterre. A la Défense, le temps est clément et les températures sont élevées, il fait très chaud dans cette banlieue parisienne de Puteaux, une commune située dans les Hauts-de-Seine, en Île-de-France. Au milieu des Tours, sur les escaliers de la Grande Arche, dans les allées piétonnes, les visiteurs, touristes, habitants et travailleurs déjeunent, il est treize heures.

Dans ce quartier d’Affaires au Nord-Ouest de Paris, (le premier en Europe par le nombre de bureaux 2500 entreprises), Syego Joaille, un jeune guadeloupéen est en classe d’ingénierie à Polytech Sorbonnes. Il étudie mais assure dans le même temps un poste d’ingénieur dans un groupe spécialisé dans l’étude et la fabrication de moteurs pour l’industrie aéronautique et spatiale : « La Défense est un endroit qui représente la modernité. Technologie et Energie sont les mots qui identifient la Défense. D’ici, on a une très belle vue sur la capitale, La Défense est un symbole de la France. Comme je suis dans l’ingénierie, je me sens bien dans cet espace ». « En avion, quand je passe au dessus du site, on aperçoit très bien les Tours de la Défense ».

Lunettes d’aviateur, l’étudiant a déjà la posture, car s’il prépare un diplôme d’ingénieur en mécanique, son but est de devenir un pilote sur des avions de ligne et travailler dans des compagnies comme Air Caraïbe, Air France ou des sociétés étrangères. Mais pour atteindre son but, il est primordial pour le jeune homme de mettre tous les moyens utiles pour réaliser son projet : « Je viens d’obtenir mon diplôme. J’ai pu travailler  pour mettre de l’argent de côté pour payer mes futures études et approfondir mes connaissances au niveau mécanique et en aéronautique surtout ».

Août 2018, fin d’année universitaire et trois ans de collaboration avec la société internationale Safran Aircraft Engines. Trente six mois en France, pendant lesquels, il aura persévéré pour conduire en tandem sa formation d’ingénieur et son désir de voler.

Loin de sa famille, le jeune antillais trouve « le manque, gérable » : « Maintenant avec l’avion on peut vite se rendre d’un lieu à un autre. C’est bien plus facile de rejoindre ses parents. Ils me comprennent et m’aident aussi financièrement, car ils savent que je suis passionné d’aviation depuis que je suis enfant ».

Travailler, économiser et monter des dossiers de financement, sont encore des démarches fréquentes pour le guadeloupéen qui conduit des « petits avions depuis ses 16 ans » : « J’ai déjà environ 200 heures de vol. J’ai débuté dans ce secteur avec le planeur. J’ai ensuite quitté la Guadeloupe pour commencer à réaliser mon rêve à Paris ». Il débarque en métropole en août 2012.

Depuis lundi 10 Septembre 2018, Siego Joaille, pilote privé sur les avions de tourisme est en apprentissage pour être le futur grand pilote qu’il désire être. Au Sud-Est de l’Angleterre, dans un petit port industriel du West Sussex , l’antillais a repris ses cours. Reçu dans l’une des plus prestigieuses écoles privée de pilotage, Syego Joaille est inscrit à FTA Global basé sur l’aéroport de Shoreham-by-Sea non loin de la ville de Brighton. Il y sera jusqu’au mois de mars 2019 pour la partie théorique.

En attendant, le guadeloupéen a un planning scolaire chargé à FTA Global : « J’ai des cours tous les jours et toute la journée » nous explique Syego qui vient juste de recevoir à Paris, son diplôme d’ingénieur.

Jeudi 22 novembre départ vers Paris. Et ce vendredi 23 novembre 2018, entouré de ses anciens collègues, de ses copains étudiants et de sa famille, Syego Joaille sera officiellement ingénieur dans l’aéronautique, une autre étape dans sa carrière d’aviateur. Venir à Paris : « Ce sera une bonne coupure dans mon rythme effréné » commente le jeune pilote d’avion léger.

Né en Guadeloupe, originaire des Abymes, le jeune Syego Joaille vient d’une famille qui connait l’uniforme : « Ma mère est militaire et son métier nous a fait pas mal voyager. (Son père est pompier). Depuis toujours, je vois le monde comme une petite ville. J’ai fait mes études dans différents endroits. Je suis arrivé à seize ans en France et J’ai passé un an dans un lycée militaire. Puis ma mère a été mutée deux ans sur l’île de la Réunion, j’ai obtenu mon baccalauréat sur cette île, en 2010. »

Pour l’université, Syego avait le choix de partir au Canada, et a finalement opté pour la métropole. Après une classe de prépa dans le Sud de la France, le jeune bachelier a entamé un DUT en alternance dans une Ecole d’ingénieur : « J’ai répondu à une offre chez Safran Aircraft Engines qui concernait la maintenance des moteurs d’avion. J’avais déjà mon école. Donc l’alternance me donnait les possibilités d’économiser, de payer mon loyer donc « soulager un peu mes parents ».

« Je devais faire la gestion des fiches de maintenance de moteurs d’avion. Par la suite j’ai développé une application qui permettait de relever les dimensions sur les pièces des moteurs ».

Une aubaine pour Syego Joaille qui sera au milieu de pilotes et de techniciens.

Heureusement pour le futur pilote de grandes lignes, la formation des officiers a beaucoup évolué en France. La discrimination a longtemps défavorisé les jeunes antillais : « Récemment encore, les pilotes qui étudiaient à l’ENAC (Ecole Nationale de l’Aviation Civil) étaient embauchés en priorité sur les grandes compagnies. Mais aujourd’hui, les besoins augmentent et le secteur embauche plus facilement ».

Envoûté par ce métier Syego Joaille s’inscrit à de nombreux rallyes. Dès qu’il en a l’occasion, il participe à de nombreux meetings ou à des vols de démonstration, l’essentiel est de s’entraîner. Son audace lui ouvre des portes comme celles du Ministère des Outremer. En juillet dernier Jean-Marc Mormeck, le Délégué interministériel pour l’égalité des chances le recevait à l’Hôtel de Montmorin dans le cadre de sa participation à la sortie « Hop ! Tour des jeunes pilotes ».

Syego participait au dernier « Hop ! Tour des jeunes pilotes » en juillet dernier. Là encore, le jeune guadeloupéen croise rarement des antillais ou ultramarins comme lui « Cette année, j’étais le seul à l’avoir fait, c’était d’ailleurs ma dernière année puisque c’est limité à 24 ans. C’est un tour aérien de la France pendant le tour cycliste, nous sommes 45 ambassadeurs de l’aviation légère ».

Quant aux accidents d’avion, Syego Joaille à la réponse : « Plonger dans l’eau (Océans) serait un avantage que chuter sur le sol ferme en Europe ».

Le guadeloupéen a aussi ses références : Des pilotes antillais qui évoluent au Canada, par exemple : « D’autres qui volent en France ou en Europe ». Il salue le programme du pilote Plaisance Lucien de la compagnie Air caraïbe, qui en créant Le Carribbean aviation center of excellence (CACE) donne une opportunité à de nombreux antillo-guyanais de se former au métier de pilote d’avion. 

Même s’il fait ses classes en Europe, Syego joaille découvre les bons moments « que peut connaître » un pilote privé basé dans la région :  « Voler aux Antilles, est incomparable, les paysages, l’ambiance, sont tellement différents que ceux d’Europe . Voler aux Antilles, c’est partir de différents aérodromes ou tout simplement de l’aéroport de la Guadeloupe, c’est se poser ensuite aux Saintes, prendre un cocktail (sans alcool pour les pilotes), manger, se baigner et rentrer chez soi. C’est tout simplement génial, c’est tout simplement magique ! »

Mon rêve ! « Si je pouvais être sur un gros porteur à la fin de ma carrière et regarder derrière moi et me dire que : j’ai accompli beaucoup de chose, que j’ai diversifier mes expériences, que j’ai rencontré plein de gens, et voler dans un 777 ou l’A380, alors je saurais que j’ai vraiment accompli mon rêve »

Il est encore jeune Syego Joaille mais il a à son actif plusieurs années d’expérience dans le monde de l’aéronautique . Dans cette vidéo ci-dessous, l’ancien employé à Safran Aircraft Engines partage sa vision de l’aviation aux Antilles et entre autres prodigue des conseils à tous ceux comme lui, qui se destinent à devenir pilote :

Syego Joaille, pilote, ingénieur est à FTA Global au Royaume Uni (C'news Actus Dothy)

« C'EST TOUT SIMPLEMENT GÉNIAL DE VOLER AUX ANTILLES ! » : Aux Antilles, grâce à LUCIEN PLAISANCE, pilote à AIR CARAÏBE, les jeunes de la Martinique, de la Guadeloupe ou de la Guyane ont les mêmes chances que ceux de la métropole, pour réaliser leur rêve d'enfant ou d'adulte… Syego Joaille, a fait ses classes à … REPORTAGE Dorothée Audibert-Champenois / C'news Actus Dothy Antillesboxmail – Dothy Syego Jo PLUS D'INFOS ==>> https://www.www.people-bokay.com/angleterre-pret-pour-les-gros-avions-syego-joaille-est-ingenieur-aeronautique-et-pilote-des-lage-de-16-ans/?fbclid=IwAR2P4vmGT-FxCHqPriIjdORIjxgS5Gm6jAyeRemIeB9YmsTGXG2U1WTSREwSafran Aircraft Engines Caribbean Aviation Training Center FTA Global Shoreham-by-Sea ECOLE Internationale D'aviation Jean-Marc Mormeck OFFICIEL Ministère des Outre-Mer Polytech Sorbonne La Défense La Défense – Grande Arche

Publiée par Antillesboxmail – Dothy sur Samedi 24 novembre 2018

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy

Images C’news Actus Dothy