Annick Girardin aux Compagnies aériennes : «Nul ne s’enrichira sur le dos des Ultramarins pendant cette crise ».

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, assure qu’aucune compagnie aérienne ne profitera de la crise sanitaire pour s’enrichir « sur le dos » des Ultramarins, en pratiquant des prix prohibitifs sur les billets d’avion.

« Nous surveillons de près les offres, qui doivent être équilibrées. Ni incitatives, car nous devons préserver nos territoires, ni dissuasives, car il en va de la continuité territoriale. Je le redis, nul ne s’enrichira sur le dos des Ultramarins pendant cette crise. Je resterai vigilante sur le sujet (…) », déclare Annick

Girardin dans une interview publiée, jeudi 23 avril, dans le journal 20 Minutes.
Les dessertes des Ultramarins ont été réduites de près de 90 pc, seules deux compagnies, Air France et Air Austral, pratiquent actuellement des vols hebdomadaires Outre-mer, afin d’assurer une continuité territoriale avec l’Hexagone, dans le cadre de conditions sanitaires strictes.

« (…) Dans les prochaines semaines, notamment dans la perspective du retour des étudiants dans leurs territoires. Ils ne doivent pas surpayer leur billet retour », prévient la ministre.
Elle reconnaît cependant que la raréfaction des vols, consécutive aux mesures destinées à contenir la propagation du COVID19, a généré un surcoût du prix des billets.

Le tarif en ligne pratiqué, cette semaine, pour un aller simple vers Cayenne est à moins de 600 €, pour Fort-de-France à moins de 500 € et pour Saint-Denis de La Réunion à moins de 750 €, rapporte la ministre. « Ces tarifs sont, certes, plus élevés qu’habituellement, mais les circonstances sont exceptionnelles », justifie-t-elle.

La ministre rappelle que le gouvernement a par décret « réduit fortement la capacité des uns et des autres à « s’envoler ».

« Les vols ont étés réduits de près de 90% sur nos destinations. Air France et Air Austral sont les seules compagnies à desservir les Antilles, la Guyane et l’océan Indien », rappelle-t-elle.

« Ces compagnies assurent cette continuité minimale en indiquant ne pas faire de bénéfices et en ne faisant payer que les coûts liés directement aux vols, comme le carburant », commente Annick Girardin.

« Elles ont précisé avoir bridé leurs prix, qui, si l’on respectait les lois de l’offre et de la demande, auraient dû être très élevés », ajoute-t-elle.

« Cette semaine, 112 passagers ont été placés en quarantaine à leur arrivée en Martinique. »

Les vols de passagers entre l’Hexagone et les départements et collectivités d’Outre-Mer (Martinique, Mayotte, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Saint Martin et Saint-Barthélemy), qui avaient été suspendus par décret jusqu’au 15 avril, ont repris depuis progressivement, sous certaines conditions sanitaires dont une mise en quarantaine de 14 jours et un dépistage dès l’arrivée des voyageurs.

Jeudi 23 avril, la préfecture de Martinique a annoncé qu’un arrêté visant à gérer l’entrée des voyageurs sur l’île, avait été publié ce lundi, obligeant à placer tout passager en « quarantaine » collective stricte de 14 jours.

Trois sites sont actuellement disponibles pour les accueillir. Deux se trouvent au Vauclin et le troisième dans la commune de Schoelcher, a précisé la préfecture.
Cette semaine, 112 passagers sont arrivés en Martinique. Ils sont hébergés sur ces sites où se trouvent une cellule psychologique et un médecin.

Les passagers sont confinés toute la journée dans leur chambre et obligés de porter un masque, en cas de sortie exceptionnelle dans le périmètre du site, a précisé la préfecture.
« Aucune dérogation de sortie » à l’extérieur n’est accordée, a ajouté la préfecture.
Leur hébergement est intégralement pris en charge par l’Etat qui leur fournit trois repas par jour. Ils bénéficient d’un suivi quotidien par l’Ars et par un médecin.

La Compagnie Air Caraibes a déjà fait savoir qu’elle reprendrait ses vols réguliers inter-îles dès le 16 mai, soit cinq jours après la sortie du confinement, fixé au 11 mai.
Les vols réguliers transatlantiques aller-retour Paris-Orly – Fort-de-France, Pointe-à-Pitre,

Cayenne – devraient reprendre à partir du 16 juin.
Ces reprises sont sous réserve de l’évolution sanitaire et des mesures gouvernementales de lutte contre le Covid19.