Annick Girardin répond à Babette de Rozières qui estime que les Outre-mer sont oubliées dans la guerre que mène la France contre le Covid-19 

Babette de Rozières a poussé un gros coup de gueule dans « Morandini Live » ce lundi 06 avril. La cheffe antillaise estime que les Outre-mer sont oubliées dans la guerre que mène la France contre le nouveau coronavirus.

« La France se repli totalement sur l’hexagone. Je me pose la question : qu’est-ce que l’on fait pour les Outre-mer ? Lorsque l’on sait que les Outre-mer sont confinées par 39° dans l’isolement qu’est la Guadeloupe, la Martinique et les autres, ce n’est pas normal que l’on ne parle pas d’eux. Quand je regarde les chaînes nationales, et que j’entends des politiques, ils ne parlent que de l’Italie, de l’Espagne, du monde entier et jamais de l’Outre-mer. Le virus n’a pas besoin de passeport pour aller en Outre-mer. Il s’est installé et nous avons énormément de problèmes? » s’est insurgée la cheffe antillaise.

La réponse d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer, n’a pas tardé à venir. « Non, madame de Rozières, les outre-mer ne sont pas oubliés dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19 » a-telle écrit dans un message Facebook, mentionnant toutes les mesures prises à ce jour pour les territoires ultramarins  :

Non, madame de Rozières, les outre-mer ne sont pas oubliés dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Il est indéniable que l’insularité des territoires d’outre-mer et l’état des infrastructures les placent en situation de fragilité sanitaire.
C’est pourquoi il a été décidé d’y appliquer un confinement total dès le 16 mars, comme dans l’ensemble du territoire national. Cette mesure a été prise bien avant la phase dite épidémique, 15 jours seulement après l’apparition du premier cas en outre-mer, sur l’île de Saint-Martin.

Le 23 mars, les vols vers les territoires ont été limités et les transports aériens interdits sauf pour motif impérieux.

Le 25 mars, le président de la République a annoncé lui-même l’envoi de deux porte-hélicoptères vers l’océan Indien et les Caraïbes afin d’apporter du fret ainsi qu’un soutien logistique et sanitaire.

Parce qu’il est nécessaire de ralentir au maximum la propagation du virus et d’éviter la saturation hôpitaux ultramarins, une quatorzaine a été instaurée à l’arrivée des voyageurs le 30 mars. Encore plus stricte que le confinement, elle interdit toute sortie à l’extérieur du domicile et permet de réduire au maximum les contacts.
La réserve sanitaire a été déployée dans les Antilles, territoires parmi les plus touchés par le virus.

D’autres mesures spécifiques ont été prises afin de lutter plus efficacement, avec par exemple la possibilité depuis le 31 mars de recruter des spécialistes de santé issus de pays étrangers.
Concernant les stocks de masque et de gel hydroalcoolique, la doctrine est la même partout en France. Des commandes ont été passées par l’État et les collectivités, en priorisant bien évidemment les personnels soignants. Plusieurs envois ont été réalisés dans les territoires depuis le début de la crise.

Le gouvernement n’a pas décidé, seul, de prendre ces mesures. Les élus de l’ensemble des territoires ont été consultés afin que les réponses apportées soient les plus satisfaisantes pour tous. Avec toujours le même objectif : protéger les populations.
Aujourd’hui, les habitants d’outre-mer font preuve d’un grand courage face à cette crise, qui exige d’eux d’importants sacrifices.

Afin d’être préservés de la maladie, ils doivent respecter des consignes sanitaires indispensables mais plus contraignantes encore que dans l’hexagone. Ils doivent rester à domicile dans des conditions parfois difficiles. Ils doivent cesser de voir leurs proches. Ils doivent pour certains respecter des couvre-feux.

Madame de Rozières, il n’est pas l’heure de faire de la politique. En cette période où chacun doit montrer l’exemple, votre énervement n’aura de sens que s’il permet d’éviter la propagation du virus.

Il existe d’autres moyens d’utiliser votre notoriété, par exemple en rappelant les gestes barrière au plus grand nombre ou grâce à la plateforme jeveuxaider.gouv.fr.
C’est la somme de nos solidarités qui nous permettra de triompher face à cette crise.